Bourgoin-Jallieu. Les agents territoriaux se mobilisent pour leurs conditions de travail

Par Didier Gosselin

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Eric Orcel, délégué CGT des agents territoriaux de Bourgoin-Jallieu, interpelle Vincent Chriqui, maire.
A l’appel de leur syndicat CGT, les agents territoriaux ont manifesté samedi 7 mars et interpellé le maire Vincent Chriqui devant sa permanence de campagne. Ils dénoncent un management maltraitant, un manque de dialogue, de moyens, et de reconnaissance.

La coupe est pleine pour les agent·es ter­ri­to­riaux de Bour­goin-Jal­lieu, qui s’étaient donné·es ren­dez-vous pour dénon­cer publi­que­ment le mana­ge­ment néo­li­bé­ral qu’ils et elles subissent au quo­ti­dien dans leur acti­vi­té pro­fes­sion­nelle.

Des personnels méprisés

Les ATSEM par exemple qui s’adressant au maire dans un com­mu­ni­qué, se déclarent « en souf­france ». Inves­ties dans leur tra­vail auprès des plus jeunes berjallien·nes afin de leur appor­ter toute leur bien­veillance et leur expé­rience sur le temps sco­laire et péri­sco­laire, les ATSEM s’indignent de n’avoir reçu comme seules récom­penses « la réduc­tion des effec­tifs en pas­sant d’une ATSEM par classe à une pour trente enfants, la sup­pres­sion des postes de titu­laires rem­pla­çantes, des chan­ge­ments dans les plan­nings et les horaires sans concer­ta­tion, des mis­sions en plus (auto-rem­pla­ce­ment, pal­lier au manque d’AESH…) ».

Regret­tant l’absence de recon­nais­sance face à leur inves­tis­se­ment et à leurs com­pé­tences, les ATSEM de Bour­goin-Jal­lieu sou­hai­te­raient redis­cu­ter du gel du point d’indice, de leur régime indem­ni­taire, de leur accès aux chèques déjeu­ners, de la recon­nais­sance de la péni­bi­li­té, du sou­tien pour un pas­sage en caté­go­rie B, d’un enga­ge­ment dans les rem­pla­ce­ments, d’un poste par classe, de la ges­tion des plan­nings, le tout dans une réelle concer­ta­tion.

Les per­son­nels entendent être res­pec­tés.

Le soutien des candidats de gauche

Plu­sieurs can­di­dates et can­di­dats de la liste de ras­sem­ble­ment de la gauche étaient venus appor­ter leur sou­tien, notam­ment Fré­dé­rique Péna­vaire, par ailleurs secré­taire de la sec­tion du Par­ti Com­mu­niste de Bour­goin-Jal­lieu. L’occasion pour elle d’échanger avec des agentes et agents ter­ri­to­riaux « qui sou­haitent le chan­ge­ment, car ils et elles sont sous pres­sion ».

Selon Fré­dé­rique Péna­vaire, le per­son­nel « dénonce une ges­tion auto­ri­taire, une infla­tion de « chefs », et le fait que « les agents de ter­rain ne sont pas rem­pla­cés, en tout cas pas tous lors­qu’il y a un départ mais qu’il y a en revanche un ren­for­ce­ment de la hié­rar­chie ». Laquelle hié­rar­chie n’est pas per­çue par les agent·es ter­ri­to­riaux comme com­pé­tente tel­le­ment les ser­vices peuvent se trou­ver désor­ga­ni­sés.

Les témoi­gnages font éga­le­ment remon­ter une sus­pi­cion de « fli­cage » des agents. Par exemple, des badges ont été ins­tal­lés pour accé­der aux toi­lettes aux ser­vices tech­niques du quar­tier Champ­fleu­ri. Les agents doivent bad­ger chaque fois qu’ils se rendent aux toi­lettes.

« Des éco­no­mies sont faites par­tout », dénonce Fré­dé­rique Péna­vaire, « et les ATSEM disent ne pas avoir le maté­riel ad hoc pour faire l’en­tre­tien des classes ». « Les agents reprochent au maire de ne pas être pré­sent dans les ins­tances pari­taires, de ne pas être au cou­rant de leurs reven­di­ca­tions ! » pour­suit-elle.

Le maire Vincent Chriqui directement interpellé

Inter­pel­lant direc­te­ment le maire devant sa per­ma­nence élec­to­rale, les agent·es ont pu, via Eric Orcel le délé­gué CGT des Ter­ri­to­riaux, rap­pe­ler un cer­tain nombre de constats et reven­di­ca­tions :

  • La dété­rio­ra­tion au fil des mois des condi­tions de tra­vail des agents ;
  • Les mul­tiples réor­ga­ni­sa­tions de ser­vice qui affectent la san­té men­tale des agents ;
  • Les tickets res­tau­rant qui ne sont pas tou­jours attri­bués léga­le­ment et le refus de rap­pel au moins sur une année ;
  • L’absence de contrat col­lec­tif pour la pré­voyance et la mutuelle ;
  • La par­ti­ci­pa­tion employeur sur les mutuelles qui est tou­jours sur le mini­mum impo­sé ;
  • Le péri­sco­laire en souf­france, les agents qui jouent aux chaises musi­cales : auto rem­pla­ce­ment, sup­pléer au manque d’AESH…
  • Des écarts de primes injustes.

Eric Orcel a rap­pe­lé le rôle irrem­pla­çable des agent·es « qui assurent le fonc­tion­ne­ment de la com­mune, et qui se sentent aujourd’hui oubliés et non recon­nus ». Le délé­gué CGT a rajou­té que les « agent·es demandent plus d’équité, de la recon­nais­sance pour tous les ser­vices et un véri­table dia­logue social avec la muni­ci­pa­li­té ».

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