Villefontaine. Le lycée se mobilise pour un service public d’éducation de qualité
Par Didier Gosselin
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Jeudi 12 mars 2026, les enseignant·es du lycée Léonard de Vinci, à Villefontaine, étaient en grève pour exiger des moyens permettant de maintenir une réelle qualité d’enseignement. Dans leur communiqué, les enseignant·es dénoncent la dégradation des conditions de travail et d’étude.
Outre l’insuffisant nombre d’assistants d’éducation (AED), six équivalents temps plein pour 1500 élèves, censés veiller à l’encadrement et la sécurité des élèves pendant les intercours, les enseignant·es soulignent l’inégalité en quotité d’horaires d’enseignement. « 65 heures de moins par semaine que les autres établissements du secteur… pour des élèves issus de catégories sociales moins favorisées ! ». Face à cette réalité et malgré des démarches entreprises, le rectorat reste sourd.

Les moyens matériels et humains insuffisants fragilisent l’encadrement éducatif et pédagogique.
« Nos classes débordent » s’indignent les enseignant·es qui constatent au quotidien un manque de salles pour proposer des emplois du temps décents aux élèves et un manque de places pour le nombre d’élèves à venir. Concernant le personnel de direction, il est également insuffisamment doté avec « un seul proviseur-adjoint pour plus de 1500 élèves, des filières générales, technologiques, professionnelles et un pôle supérieur en design et en audio-visuel… ». Le communiqué rappelle également que « des postes de personnels administratifs, techniques, de santé ne sont pas pourvus et que les absences ne sont pas remplacées », ce qui ne fait que « détériorer à la fois les conditions de travail et les conditions d’accueil dans l’établissement ».
Un climat scolaire qui se dégrade.
Il résulte de ces choix de réduction et d’insuffisance des moyens, dans le cadre d’une politique nationale d’austérité budgétaire publique menée depuis des années, une grave dégradation des conditions de vie et d’études. Pour les enseignant·es du lycée Léonard de Vinci, cette situation se traduit par « moins de suivi pour les cas particuliers d’élèves (absentéisme, décrochage) », par« des dégradations matérielles (WC saccagés, tags insultants, boitiers incendies détruits…) et ainsi un gâchis d’argent public qui serait mieux utilisé ailleurs, que dans des réparations ! ». Plus d’élèves à venir, dont de nombreux issus de collèges classés REP ou de quartiers prioritaires, plus de formations… mais pas de postes créés !
Tout cela dégrade les conditions de vie et de travail des agent·es, des élèves, des enseignant·es, qui dénoncent « le traitement défaillant des incidents –tels que menaces envers les personnels‑, le manque d’encadrement et de sanctions ». Tout aussi grave, « un management toxique (…), une gestion improvisée de l’établissement, un mépris des instances démocratiques », et en fin de compte déplorent les enseignants « une relation avec nos élèves qui en pâtit, car nous ne sommes plus capables de leur fournir un environnement serein et sécurisé ».
Des difficultés chroniques de communication.
La situation du lycée Léonard de Vinci est inquiétante. « Globalement notre lycée manque de tout » s’indigne Caroline Bouchier du syndicat SUD, qui dénonce également le mépris du rectorat qui, malgré plusieurs courriers argumentés sur la situation, refuse de reconnaître l’ampleur des problèmes. « Les nombreuses fiches SST (Sécurité et Santé au Travail) transmises par les personnels », poursuit la syndicaliste, « ont bien donné lieu à une audience au rectorat et à la mise en place d’un suivi par un Inspecteur d’Académie », mais sans résultats… « Ce que nous avons récolté », s’insurge Caroline Bouchier, « c’est une charte de communication !… ». « Vendredi 6 mars », conclut-elle, « le président de la Région est venu visiter le lycée avec le Dasen (Directeur académique des services de l’éducation nationale), les agents ont été reçus, mais nous, nous attendons toujours d’être informés de cette visite… Nous sommes traités comme de dangereux agitateurs alors que nous n’avons de cesse de consacrer un temps important à communiquer et à faire connaître les problèmes publics qui touchent cet établissement ».



