Jarrie. Les Vencorex chez Framatome, avant la venue de Poutou à Pont-de-Claix

Par Martine BRIOT

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L'intersyndicale de Vencorex, vendredi 15 novembre, devant Framatome, sur la plateforme chimique voisine de Jarrie. © Martine Briot
Les représentants syndicaux de Vencorex ont distribué des tracts, vendredi 15 novembre, devant Framatome, sur la plateforme chimique de Jarrie. Des entreprises dont les activités sont fortement interdépendantes, à l'instar de l'ensemble de la chimie du sud grenoblois. Les salariés de Vencorex accueilleront par ailleurs ce lundi 18 novembre Philippe Poutou, qui viendra les soutenir sur le piquet de grève, à Pont-de-Claix.

À l’occasion des « portes ouvertes » de l’entreprise Fra­ma­tome, ce ven­dre­di 15 novembre, l’intersyndicale de Ven­co­rex (CGT, CFDT, CFE-CGC) s’est ren­due sur le site, sur la pla­te­forme chi­mique voi­sine de Jar­rie. Au menu : dis­tri­bu­tion de tracts et ren­contre des sala­riés.

Mal­gré l’ouverture au public, l’entrée d’usine est déser­tique et les visi­teurs immé­dia­te­ment accueillis par un binôme « équipe maî­trise et pilo­tage » venu aux ren­sei­gne­ments. Si Fra­ma­tome semble conti­nuer ses inves­tis­se­ments, les infor­ma­tions divul­guées sont très par­cel­laires. Néan­moins, l’entreprise n’a pas été choi­sie au hasard pour cette action, loin de là !

Les salariés de Vencorex élargissent leur mouvement à toute la filière

Les sala­riés de Ven­co­rex, en grève illi­mi­tée depuis le 23 octobre à Pont-de-Claix, élar­gissent en effet leur mou­ve­ment à toute la filière chi­mie, concer­née par la pro­duc­tion du groupe. De fait, l’ensemble des acti­vi­tés des dif­fé­rents acteurs de l’industrie chi­mique isé­roise sont tota­le­ment inter­dé­pen­dantes.

Dis­tri­bu­tion de tracts des syn­di­cats de Ven­co­rex devant l’en­trée de Fra­ma­tome. © Mar­tine Briot

Ain­si, sur la pla­te­forme chi­mique de Jar­rie, Fra­ma­tome pro­duit du zir­co­nium, uti­li­sé pour le gai­nage des réac­teurs nucléaires, et se four­nit pour cela en chlore auprès de sa voi­sine Arke­ma. Laquelle pro­duit, elle, le per­chlo­rate indis­pen­sable à la fabri­ca­tion du car­bu­rant des fusées Ariane. Per­chlo­rate qui dépend lui-même de l’approvisionnement en sels, pro­duits par Ven­co­rex sur la pla­te­forme de Pont-de-Claix.

Avec des liens aus­si étroits, les consé­quences se sont donc très vite réper­cu­tées sur les deux sites du sud gre­no­blois. Sans sur­prise, les sala­riés de Fra­ma­tome subissent ain­si, à l’heure actuelle, des périodes de chô­mage tech­nique.

Du côté de Ven­co­rex, l’inquiétude est tou­jours aus­si grande. La pre­mière réunion du PSE a été l’occasion pour les syn­di­cats de faire valoir leurs exi­gences. Le groupe thaï­lan­dais PTT-GC, action­naire majo­ri­taire, n’a tou­jours pas com­mu­ni­qué la pro­chaine date de réunion !

La secré­taire géné­rale de la CGT Sophie Binet était venue sou­te­nir les sala­riés de Ven­co­rex à Pont-de-Claix, le 7 novembre. © Manuel Pavard

Un plan­ning de décon­ta­mi­na­tion du site à réa­li­ser d’ici fin mars a par ailleurs été publié . Une échéance impos­sible à res­pec­ter, sou­lignent les sala­riés. La pos­si­bi­li­té d’une reprise ne leur semble en outre pos­sible que sur une par­tie de la pro­duc­tion, car les inves­tis­se­ments néces­saires sont lourds finan­ciè­re­ment.

Philippe Poutou sur le piquet de grève

Pour­tant, les sala­riés de Ven­co­rex ne lâchent rien ! L’intersyndicale lance un appel à la soli­da­ri­té, que ce soit par une visite sur les lieux (entrée nord de la pla­te­forme chi­mique, rue Lavoi­sier, sor­tie d’autoroute n°7) ou par un sou­tien maté­riel ou finan­cier. C’est d’ailleurs sur le piquet de grève qu’est atten­du Phi­lippe Pou­tou ce lun­di 18 novembre.

Phi­lippe Pou­tou, ici lors de la grève contre le pro­jet de réforme des retraites en jan­vier 2020 à Bor­deaux, se ren­dra à Pont-de-Claix pour sou­te­nir les sala­riés de Ven­co­rex lun­di 18 novembre 2024. © Patrice Cala­tayu, CC BY-SA 2.0, via Wiki­me­dia Com­mons

Après la secré­taire géné­rale de la CGT Sophie Binet le 7 novembre, le porte-parole du NPA‑l’Anticapitaliste se ren­dra à son tour devant la pla­te­forme chi­mique de Pont-de-Claix, pour y ren­con­trer et sou­te­nir les sala­riés mobi­li­sés de Ven­co­rex, a annon­cé son par­ti. Phi­lippe Pou­tou y pren­dra la parole à deux reprises, d’abord via une allo­cu­tion devant les gré­vistes, vers 16h45, puis lors d’une confé­rence de presse, pré­vue sur place à 17h.

Des élus isé­rois de gauche inter­pellent l’É­tat

Dans un com­mu­ni­qué com­mun daté du 16 novembre, les dépu­tées Cyrielle Cha­te­lain et Marie-Noëlle Bat­tis­tel, le séna­teur Guillaume Gon­tard, le maire de Pont-de-Claix et pré­sident de la Métro­pole Chris­tophe Fer­ra­ri et le maire de Jar­rie Raphaël Guer­re­ro appellent l’É­tat à « inter­ve­nir rapi­de­ment et fer­me­ment ». Ils se féli­citent de la récente « ren­contre avec le cabi­net du Pre­mier ministre au sujet de l’avenir des pla­te­formes chi­miques de Pont-de-Claix et Jar­rie (Isère), piliers de l’industrie chi­mique fran­çaise, for­te­ment fra­gi­li­sée par la pro­cé­dure de redres­se­ment judi­ciaire de Ven­co­rex ».

Néan­moins, pour­suivent les élus, « pour conti­nuer ce tra­vail, nous sou­hai­tons que le Pre­mier ministre inter­vienne fer­me­ment dans le dia­logue avec les indus­triels et invi­tons le ministre de l’Industrie Marc Fer­ra­ci à venir sur place pour pré­sen­ter aux sala­riés ses pro­po­si­tions ». L’enjeu est de taille : à tra­vers Ven­co­rex et Arke­ma, sou­lignent-ils en effet, « c’est la péren­ni­té de deux des dix-huit pla­te­formes chi­miques fran­çaises qui est en ques­tion ».

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