Fontaine. Une exposition sur les résistantes et la femmes en lutte pour la paix
Par Maryvonne Mathéoud
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En préambule Dadou Dibilio-Contreras rappelle que le 8 mars n’est pas une simple date sur le calendrier. C’est une mémoire vivante, un rappel des luttes menées par des générations de femmes qui ont toujours refusé le silence, l’injustice et la violence. A travers le monde, les femmes ont toujours été au cœur des combats pour la paix, la dignité et la justice. Face aux guerres aux crises et aux oppressions, elles résistent. Souvent invisibilisées dans les récits officiels elles sont pourtant des artisanes essentielles de la paix et des piliers des résistances populaires.

Pour ce 8 mars à Fontaine les organisatrices avaient choisi d’honorer la mémoire de deux femmes, deux générations, deux parcours différents. Un même courage. Martha, ouvrière textile du Nord, connaît la misère dès l’enfance. Elle organise les travailleuses, mène les grèves, défend l’égalité salariale quand le mot même d’égalité dérange. Résistante, déportée à Ravensbrück, elle survit et devient l’une des premières femmes élues de la République. Madeleine, à 18 ans, choisit la lutte armée contre le nazisme. Torturée, condamnée à mort, elle tient. Puis elle transforme son combat en plume engagée, donnant voix aux peuples qui luttent pour leur liberté.
Elles n’étaient pas spectatrices de l’Histoire. Elles l’ont faite.
Dadou Dibilio-Contreras remémore le fait que les droits des femmes ne sont pas tombés du ciel. Ils ont été arrachés par des ouvrières, des résistantes, des militantes. Martha et Madeleine nous rappellent que le féminisme est inséparable de la justice sociale. Leur héritage est une responsabilité. Légalité ne se demande pas : elle se conquiert. Chaque génération a sa part de combat à mener.

Aujourd’hui les inégalités salariales persistent, les métiers féminisés restent sous-payés les carrières sont pénalisées par le temps partiel imposé et les retraites sont trop souvent amputées. L’égalité réelle passe par la justice sociale, par l’augmentation des salaires, la revalorisation du travail du soin, de l’éducation, du lien social.
« Nous exigeons des moyens massifs pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Chaque femme doit pouvoir vivre libre, en sécurité au travail, dans l’espace public et chez elle. Cela suppose des moyens pour la justice, la prévention, l’accompagnement et l’éducation à l’égalité dès le plus jeune âge. Nous combattons le patriarcat comme nous combattons l’exploitation, parce que l’égalité ne se divise pas . »

Au 31 décembre 2025, Nous Toutes comptaient 164 féminicides, un nombre en forte progression par rapport à l’année 2024 (141 féminicides), qui enregistrait déjà une hausse de 11 % des féminicides conjugaux enregistrés par rapport à 2023. En France, 1 283 femmes ont été victimes de féminicides ou de tentatives l’an dernier
« Toutes les 7 heures, il y a une femme que son conjoint ou ex-conjoint tue, tente de tuer, conduit à se suicider ou à tenter de se suicider », précise la lettre annuelle de l’Observatoire national des violences faites aux femmes, qui dépend de la Miprof.
Au 03 mars 2026, on dénombrait vingt féminicides depuis le début de l’année.




