Chicagre. « Mettre Grenoble sur la carte avec ce qu’on sait faire »

Par Luc Renaud

/

Image principale
La page d'accueil de "Chicagre le media" sur Instagram.
Chicagre le media, c’est une – très – influente page que l’on peut voir sur le réseau social Instagram. Une page jeune et centrée sur les cultures urbaines dans la région grenobloise. Une équipe de Chicagre sera à la fête du Travailleur alpin. Des liens se sont noués.

Ce qu’on appelle un belle his­toire, gre­no­bloise en plus. Au départ, une envie. Celle de faire connaître les artistes du rap gre­no­blois. « Ça n’existait pas à l’époque, à la sor­tie du confi­ne­ment », se sou­vient l’initiateur du pro­jet, un Mar­ti­né­rois qui ne tient pas à se mettre en avant. « Ce qui compte, ce n’est pas moi, c’est ce que nous fai­sons et pourquoi nous le fai­sons. »

Ils au plu­riel, parce qu’ils sont main­te­nant plu­sieurs à inven­ter « Chi­cagre le media » au jour le jour. Chi­cagre est un compte, une page, un média donc, que l’on peut trou­ver sur le réseau social Ins­ta­gram. Les chiffres sont là : 90 000 abon­nés, dont les deux tiers dans la tranche d’âge 18–35 ans et les trois quarts habi­tant l’agglomération gre­no­bloise. Du lourd. Le déve­lop­pe­ment est expo­nen­tiel. « L’an der­nier, je ne savais pas faire un devis ». Aujourd’­hui, les deux che­villes ouvrières – trente-trois et vingt-trois ans – com­mencent à pou­voir se rému­né­rer tan­dis que des copains viennent don­ner un coup de main pour faire une vidéo, élar­gir les contacts, déni­cher un artiste en deve­nir.

Tous les codes de la com­mu­ni­ca­tion d’au­jourd’­hui.

Car la rai­son d’être de Chi­cagre, c’est tou­jours la musique, les artistes de Gre­noble et de sa région. Mais pas seule­ment. « Quand tu regardes le jour­nal télé­vi­sé et que ça parle de Gre­noble, c’est pas la peine. » D’où l’idée, en forme de pied-de-nez aux dis­cours sécu­ri­taires d’associer Chi­ca­go et Gre­noble.

De fait, « Gre­noble, tu l’aimes le matin ; tu la détestes l’après-midi et tu la défends tou­jours le soir ». C’est dit. Alors, Chi­cagre le media, ce sont des publi­ca­tions qui mettent les artistes à l’honneur, mais aus­si la ville. « Notre pro­jet cultu­rel à nous, c’est de mettre Gre­noble sur la carte avec ce qu’on sait faire. » Sans craindre de jouer de l’humour et du second degré, non plus que de ce que le public Ins­ta recherche – « Un mec qui saute d’un immeuble en para­chute, ce n’est pas tous les jours » ; un soup­çon de diver­tis­se­ment en pas­sant, ça ne peut pas faire de mal. Le tout en res­tant fidèle à l’atmosphère des cultures urbaines et avec un cre­do : « on évo­lue, on aime être à la page ». Une convic­tion, aus­si : « les faits divers, ce n’est pas ce qu’il y a de plus inté­res­sant, on les laisse aux médias tra­di­tion­nels ».

Créer un « media local implanté »

Ces lignes direc­trices qui accom­pagnent l’aventure depuis ses ori­gines fondent aujourd’hui une ambi­tion : pas­ser de ce qui fonc­tionne sur un réseau social à un media plus com­plet avec un site Inter­net, des bureaux, de la pro­duc­tion d’images pour des tiers… « Nous avons peut-être atteint un pla­fond de verre, nous vou­drions pas­ser d’une page influente à un media local implan­té. »

Ce qui pose natu­rel­le­ment la ques­tion du finan­ce­ment du pro­jet. Les pro­mo­teurs de Chi­cagre le media avancent sur la voie du par­te­na­riat. Ils ont notam­ment tra­vaillé avec le FCG : des vidéos, publiées sur Chi­cagre contre rému­né­ra­tion. Ce que font les influen­ceurs, « sauf que nous, on n’habite pas à Dubaï et on suit ce qui se passe avec les clubs, les entre­prises, les com­merces, les asso­cia­tions, les fes­ti­vals… avec les­quels nous tra­vaillons ». Tout ne donne pas lieu à contre­par­tie finan­cière : « nous avons fait des pho­tos d’un tour­noi des petits au club de Mis­tral ; si on peut mettre notre audience au ser­vice de l’engagement dans des clubs, des assos… c’est trop cool ». Le déve­lop­pe­ment du media et le finan­ce­ment qu’il implique ne devra pas se faire au détri­ment de ce qui fait l’âme de Chi­cagre, en somme. L’ambition est là.

Chicagre à la fête du Travailleur alpin

Et la fête du Tra­vailleur alpin dans tout ça ? Pour Chi­cagre, c’est un peu une occa­sion de s’ouvrir sur la diver­si­té sociale et cultu­relle de Gre­noble et sa région. « Je ne connais­sais pas et puis quand j’ai vu que Rim’k était pro­gram­mé à la fête du TA, je me suis dit qu’il fal­lait que j’aille voir ; Rim’K pour moi, c’est un monu­ment. » Contact pris, ren­contres, vidéo avec Adrien Guerre, direc­teur tech­nique de la fête… « J’ai bien vu que nous défen­dions les mêmes choses, dans la culture et le reste, et nous avons hâte d’aller à la ren­contre des gens, de voir ça en vrai. » Une équipe de Chi­cagre le media sera donc à Saint-Egrève les 26 et 27 juin, pour fil­mer et rendre compte de l’événement. Disons-le, elle sera accueillie à bras ouverts.

Partager cet article

Avant de partir

Votre soutien compte pour nous

Le Travailleur alpin vit depuis 1928 grâce à l’engagement de ses lecteurs. Aujourd’hui encore, ce média propose un autre regard sur vos espoirs, vos luttes, vos aspirations. Une voix unique dans la presse d’information départementale.

Pour protéger l’indépendance du Travailleur alpin, assurer son développement, vos dons nous sont précieux – nous assurons leur traitement en partenariat avec la fondation l’Humanité en partage.

Merci d’avance.

Faire un don défiscalisé maintenant

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *