Les puces dauphinoises se font du mauvais sang
Par Luc Renaud
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L’électronique, un fleuron industriel, plus de dix mille emplois dans la région grenobloise. Et beaucoup d’incertitudes. Un partenaire américain disparu, un projet de développement qui patine, des suppressions d’emplois en cours… pour la CGT, c’est une volonté politique française et européenne qui fait défaut. Dans un monde où les semi-conducteurs ont pris une importance stratégique, l’Europe est le continent de la naïveté. Continent qui dispose pourtant d’atouts réels. Tour d’horizon, état des lieux, propositions.

C’était le 12 juillet 2022. Emmanuel Macron débarque à Crolles, près de Grenoble, sur le site de STMicroelectronics. On allait voir ce qu’on allait voir. Un investissement annoncé à 5,7 puis 5,9 milliards d’euros – estimé aujourd’hui à 7,5 milliards. Projet conduit en partenariat avec une multinationale américaine à capitaux émiratis, GlobalFoundries et bénéficiant de 2,9 milliards de subventions publiques.
Trois ans et quelques plus tard… il ne s’est rien passé ou presque. « GlobalFoundries, on les a vu une fois, avec Macron, depuis, plus rien », témoigne Nadia Salhi, déléguée centrale syndicale CGT et ingénieure en recherche et développement. Mieux encore, l’accord devait entraîner la création de mille emplois en France chez STMicroelectronics et, en 2025, l’entreprise annonçait la suppression de mille postes en France, deux mille huit cents dans le monde. En ajoutant les démissions et les départs naturels, ce sont près de 5 000 personnes qui pourraient quitter l’entreprise en trois ans – 10 % des effectifs – a précisé le 4 juin Jean-Marc Chéry, le président du directoire de STMicroelectronics.
Un trou dans la R&D
Comment comprendre un tel bilan ? Les résultats économiques de STMicroelectronics se sont dégradés au cours de ces dernières années. Un chiffre d’affaires en baisse de 23,2 % en 2024 et de 15 % au cours des neuf premiers mois de 2025. Des résultats financiers qui suivent : sa marge d’exploitation n’est plus que de 12,6 % en 2024, contre autour de 25 % les deux années précédentes.
La conséquence de plusieurs facteurs. STMicroelectronics excelle dans les technologies matures – microcontrôleurs, électronique de puissance – notamment utilisées par l’industrie automobile, pour la motorisation électrique plus particulièrement. Un marché qui connaît des difficultés et doit faire face à la concurrence chinoise. Mais c’est aussi le fruit de choix stratégiques. « Après la covid, ST et Soitec ont levé le pied sur la R&D pour produire du cash ; c’est ce que nous payons aujourd’hui », constate Fabrice Lallement, délégué CGT à Soitec et représentant du syndicat au sein du comité stratégique de filière dédié à la microélectronique.
La lenteur avec lequel se met en place le projet dit « Crolles 300 » – un procédé de production de semi-conducteurs plus efficient que le précédent –, celui-là même qui devait se développer en partenariat avec GlobalFoundries. n’est pas faite pour arranger les choses. D’autant que l’arrêt, à Crolles, de la production sur des plaques de 200 mm est prévu pour l’année prochaine tandis que la délocalisation à Singapour de productions auparavant issues de l’usine de Tours pourrait entraîner la suppression de quatre cents emplois.
Aides publiques et dividendes
Ces décisions s’accompagnent pourtant du versement de fonds publics… et de dividendes. En 2023, l’entreprise a ainsi bénéficié de 487 millions d’euros d’aides, dont 331 millions de subventions, 122 millions de crédit d’impôt recherche et 34 millions d’allègements de cotisations sociales. Chiffres à rapprocher des 100 000 euros réglés au titre de l’impôt sur les sociétés – son siège est en Hollande, ce qui lui permet aussi d’éviter la présence de salariés dans son conseil d’administration –, des 212 millions de dividendes versés et des 228 millions consacrés à des rachats d’actions (chiffres issus de la commission d’enquête du Sénat sur l’emploi des fonds publics).

Comment faire face à ce qui ressemble à une spirale du déclin dans un monde où la guerre économique devient la règle ?
« La filière européenne ne manque pas d’atouts, souligne Fabrice Lallement, pour peu qu’une volonté politique se manifeste. » Rompre avec le dogme de la concurrence pour faire le choix de la coopération, somme toute.
Un rapport taïwanais en phase avec les propositions de la CGT
Aujourd’hui, ST Microelectronics travaille avec une entreprise chinoise pour développer la technologie des puces sur carbure de silicium et Infineon, groupe allemand comparable à STMicro, avec une entreprise japonaise sur l’encapsulage – qui elle-même a des accords de partenariat en Chine. « Ce qui serait moins naïf, explique Fabrice Lallement, serait de conditionner les aides européennes à des coopérations entre industriels européens ; STMicroelectronics, Soitec, Infineon, ASML… en associant la sous-traitance. »
Un rapport produit l’été dernier par un institut de recherche lié au gouvernement taïwanais ne dit pas autre chose. « Les efforts du gouvernement central chinois en faveur de la consolidation et de l’intégration verticale, peut-on lire dans ses conclusions, montrent comment les entreprises et les gouvernements non chinois pourraient réagir de manière appropriée. Et, plus loin, avec une préoccupation géopolitique fort éloignée de l’Europe : « Une planification gérée des capacités et une R&D conjointe entre des entreprises non chinoises […]seront essentielles pour permettre aux États-Unis et à leurs alliés de résister au défi chinois dans le domaine des semi-conducteurs. »
Les opportunités de la sobriété
Pour la CGT, la sobriété est une autre piste à explorer. « L’industrie européenne est décrochée dans le domaine des nœuds ultimes, sous les 5 nanomètres, note Fabrice Lallement, mais des alternatives à la course à la gravure existent, notamment grâce à la techno FD-SOI ». Le syndicaliste évoque ici les possibilités de la conception des puces plutôt que de la course au calcul. Des puces moins gourmandes en énergie, des capacités de calcul accrues dans les machines utilisateurs, plutôt que des va-et-vient de données via internet entre machines et centres de stockage. Une stratégie industrielle coordonnée sur l’ensemble de la filière constituant une alternative aux conceptions américaines réclamant toujours davantage de ressources minières, d’énergie et de capacités de stockage. Autres pistes, les possibilités ouvertes par la recherche européenne, sur les mémoires à changement de phase, par exemple.
Au total, la France et l’Europe devraient « définir les domaines clés sur lesquels l’Europe a besoin de renforcer sa compétitivité et sa souveraineté – composants numériques avancés, mais aussi et surtout systèmes et softwares, hébergement des données, intelligence artificielle, robotique et demain l’informatique quantique… – et conditionner les aides aux investissements à ces priorités stratégiques », conclut Fabrice Lallement.
STMicroelectronics
STMicroelectronics compte cinq sites de production et de recherche développement en France à Crolles, Grenoble, Tours et Rennes ainsi que deux sites en Italie, à Agrate Brianza (Lombardie), l’autre à Catane (Sicile). À l’extérieur des frontières européennes, ST est implantée en Chine, Malaisie et Singapour… pour les plus grosses structures.
L’industriel emploie environ 50 000 personnes dans le monde, dont 11 500 en France. En Italie, il compte 12 700 salariés dans ses deux usines.
La gouvernance, inchangée depuis la création de SGS-Thomson, garantit la parité entre la France et l’Italie. Cotée en Bourse, à Paris et à Milan, STMicroelectronics est détenue à 27,5 % par une holding contrôlée à 50–50 par Paris (par BPI France) et Rome (par le ministère des Finances). Le reste de l’actionnariat est détenu par des petits porteurs.
16
milliards de dollars
c’est le montant prévu des investissements de GlobalFoundries aux États-Unis. De fait, toujours aux abonnés absents à Crolles, GlobalFoudries n’a pourtant pas disparu. En octobre 2025, la société américaine à capitaux émiratis annonçait un investissement de 1,1 milliards d’euros en Allemagne, à Dresde, pour accroître les capacités de production de son usine de semi-conducteurs dits matures – des gravures supérieures à 28 nm. Le tout dans un programme d’investissement global de 16 milliards de dollars, indiquait l’agence de presse Reuters en juin 2025. La dépêche de l’agence apportait cette précision : « L’entreprise collabore avec l’administration Trump pour déplacer la technologie et les composants de fabrication de puces vers les États-Unis. »
La valse des milliards
Pendant que l’Union européenne se félicitait de sa loi sur les puces de 2023 mobilisant 43 milliards d’euros de fonds publics et privés, la Chine a débuté dès 2014 un programme d’investissements publics de 150 milliards de dollars, planifié jusqu’en 2030. Auxquels s’ajoutent d’autres engagements : un rapport de la Commission européenne indiquait en 2024 que Huawei avait consacré 20,9 milliards d’euros à la recherche développement en 2022.
De leur côté, les Etats-Unis ont adopté en 2022 – avant la seconde élection de Trump – un programme, l’US Chips ans Science Act, d’une enveloppe de 280 milliards de dollars de subventions publiques plus 25 % de crédits d’impôt pour les entreprises concernées avec l’objectif de tripler la production de semi-conducteurs aux Etats-Unis. En Corée, sous la bannière Samsung, c’est un investissement de 229 milliards de dollars qui est annoncé d’ici à 2042.
Des programmes qui incitent aujourd’hui les États européens à revoir leur copie.
43
milliards d’euros
c’est l’enveloppe de fonds publics et privés que prévoyait le Chips Act (loi sur les puces) européen adopté en avril 2023 pour doubler, de 10 % à 20 %, le poids de l’Europe dans la production mondiale de semi-conducteurs d’ici à 2030. L’objectif ne sera pas atteint, estime la Cour des comptes européenne. Elle rappelle que l’Europe met 4,4 milliards d’euros sur la table, le reste demeurant à la charge des Etats dont les choix ne sont pas toujours compatibles entre eux. Dans ses propres prévisions, publiées en juillet 2024, la Commission européenne annonce elle-même que la part de l’Europe passera de 9,8 % en 2022 à 11,7 % d’ici à 2030 d’un marché mondial estimé à 1400 milliards de dollars en 2031.
Bruno Le Maire et l’électronique
Bruno Le Maire, ministre de l’Économie jusqu’en septembre 2024, est devenu conseiller spécial du groupe néerlandais ASML, chargé de conseiller les administrateurs de cette entreprise pour aider au développement de l’industrie européenne des semi-conducteurs. Il a quitté ce poste début octobre 2025 avant de devenir ministre des Armées du gouvernement Lecornu pendant… 14 heures.
STMicroelectronics en Chine
En juin 2023, l’entreprise a créé une société commune pour la fabrication de puces en carbure de silicium (SiC) sur des plaques de 200 mm avec la société chinoise Sanan Optoelectronics à Chongqing, dans le Sud-Ouest de la Chine. Ce type de composant électronique est notamment utilisé sur les voitures électriques, le photovoltaïque, les systèmes de stockage d’énergie et les centres de données d’IA. Le coût de ce projet était annoncé à 3,2 milliards de dollars co-financé par les deux sociétés avec une aide du gouvernement régional notamment.
Ce site industriel utilise les technologies mises au point par STMicroelectronics. « En parallèle, notre usine de substrat SiC (Bernin 4) est vide et notre technologie SmartSiC, pourtant prometteuse, revient au statut d’incubateur », dénonce le syndicat CGT de Soitec qui souligne que « la Chine progresse très rapidement et concurrence nos entreprises sur la quasi-totalité des segments des semiconducteurs, voire écrase carrément la concurrence sur le SiC ». Et le syndicat de s’interroger : « est-il vraiment raisonnable de l’aider dans cette quête tout en se concurrençant au sein de l’Union européenne ? » Car cet accord avec un pays asiatique n’est pas unique : en septembre 2025, l’allemand Infineon, acteur clé du SiC en Europe et concurrent de STMicro, s’est associé avec le japonais Rohm pour concevoir des boitiers de composants SiC. Tandis que Rhom a créé plusieurs co-entreprises en Chine, dont, en septembre 2024, un accord avec l’équipementier automobile chinois UAES (United Automotive Electronic Systems) portant sur les composants de puissance à base de carbure de silicium (SiC) équipant les véhicules à motorisation électrique.

Le repli des États-Unis
En juillet 2022, les représentants de GlobalFoundries venaient à Crolles pour rendre public un projet de 7,5 milliards d’euros, dont 2,9 milliards de fonds publics. En mars 2022, Intel avait frappé plus fort : 30 milliards pour la création d’un site de production de puces à Magdebourg, en Allemagne, financée pour un tiers par des fonds publics européens et nationaux. Toujours sous l’égide de la multinationale américaine, 4,9 milliards d’euros en Pologne pour une usine d’assemblage et de tests. Enfin, TSMC (Taïwan) annonçait, en août 2023, 10 milliards d’euros (dont la moitié de subventions publiques) pour ériger une usine à Dresde, en Allemagne. En partenariat avec des industriels européens qui détiennent chacun 10 % des parts de la société créée pour l’occasion : les Allemands Infineon (semi-conducteurs) et Bosch (équipementier automobile) et le Hollandais NXP (semi-conducteurs, issu de Philips).
Depuis, GlobalFoudries et ses machines n’ont pas été vus à Crolles et Intel a annoncé le 25 juillet 2025 que ses projets en Allemagne et en Pologne étaient abandonnés – en précisant aux salariés de l’entreprise qu’Intel venait de bénéficier de 3 milliards de dollars de subventions du gouvernement états-unien.
Le chantier TSMC a été lancé le 20 août 2024. La mise en production du site est annoncée pour 2027. L’objectif affiché est la production de plaques de 300 mm notamment pour l’automobile, d’une finesse de gravure de 10 à 28 nm, produits directement concurrents avec les composants issus du site de Crolles de STMicroelectronics.

Données
Le Cloud act américain, en vigueur depuis le 23 mars 2018, permet aux autorités américaines d’exiger des opérateurs américains la communication des données qu’ils hébergent, quel que soit le lieu où ces données ont été collectées dans le monde. Le gouvernement des Etats-Unis peut ainsi se faire remettre les informations stockées par des serveurs et centres de données situés aux États-Unis, sans que les entreprises ou les personnes détentrices de ces informations n’aient à en être informées.

TSMC, le maître des puces… et les États-Unis
La création de TSMC – Taiwan semiconductor manufacturing compagny – a été financée par le gouvernement de Taïwan, en 1987, avec le concours d’investisseurs parmi lesquels le Hollandais Philips. En 1980, les pouvoirs publics de l’île avaient fondé UMC – United Microelectronics corporation – qui est aujourd’hui le troisième fabriquant de puces au monde. Dans l’activité de fonderie – la fabrication matérielle du semi-conducteur – , TSMC détient 70 % du marché mondial et 90 % de celui des nœuds inférieurs à 5 nanomètres.
L’entreprise est aujourd’hui confrontée aux limites des ressources de l’ile – un peu plus grande que la Bretagne – en eau, superficies disponibles, mais aussi main d’œuvre. TSMC a construit des usines en Chine, au Japon et aux États-Unis.
Le 15 janvier 2026, les États-Unis ont annoncé la conclusion d’un accord avec Taïwan qui prévoit le développement massif de la production de semi-conducteurs aux États-Unis en échange d’une baisse des droits de douane sur les produits exportés par le pays. L’accord prévoit des investissements « d’au moins 250 milliards de dollars » aux États-Unis par TSMC et d’autres entreprises de semi-conducteurs, selon le secrétaire d’État au commerce américain, Howard Lutnick. « Notre objectif est d’amener 40 % de la chaîne d’approvisionnement taïwanaise en semi-conducteurs ici, aux États-Unis », a‑t-il ajouté dans un entretien accordé à la chaîne CNBC, cité par le Monde. Un investissement de 100 milliards de dollars par TSMC aux États-Unis avait déjà été annoncé début 2025 venant s’ajouter à ce qui avait déjà été entrepris.
Conception américaine, fabrication asiatique
Pour produire une puce électronique, deux grandes étapes sont nécessaires.
Il faut d’abord la concevoir. Ce domaine est largement dominé par quelques sociétés américaines : NVIDIA, Qualcomm, Broadcom et AMD notamment. Toutes les puces haut de gamme sont produites sous propriété intellectuelle américaine.
La seconde étape est celle de la fabrication physique. Interviennent alors des entreprises spécialisées, les fondeurs. Le marché mondial est dominé par Taïwan avec TSMC et UMD, la Corée du Sud avec Samsung, et les Etats-Unis avec Intel et GlobalFoundries.
En Chine, c’est une filière complète qui a été mise en place autour de Huawei – téléphones portables – pour développer tout à la fois la conception et la fabrication avec notamment SMIC (Semiconductor Manufacturing International Corp). La Chine travaille sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Elle commence ainsi à développer des machines lithographiques par rayonnement ultraviolet extrême, seules susceptibles d’une finesse de gravure inférieure à 5 nanomètres. Une technologie dont l’entreprise hollandaise ASML est aujourd’hui l’unique détentrice au monde et qui se refuse à exporter ses produits en Chine, sur pressions américaines.
Nvidia et STMicroelectronics
Nvidia, c’est aujourd’hui l’entreprise la plus chère du monde, avec une capitalisation boursière de l’ordre de 4000 milliards de dollars. Et c’est à Grenoble et Crolles qu’elle a pris son envol, à la SGS-Thomson, l’ancêtre de STMicroelectronics. Début 1994, s’appuyant sur les usines et le savoir-faire de SGS-Thomson, Nvidia a lancé l’activité qui fera d’elle, trente années et plusieurs évolutions technologiques bien négociées plus tard, l’entreprise que l’on connaît aujourd’hui : tous les moteurs d’intelligence artificielle utilisent des composants Nvidia.

FD-SOI ou FinFet ? Le match
Deux technologies sont majoritairement utilisées dans le monde pour la fabrication des semi-conducteurs.
FinTet – Fin Field-Effect Transistor – est le standard des puces les plus performantes, dont l’entreprise taïwanaise TSMC dispose du quasi-monopole mondial. La finesse de gravure descend sous les 5 nanomètres, jusqu’à 2 – un nanomètre équivaut à millionième de millimètre. Ces puces sont utilisées pour les calculs les plus gourmands, dans l’intelligence artificielle – l’informatique augmentée – notamment.
Le FD-SOI – Fully Depleted Silicon On Insulator – est une création… purement grenobloise. SOI, comme Soitec. Cette technologie a vu le jour au Leti, laboratoire du CEA grenoblois, innovation qui a donné naissance à l’entreprise Soitec. Cette technologie ne permet pas d’aller à des finesses de gravure comparables à celles des puces FinFet, mais elle est plus économe en énergie et matières premières. Et ses possibilités répondent à une large gamme de besoins, pour des applications moins gourmandes en calculs informatiques (objets connectés, gestion des flux énergétiques, des batteries…). STMicroelectronics produit aujourd’hui des puces à 28 nanomètres en FD-SOI. L’objectif annoncé en juillet 2022 était de descendre sous les 20 nanomètres, en partenariat avec GlobalFoundries – qui produit à 22 nanomètres.
Ce partenariat était rendu nécessaire par l’insuffisance du développement de cette technologie grenobloise. Aujourd’hui, ce sont Samsung (Corée du sud) et GlobalFoundries (Etats-Unis) qui sont les plus avancés dans le développement de la technologie grenobloise en approchant les 10 nanomètres. Tandis que TSMC et Samsung restent les champions du FinFet.
Ou comment la France et l’Europe laissent échapper les innovations de rupture auxquelles elles ont donné naissance.


