Bourgoin-Jallieu. Les agents territoriaux se mobilisent pour leurs conditions de travail
Par Didier Gosselin
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La coupe est pleine pour les agent·es territoriaux de Bourgoin-Jallieu, qui s’étaient donné·es rendez-vous pour dénoncer publiquement le management néolibéral qu’ils et elles subissent au quotidien dans leur activité professionnelle.
Des personnels méprisés
Les ATSEM par exemple qui s’adressant au maire dans un communiqué, se déclarent « en souffrance ». Investies dans leur travail auprès des plus jeunes berjallien·nes afin de leur apporter toute leur bienveillance et leur expérience sur le temps scolaire et périscolaire, les ATSEM s’indignent de n’avoir reçu comme seules récompenses « la réduction des effectifs en passant d’une ATSEM par classe à une pour trente enfants, la suppression des postes de titulaires remplaçantes, des changements dans les plannings et les horaires sans concertation, des missions en plus (auto-remplacement, pallier au manque d’AESH…) ».
Regrettant l’absence de reconnaissance face à leur investissement et à leurs compétences, les ATSEM de Bourgoin-Jallieu souhaiteraient rediscuter du gel du point d’indice, de leur régime indemnitaire, de leur accès aux chèques déjeuners, de la reconnaissance de la pénibilité, du soutien pour un passage en catégorie B, d’un engagement dans les remplacements, d’un poste par classe, de la gestion des plannings, le tout dans une réelle concertation.

Le soutien des candidats de gauche
Plusieurs candidates et candidats de la liste de rassemblement de la gauche étaient venus apporter leur soutien, notamment Frédérique Pénavaire, par ailleurs secrétaire de la section du Parti Communiste de Bourgoin-Jallieu. L’occasion pour elle d’échanger avec des agentes et agents territoriaux « qui souhaitent le changement, car ils et elles sont sous pression ».
Selon Frédérique Pénavaire, le personnel « dénonce une gestion autoritaire, une inflation de « chefs », et le fait que « les agents de terrain ne sont pas remplacés, en tout cas pas tous lorsqu’il y a un départ mais qu’il y a en revanche un renforcement de la hiérarchie ». Laquelle hiérarchie n’est pas perçue par les agent·es territoriaux comme compétente tellement les services peuvent se trouver désorganisés.
Les témoignages font également remonter une suspicion de « flicage » des agents. Par exemple, des badges ont été installés pour accéder aux toilettes aux services techniques du quartier Champfleuri. Les agents doivent badger chaque fois qu’ils se rendent aux toilettes.
« Des économies sont faites partout », dénonce Frédérique Pénavaire, « et les ATSEM disent ne pas avoir le matériel ad hoc pour faire l’entretien des classes ». « Les agents reprochent au maire de ne pas être présent dans les instances paritaires, de ne pas être au courant de leurs revendications ! » poursuit-elle.
Le maire Vincent Chriqui directement interpellé
Interpellant directement le maire devant sa permanence électorale, les agent·es ont pu, via Eric Orcel le délégué CGT des Territoriaux, rappeler un certain nombre de constats et revendications :
- La détérioration au fil des mois des conditions de travail des agents ;
- Les multiples réorganisations de service qui affectent la santé mentale des agents ;
- Les tickets restaurant qui ne sont pas toujours attribués légalement et le refus de rappel au moins sur une année ;
- L’absence de contrat collectif pour la prévoyance et la mutuelle ;
- La participation employeur sur les mutuelles qui est toujours sur le minimum imposé ;
- Le périscolaire en souffrance, les agents qui jouent aux chaises musicales : auto remplacement, suppléer au manque d’AESH…
- Des écarts de primes injustes.
Eric Orcel a rappelé le rôle irremplaçable des agent·es « qui assurent le fonctionnement de la commune, et qui se sentent aujourd’hui oubliés et non reconnus ». Le délégué CGT a rajouté que les « agent·es demandent plus d’équité, de la reconnaissance pour tous les services et un véritable dialogue social avec la municipalité ».


