Christophe Ferrari renonce à la présidence de la métropole
Par Luc Renaud
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Christophe Ferrari, président sortant de Grenoble Alpes métropole, ne sera pas candidat à un troisième mandat à la direction de la métropole grenobloise. C’est ce qu’il annonce ce dimanche : « je constate que les conditions politiques d’un rassemblement autour de ma candidature ne sont pas réunies. Je ne serai donc pas candidat à la présidence de la métropole ».
Cette déclaration s’inscrit dans ce qui prend la forme d’un « testament politique ». Il constate tout d’abord que « la gauche demeure aujourd’hui la force majoritaire de l’assemblée métropolitaine. Elle est donc légitime à présider la métropole et à en constituer le socle politique principal. Vouloir contourner cette réalité démocratique reviendrait à nier le verdict des urnes. »
Un socle à gauche, ouvert à la droite, propose le président sortant
C’est dans le cadre de ce constat que le président sortant se prononce pour « une majorité territoriale large, stable et cohérente, en laissant en dehors de l’exécutif métropolitain toutes les oppositions municipales, en respect des maires et de leurs équipes municipales : notamment le RN, les élus de la liste d’Alain Carignon et les élus LFI grenoblois. »
Cette « majorité territoriale », Christophe Ferrari l’oppose à une gouvernance qui associerait les forces de gauche et les petites communes : le maire du Pont-de-Claix estime « qu’il n’existe pas, à ce stade, de dynamique suffisamment forte, de volonté suffisamment partagée pour envisager ce scénario ». Pour Christophe Ferrari, « majorité territoriale » signifie donc « un socle très majoritaire d’élus de gauche et de petites communes, et une place juste accordée à la droite et au centre droit au sein de l’exécutif et plus largement dans la gouvernance métropolitaine ». Concrètement, « cela pourrait notamment se traduire par des responsabilités confiées au centre droit et à la droite en matière de mutualisations entre les communes et la métropole, ou encore en faveur de la proximité, de la territorialisation de l’action publique, ou encore de travaux de gros entretien et de renouvellement de l’espace public pour lesquels des délégations d’élus de secteur, de toute obédience politique, pourraient être mises en œuvre ».
Si cette perspective que le président sortant appelle de ses vœux ne se concrétisait pas, « alors nous irons vers un système bloqué, lent, impuissant, où chacun cherchera à faire perdre l’autre plutôt qu’à faire gagner le territoire », prédit-il. Difficile, pourtant, d’associer une présidence de gauche et un « socle politique principal » de la métropole à gauche, avec « des responsabilités confiées au centre droit et à la droite » pour mettre en œuvre des politiques publiques de gauche.
Pour l’heure, trois candidats se sont déclarés
Le président sortant de la métropole donne également son avis sur les grands axes de ce que pourrait être les politiques mises en œuvre au cours du prochain mandat. Il cite ainsi la construction de logements, notamment sociaux ; la lutte contre la misère et l’exclusion, le développement économique ; l’entretien des espaces publics ; la transition écologique… Dans le domaine des transports, il appelle à la création d’une police des transports qui permettrait, selon lui, une augmentation de l’utilisation des transports publics.
Trois candidats se sont aujourd’hui déclarés pour succéder à Christophe Ferrari : Guillaume Lissy, maire de Seyssinet-Pariset, soutenus par les élus de gauche, Allan Brunon pour le groupe La France insoumise, et Raphaël Guerrero, maire de Jarrie, choisi pour porter la candidature du groupe Notre métropole commune auquel appartient Christophe Ferrari.


