Assemblée générale de l’AFIPH de l’Isère. Des vigiles pour accueillir les salarié·e·s…
Par Didier Gosselin
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Venu·es pour porter les revendications des professionnel·le·s qui, chaque jour, assurent l’accompagnement des personnes en situation de handicap, les personnels de l’AFIPH 38 se sont heurtés un service de sécurité chargé de contrôler les accès et de filtrer les allées et venues. Un choix qui en dit long sur la qualité du dialogue social et sur la considération que la direction de l’AFIPH porte aux salarié·e·s de cette institution.
Les revendications des personnels et de leurs représentant·e·s sont claires et essentielles pour l’avenir des 2 300 salarié·e·s :
- Un accord relatif aux organisations du temps de travail avec des mesures justes ;
- La fin de l’austérité imposée par le plan de retour à l’équilibre (PRE) ;
- La prise en compte de la souffrance au travail et des demandes d’expertises sur les risques psychosociaux ;
- Un dialogue social digne de ce nom, respectueux des salarié·e·s et de leurs représentant·e·s.
Plan de retour à ‘équilibre ou plan social déguisé ?
Les syndicats CGT et SUD de l’AFIPH refusent que les salarié·e·s soient « la variable d’ajustement d’une logique financière qui dégrade les conditions de travail et menace la qualité des accompagnements. Depuis l’inspection de l’IGAS (frais de siège pointés, attractivité en baisse…) et l’annonce d’un déficit, la direction générale pousse et avance sans réelle concertation malgré l’opposition du personnel ».
Dialogue social ou 49.3 ?
« La direction générale décide seule du calendrier et impose ses délais », dénoncent les deux syndicats. « Concrètement, les nouvelles organisations du travail proposées annoncent plus de flexibilité pour l’employeur. Est-ce la fin de l‘équilibre vie professionnelle et vie personnelle ? Les salarié·e·s doivent-ils être corvéables à merci ? »
Comment vont les salarié·e·s ?
« Ce que la direction générale présente comme une réorganisation nécessaire, se traduit sur le terrain par de nouvelles dégradations : postes gelés, limitation des remplacements, qualité d’accompagnement dégradée, personnel malmené », dénoncent les syndicats CGT et SUD. Les représentant·e·s du personnel constatent une augmentation de la souffrance au travail. Mais leurs demandes d’expertises se retrouvent devant les tribunaux !
Les syndicats CGT et SUD de l’AFIPH exigent « un vrai dialogue social, des augmentations de salaires, de réelles compensations, un accord et des mesures justes, une qualité d’accompagnement non dégradée, des meilleures conditions de travail ». Autant de revendications qui n’ont pas eu l’heur de plaire à la direction, laquelle a préféré utiliser la manière forte et tenté d’intimider les salarié·e·s avec des vigiles à l’entrée de l’assemblée générale.

Dans un communiqué publié le 1er juillet, les syndicats CGT de la Santé et Action Sociale, de l’UL de Voiron et de l’AFIPH dénoncent le choix sécuritaire de la direction, « lourd de symbole ». « Les dirigeants de l’AFIPH auraient-ils peur de leurs propres salarié·e·s » demande le communiqué ? « De ces femmes et de ces hommes qui font vivre quotidiennement l’association et accompagnent les personnes accueillies ? »
Une délégation reçue dans un couloir
Face à une mobilisation déterminée, l’AFIPH a finalement accepté de recevoir une délégation syndicale. « Là encore, insiste le communiqué, le symbole est fort : la délégation n’a pas été reçue devant les participants de l’assemblée générale, mais reléguée dans un couloir, à proximité des toilettes, où elle a rencontré quatre administrateurs, la directrice des ressources humaines et un directeur du siège. Le directeur général et le président de l’AFIPH n’ont même pas jugé nécessaire de participer à cette rencontre ! »
Faut-il y voir le reflet du dialogue social pratiqué aujourd’hui au sein de l’association ? « Lorsqu’une association de l’économie sociale et solidaire en vient à filtrer ses propres salarié·e·s par un service de sécurité le jour de son assemblée générale, ce n’est pas seulement le dialogue social qui est en crise : c’est le mode de gouvernance qui interroge, là où tout paraît cloisonné et confidentiel (cf. Rapport définitif de l’IGAS) », accuse le communiqué syndical.
Pour les syndicats CGT, une question demeure : « les administrateur·rice·s et les parents connaissent-ils réellement la situation des professionnel·le·s de l’AFIPH ? Sont-ils informés de la dégradation des conditions de travail, des alertes répétées des représentants du personnel, de la souffrance exprimée par les salarié·e·s et des conséquences sur la qualité des accompagnements et soins dispensés ? »
Vigiles et portes closes
« Pendant que les salarié·e·s demandent des réponses sur leurs conditions de travail, sur le PRE, sur les organisations du temps de travail et sur la prévention des risques psychosociaux, l’AFIPH répond par des vigiles, des portes closes et l’absence de ses principaux dirigeants. Ce constat est sans appel : les dirigeants de l’AFIPH refusent toujours de répondre aux véritables préoccupations et aux revendications des professionnel·le·s qui, chaque jour, œuvrent avec engagement auprès des personnes qu’ils accompagnent », concluent les syndicats CGT.
La CGT AFIPH affirme qu’elle continuera, avec les salarié·e·s, à défendre un service de qualité, des conditions de travail respectueuses des professionnel·le·s et un dialogue social loyal, transparent et responsable.

La CGT AFIPH remercie l’ensemble des personnes qui se sont mobilisées : les salarié·e·s de l’AFIPH ; les salariées d’AFIPH à DOM’, ’Union Locale CGT de Voiron, représentée par son secrétaire et les camarades retraités ; l’union syndicale départementale CGT 38 — Santé et action sociale.
Cette mobilisation a été soutenue par Sandrine Nosbé, députée NFP de la 9ème circonscription de l’Isère. Ce 30 juin, son suppléant, Christian Ferraris, est venu rappeler l’importance de placer au cœur du fonctionnement d’une association militante le dialogue social et le respect des salarié·e·s.
Le soutien de l’union départementale CGT
Le 2 juillet, l’union départementale de la CGT de l’Isère a apporté « tout son soutien au personnel de l’AFIPH et de l’AFIPH à DOM mobilisés le 30 juin lors de l’assemblée générale pour faire entendre leurs revendications (…). Pour la CGT de l’Isère, « Le mutisme de la direction lors de l’assemblée générale du 30 juin 2026 sur les problématiques relevées par les organisations syndicales de l’AFIPH et le refus d’échange avec leurs représentant·e·s n’est pas à la hauteur de la réponse à donner pour une qualité de service aux usager·e·s. La CGT Isère, dans l’intérêt de l’association et de ses bénéficiaires, invite la direction de l’AFIPH à reprendre le dialogue avec les représentant·e·s du personnel.
La CGT AFIPH continuera elle, avec les salarié·e·s, à défendre un service de qualité, des conditions de travail respectueuses des professionnel·le·s et un dialogue social loyal, transparent et responsable.


