Grenoble. Maurice Lemoine démonte les manipulations médiatiques sur le Venezuela
Par Edouard Schoene
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En introduction à la soirée, Romain Briand (PCF) intervient aux côtés de l’Acip-Asado pour accueillir le conférencier et les organisateurs de la soirée.
Maurice Lemoine dénonce d’entrée quasiment tous les médias qui depuis des années déversent des mensonges sur le Venezuela.
Il énonce en introduction :
- « Nicolàs Maduro n’est pas un narcotrafiquant !
- Nicolàs Maduro n’est pas un dictateur !
- à l’attention de mes confrères journaliste Nicolàs Maduro n’est pas un Pt déchu !
A partir de là on peut discuter de tout. »
Soulignant que le Venezuela est victime de violences extrêmes, que son président est incarcéré après un enlèvement, il dit : « Il devrait y avoir dans le monde un sursaut de solidarité pour demander la libération du président, la liberté pour le Venezuela. »

Deux citations sont données pour réflexion introductive.
- Théodore Roosevelt, président USA de 1901 à 1909 a prononcé ces phrases en septembre 1901 : « nous sommes convaincus que l’Amérique du sud sera notre terrain d’expansion. Il est inconcevable de continuer à tolérer que des peuples aussi insolents, réfractaires au progrès et incapables de se gouverner, occupent des terres aussi fertiles et aussi productives que celles du continent sud américain. La destinée manifeste des États Unis est de posséder l’ensemble de ces territoires ».
- Trump dec 2025 :
« Le Venezuela est encerclé par la plus grande armada du monde. Le choc pour les Vénézuéliens sera sans précédent jusqu’à ce qu’ils restituent aux USA tout le pétrole, les terres et autres actifs qu’ils nous ont volés par le passé. Nous ne permettrons pas que des criminels volent, menacent, pas plus que nous ne tolèrerons qu’un régime hostile s’empare de notre pétrole, de nos terres, et d’aucuns autres actifs qui tous doivent être rendus aux Etats-Unis, immédiatement. »
Maurice Lemoine commente :
« Dans l’histoire du capitalisme on a connu des privatisations. Là il s’agit de privatiser un pays. »
Puis il précise que dans un premier temps l’armada a détruit des embarcations sous prétexte de lutte contre le narcotrafic (140 morts dans la mer ces Caraïbes).
La ministre de la justice des USA avait mis à prix la tête de Nicolàs Maduro, en 2025, pour 50 M $, le considérant narcotrafiquant.

Maurice Lemoine explicite ensuite en quoi sur la base d’une possible « conspiration », le droit américain pourrait condamner le président vénézuélien ; il précise qui sont les narcotrafiquants et en quoi Nicolàs Maduro, pas plus que Chavez, n’étaient, ne sont les chefs du « cartel des soleils ». Les rapports de l’ONU précisent que le rôle du Venezuela dans le trafic de drogue vers les USA est marginal.
Puis le conférencier détricote les uns après les autres les arguments selon lesquels Nicolàs Maduro serait un dictateur, qu’il ne serait pas président légitime. Il développe tous les agissements des Etats-Unis pour bloquer le Venezuela, depuis mars 2015 (décret d’Obama), avec des « mesures coercitives et unilatérales » cachées sous le nom impropre de « sanctions ».
Entre 2015 et 2023, le Venezuela a perdu de l’ordre de 240 Mds de dollars, par le blocus US.
« Je suis en colère contre un certain nombre de mes collègues qui se moquent du Venezuela qui n’a plus d’essence sans préciser que le pétrole du pays a besoin de diluant (bloqué à l’importation par USA) pour être transformé en essence. »
Tout au long de la soirée, notamment lors du riche moment questions-réponses , Maurice Lemoine explicitera ce que vivent les habitants face au blocus US, en dénonçant là aussi des mensonges du type « les Vénézuéliens gagnent quelques euros par mois ». Il explicitera les forces en présence au Venezuela, les élections passées, le rôle de María Corina Machado très peu populaire dans son pays, l’assise « chaviste » du président Machado, les évolutions du parti communiste de ce pays.
Samedi 21 février la conférence de Maurice Lemoine a été complétée par la projection d’un film, Comment le Venezuela déplace la montagne, avec en visioconférence le réalisateur Thierry Deronne.


