Grenoble. Deux élus LFI refusent de présider la commission des finances de la ville

Par Luc Renaud

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Lors du premier tour de scrutin, Bastien Castillo (LFI) avait été élu par 16 voix, contre cinq à Clément Chappet (droite), cinq à Allan Brunon (LFI), et une à Rdjia Sahiri.
Réunion houleuse à l’issue de laquelle c’est le premier adjoint à la maire de Grenoble qui assumera la fonction de vice-président de la commission des finances. Un choix qui résulte du refus d’élus LFI d’occuper cette responsabilité. Refus qui fait suite à la décision des élus de la majorité de ne pas confier cette fonction au président du groupe LFI, eu égard aux événements de ces derniers mois.

Les élus membres de la com­mis­sion des finances de la ville de Gre­noble se sont réunis le 28 octobre pour dési­gner le vice-pré­sident de la com­mis­sion – qui fait fonc­tion de pré­sident, le titre étant léga­le­ment déte­nu par la maire. En mai der­nier, c’est Allan Bru­non, pré­sident du groupe LFI au conseil muni­ci­pal, qui avait été dési­gné à ce poste. Une nou­velle élec­tion était ren­due néces­saire par le pas­sage de quatre à cinq com­mis­sions déci­dé par le conseil muni­ci­pal le 6 octobre der­nier.

Lors de l’élection de ce 28 octobre, les élus de la liste de Lau­rence Ruf­fin ont fait le choix de voter pour un can­di­dat du groupe d’opposition le plus nom­breux, le groupe LFI, confor­mé­ment aux enga­ge­ments pris. Mais leurs suf­frages ne se sont pas por­tés sur Allan Bru­non : un pre­mier tour de scru­tin a dési­gné le Lfiste Bas­tien Cas­tillo, qui a aus­si­tôt démis­sion­né ; un second tour son col­lègue de groupe Khe­mis­ti Bou­be­ker, qui a pris la même déci­sion.

C’est donc Abdel­wa­heb Kis­moune, pre­mier adjoint, qui assu­me­ra cette fonc­tion de vice-pré­sident, « de manière tran­si­toire, pour assu­rer le fonc­tion­ne­ment de l’institution », pré­cise Lau­rence Ruf­fin dans une décla­ra­tion qui a sui­vi la réunion.

« Violence physique et verbale »

Les co-pré­si­dents du groupe de gauche majo­ri­taire « Oui Gre­noble », Isa­belle Peters et Vincent Ber­lan­dis, expli­citent le choix de confier cette vice-pré­si­dence à un élu LFI qui ne soit pas Allan Bru­non. « Nous regret­tons les diverses pro­vo­ca­tions por­tées par Allan Bru­non lors de la séance. Nous n’en sommes tou­te­fois pas éton­né-es. […] Ce der­nier n’au­ra construit, jus­qu’à ce jour, que sur les pierres de la vio­lence phy­sique et ver­bale », écrivent-ils dans une décla­ra­tion remise à la presse. On se sou­vient notam­ment de la réunion du 29 sep­tembre du conseil muni­ci­pal qui avait don­né lieu à des heurts entre les élus LFI et la police muni­ci­pale.

« Ruffin exécute »

Isa­belle Peters et Vincent Ber­lan­dis se déclarent « convain­cus que LFI a toute sa place au sein de la gauche gre­no­bloise » et espèrent « qu’un véri­table tra­vail construc­tif puisse enfin voir le jour avec son groupe d’opposition ». De son côté, Allan Bru­non a fait dif­fu­ser sur les réseaux sociaux un visuel sur lequel on peut lire : « La droite et l’extrême droite demandent : Ruf­fin exé­cute. (Encore !) La pré­si­dence de la com­mis­sion des finances reti­rée à la France insou­mise. »

Pas cer­tain que les condi­tions d’un dia­logue construc­tif entre la gauche gre­no­bloise et la France insou­mise soient encore tout à fait réunies.

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