Grève à la MC2 de Grenoble : la CGT défend le CSE, dans un contexte économique tendu
Par Manuel Pavard
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Sur la page d’accueil du site de la MC2, un message informe les spectateurs : « En raison du mouvement social en cours, suivi par une partie du personnel de la MC2, les représentations du spectacle Taire prévues ce mercredi 1er avril et jeudi 2 avril sont annulées. » Annulation également — comme la veille — pour le spectacle Richard III ce mercredi, le concert Wagner/Liszt étant en revanche maintenu. Cela fait ainsi plus d’une semaine que la grève menée notamment par les équipes techniques perturbe fortement la programmation de la maison de la culture. « Lundi, en fin de journée, on a fait une proposition de sortie de grève à la direction, qu’elle a refusée », déplore le Syndicat national des professionnels du théâtre et des activités culturelles (Synptac-CGT).
À l’origine du conflit, débuté mardi 24 mars, une démarche de la direction « visant à dénoncer l’usage issu de l’accord de mise en place du CSE » (comité social et économique), expliquent le syndicat et les salariés mobilisés. Bien qu’arrivé à son terme, « cet accord continue d’être appliqué depuis 2023 et constitue un usage encadrant notamment la participation des membres suppléants, certaines modalités de fonctionnement du CSE ainsi que des dispositions relatives à l’exercice des mandats », ajoutent-ils.

Or, avertissent les représentants du personnel, la dénonciation de cet usage conduirait à « réduire les moyens du CSE ». Et ce, « au moment même où l’instance doit exercer pleinement ses prérogatives dans le cadre du droit d’alerte économique ». Ce mouvement de grève intervient en effet dans un contexte économique et social particulièrement dégradé, la MC2 devant soumettre prochainement au conseil d’administration un nouveau vote du budget 2026 demandé par les autorités de tutelle (Métropole, Département, Région, État).
Déficit d’1,25 million et plan d’économie de 850 000 euros
Inquiet devant la situation financière de l’établissement, « marquée par un déficit d’environ 9 %, soit près de 1,25 million d’euros », selon le Synptac-CGT, les représentants du personnel ont donc déclenché une procédure de droit d’alerte économique au sein du CSE. Car en parallèle, « un plan d’économies d’environ 850 000 euros est également envisagé » avec, craignent-ils, des répercussions sur la programmation, l’activité, les conditions de travail, l’emploi et le volume horaire des intermittents dans les mois à venir.
« Ce mouvement vise à défendre les droits des salariés et à préserver les moyens nécessaires à l’exercice des missions du CSE et des représentants du personnel ainsi qu’à l’obtention de l’ouverture rapide d’un dialogue social sérieux », indiquent par ailleurs les grévistes dans un tract diffusé aux spectateurs le 24 mars, au commencement de la grève. Ceux-ci soulignent en outre le « rôle essentiel » du CSE, qui peut à la fois analyser les données financières, interroger la direction, demander des expertises, défendre les intérêts des salariés — qu’ils soient permanents ou intermittents.
De son côté, la direction affirme vouloir « clarifier le fonctionnement de l’instance afin de garantir transparence et équité, et affirme qu’il ne s’agit pas de réduire les droits des salariés mais d’établir un cadre conforme et partagé ». Mais elle « refuse toujours d’inviter le Synptac-CGT, dépositaire du préavis, à la table et d’ouvrir un dialogue social », accusent les représentants du personnels. Lesquels se disent disposés à discuter et négocier, mais pas à n’importe quel prix. En attendant, la grève continue et les annulations aussi…


