Fontaine. Une exposition sur les résistantes et la femmes en lutte pour la paix

Par Maryvonne Mathéoud

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Madelaine Riffaud, résistante, journaliste à l'Humanité, poétesse.
Ce 8 mars 2026, la section du PCF de Fontaine organisait une rencontre avec une exposition sur des femmes qui ont marqué l’histoire. Un 8 mars à la mémoire de deux femmes immenses : Martha Desrumeaux et Madeleine Riffaud.

En pré­am­bule Dadou Dibi­lio-Contre­ras rap­pelle que le 8 mars n’est pas une simple date sur le calen­drier. C’est une mémoire vivante, un rap­pel des luttes menées par des géné­ra­tions de femmes qui ont tou­jours refu­sé le silence, l’injustice et la vio­lence. A tra­vers le monde, les femmes ont tou­jours été au cœur des com­bats pour la paix, la digni­té et la jus­tice. Face aux guerres aux crises et aux oppres­sions, elles résistent. Sou­vent invi­si­bi­li­sées dans les récits offi­ciels elles sont pour­tant des arti­sanes essen­tielles de la paix et des piliers des résis­tances popu­laires.

Dadou Dibi­lio-Contre­ras.

Pour ce 8 mars à Fon­taine les orga­ni­sa­trices avaient choi­si d’honorer la mémoire de deux femmes, deux géné­ra­tions, deux par­cours dif­fé­rents. Un même cou­rage. Mar­tha, ouvrière tex­tile du Nord, connaît la misère dès l’enfance. Elle orga­nise les tra­vailleuses, mène les grèves, défend l’égalité sala­riale quand le mot même d’égalité dérange. Résis­tante, dépor­tée à Ravens­brück, elle sur­vit et devient l’une des pre­mières femmes élues de la Répu­blique. Made­leine, à 18 ans, choi­sit la lutte armée contre le nazisme. Tor­tu­rée, condam­née à mort, elle tient. Puis elle trans­forme son com­bat en plume enga­gée, don­nant voix aux peuples qui luttent pour leur liber­té.

Elles n’étaient pas spec­ta­trices de l’Histoire. Elles l’ont faite.

Dadou Dibi­lio-Contre­ras remé­more le fait que les droits des femmes ne sont pas tom­bés du ciel. Ils ont été arra­chés par des ouvrières, des résis­tantes, des mili­tantes. Mar­tha et Made­leine nous rap­pellent que le fémi­nisme est insé­pa­rable de la jus­tice sociale. Leur héri­tage est une res­pon­sa­bi­li­té. Léga­li­té ne se demande pas : elle se conquiert. Chaque géné­ra­tion a sa part de com­bat à mener.

Une expo­si­tion visible dans les locaux du PCF à Fon­taine.

Aujourd’hui les inéga­li­tés sala­riales per­sistent, les métiers fémi­ni­sés res­tent sous-payés les car­rières sont péna­li­sées par le temps par­tiel impo­sé et les retraites sont trop sou­vent ampu­tées. L’égalité réelle passe par la jus­tice sociale, par l’augmentation des salaires, la reva­lo­ri­sa­tion du tra­vail du soin, de l’éducation, du lien social.

« Nous exi­geons des moyens mas­sifs pour lut­ter contre les vio­lences sexistes et sexuelles. Chaque femme doit pou­voir vivre libre, en sécu­ri­té au tra­vail, dans l’espace public et chez elle. Cela sup­pose des moyens pour la jus­tice, la pré­ven­tion, l’accompagnement et l’éducation à l’égalité dès le plus jeune âge. Nous com­bat­tons le patriar­cat comme nous com­bat­tons l’exploitation, parce que l’égalité ne se divise pas . »

Clau­dine Didier par­ti­ci­pait au ver­nis­sage de l’ex­po­si­tion.

Au 31 décembre 2025, Nous Toutes comp­taient 164 fémi­ni­cides, un nombre en forte pro­gres­sion par rap­port à l’an­née 2024 (141 fémi­ni­cides), qui enre­gis­trait déjà une hausse de 11 % des fémi­ni­cides conju­gaux enre­gis­trés par rap­port à 2023. En France, 1 283 femmes ont été vic­times de fémi­ni­cides ou de ten­ta­tives l’an der­nier

« Toutes les 7 heures, il y a une femme que son conjoint ou ex-conjoint tue, tente de tuer, conduit à se sui­ci­der ou à ten­ter de se sui­ci­der », pré­cise la lettre annuelle de l’Observatoire natio­nal des vio­lences faites aux femmes, qui dépend de la Miprof.

Au 03 mars 2026, on dénom­brait vingt fémi­ni­cides depuis le début de l’an­née.

Elise Grappe, résis­tante, dépu­tée com­mu­niste élue en 1951.

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