Grève à la MC2 de Grenoble : la CGT défend le CSE, dans un contexte économique tendu

Par Manuel Pavard

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Banderole déployée devant l'entrée de la MC2 depuis le début du mouvement de grève, le 24 mars.
La grève débutée le 24 mars se poursuit à la MC2 où plusieurs spectacles sont de nouveau annulés ces mercredi 1er et jeudi 2 avril. Le Synptac-CGT proteste contre la dénonciation par la direction de l'accord d'usage du CSE. Ce qui reviendrait, selon le syndicat, à réduire les moyens de l'instance alors que les représentants du personnel ont déclenché un droit d'alerte économique en son sein. Ceux-ci s'inquiètent en effet de la situation financière de la MC2 et d'un potentiel plan d'économies, avec des répercussions sur l'emploi, les conditions de travail et l'activité de l'établissement.

Sur la page d’ac­cueil du site de la MC2, un mes­sage informe les spec­ta­teurs : « En rai­son du mou­ve­ment social en cours, sui­vi par une par­tie du per­son­nel de la MC2, les repré­sen­ta­tions du spec­tacle Taire pré­vues ce mer­cre­di 1er avril et jeu­di 2 avril sont annu­lées. » Annu­la­tion éga­le­ment — comme la veille — pour le spec­tacle Richard III ce mer­cre­di, le concert Wagner/Liszt étant en revanche main­te­nu. Cela fait ain­si plus d’une semaine que la grève menée notam­ment par les équipes tech­niques per­turbe for­te­ment la pro­gram­ma­tion de la mai­son de la culture. « Lun­di, en fin de jour­née, on a fait une pro­po­si­tion de sor­tie de grève à la direc­tion, qu’elle a refu­sée », déplore le Syn­di­cat natio­nal des pro­fes­sion­nels du théâtre et des acti­vi­tés cultu­relles (Synp­tac-CGT).

À l’o­ri­gine du conflit, débu­té mar­di 24 mars, une démarche de la direc­tion « visant à dénon­cer l’usage issu de l’accord de mise en place du CSE » (comi­té social et éco­no­mique), expliquent le syn­di­cat et les sala­riés mobi­li­sés. Bien qu’arrivé à son terme, « cet accord conti­nue d’être appli­qué depuis 2023 et consti­tue un usage enca­drant notam­ment la par­ti­ci­pa­tion des membres sup­pléants, cer­taines moda­li­tés de fonc­tion­ne­ment du CSE ain­si que des dis­po­si­tions rela­tives à l’exercice des man­dats », ajoutent-ils.

Les gré­vistes accusent la direc­tion de la MC2 d’en­tra­ver le dia­logue social en modi­fiant le fonc­tion­ne­ment du CSE.

Or, aver­tissent les repré­sen­tants du per­son­nel, la dénon­cia­tion de cet usage condui­rait à « réduire les moyens du CSE ». Et ce, « au moment même où l’ins­tance doit exer­cer plei­ne­ment ses pré­ro­ga­tives dans le cadre du droit d’a­lerte éco­no­mique ». Ce mou­ve­ment de grève inter­vient en effet dans un contexte éco­no­mique et social par­ti­cu­liè­re­ment dégra­dé, la MC2 devant sou­mettre pro­chai­ne­ment au conseil d’ad­mi­nis­tra­tion un nou­veau vote du bud­get 2026 deman­dé par les auto­ri­tés de tutelle (Métro­pole, Dépar­te­ment, Région, État).

Déficit d’1,25 million et plan d’économie de 850 000 euros

Inquiet devant la situa­tion finan­cière de l’établissement, « mar­quée par un défi­cit d’environ 9 %, soit près de 1,25 mil­lion d’euros », selon le Synp­tac-CGT, les repré­sen­tants du per­son­nel ont donc déclen­ché une pro­cé­dure de droit d’a­lerte éco­no­mique au sein du CSE. Car en paral­lèle, « un plan d’é­co­no­mies d’en­vi­ron 850 000 euros est éga­le­ment envi­sa­gé » avec, craignent-ils, des réper­cus­sions sur la pro­gram­ma­tion, l’ac­ti­vi­té, les condi­tions de tra­vail, l’emploi et le volume horaire des inter­mit­tents dans les mois à venir.

« Ce mou­ve­ment vise à défendre les droits des sala­riés et à pré­ser­ver les moyens néces­saires à l’exer­cice des mis­sions du CSE et des repré­sen­tants du per­son­nel ain­si qu’à l’ob­ten­tion de l’ou­ver­ture rapide d’un dia­logue social sérieux », indiquent par ailleurs les gré­vistes dans un tract dif­fu­sé aux spec­ta­teurs le 24 mars, au com­men­ce­ment de la grève. Ceux-ci sou­lignent en outre le « rôle essen­tiel » du CSE, qui peut à la fois ana­ly­ser les don­nées finan­cières, inter­ro­ger la direc­tion, deman­der des exper­tises, défendre les inté­rêts des sala­riés — qu’ils soient per­ma­nents ou inter­mit­tents.

De son côté, la direc­tion affirme vou­loir « cla­ri­fier le fonc­tion­ne­ment de l’instance afin de garan­tir trans­pa­rence et équi­té, et affirme qu’il ne s’agit pas de réduire les droits des sala­riés mais d’établir un cadre conforme et par­ta­gé ». Mais elle « refuse tou­jours d’in­vi­ter le Synp­tac-CGT, dépo­si­taire du pré­avis, à la table et d’ou­vrir un dia­logue social », accusent les repré­sen­tants du per­son­nels. Les­quels se disent dis­po­sés à dis­cu­ter et négo­cier, mais pas à n’im­porte quel prix. En atten­dant, la grève conti­nue et les annu­la­tions aus­si…

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