Fontaine. Alain Carignon soutient-il en sous-main la division à gauche ?
Par Luc Renaud
/

Si cette candidature en solo a bien fait grincer des dents chez les communistes, choix était fait jusqu’à présent de ne pas trop communiquer dessus, « pour ne pas donner de l’importance à une aventure personnelle », aux dires d’un dirigeant du PCF.
La fédération communiste s’était fendu d’un communiqué lapidaire entre Noël et Jour de l’An, rappelant son soutien à l’équipe d’union « Fontaine nous rassemble » menée par Claudine Didier, et on pensait que l’affaire en resterait là, Jean-Paul Trovero ayant de lui même marqué sa distance avec le PCF.
Mais c’était avant les rebondissements de ces derniers jours…
Des militants d’Alain Carignon en renfort à Fontaine ?
Le 27 janvier, des boucles WhatsApp s’enflamment. Et pour cause : des photos de militants circulent, et font le lien entre deux campagnes, celle de « Pour vous, pour Fontaine » [ndlr : l’équipe de Jean-Paul Trovero], et celle de « Réconcilier Grenoble », la liste… d’Alain Carignon.
Sur les écrans, on distingue clairement la concomitance de certains visages. Visiblement, pour certains, on peut distribuer le matin pour l’ancien ministre d’Edouard Balladur et tenant d’une droite très « trumpienne » dans ses méthodes, et l’après-midi tracter pour une équipe conduite par un ancien maire communiste…
Contre la gauche, faire feu de tout bois
Jérémie Giono, secrétaire de la fédération du PCF, « […] ne peut pas croire que Jean-Paul Trovero ait eu connaissance de ça, même s’il a des griefs personnels confus avec la gauche fontainoise et ses anciens camarades, je ne peux pas croire qu’il irait jusqu’à pactiser consciemment avec la pire des droites du territoire. Par contre, qu’il soit instrumentalisé en sous-main, ça c’est clairement possible, et les révélations de ces derniers jours viennent confirmer ces craintes… dans tous les cas, il devra s’en expliquer auprès des électrices et des électeurs, parce que cette opération révèle quels intérêts sa candidature sert dans les faits ! »
Ce qui est certain, c’est que le maintien de Franck Longo à la tête de Fontaine est un vrai enjeu pour la droite locale, il s’agit d’une véritable vitrine et d’un « modèle » pour certains, qui espèrent reproduire l’opération de « large rassemblement » (du centre-gauche jusqu’à l’extrême-droite) pour triompher d’équipes de gauche. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le match s’annonce compliqué, tant la majorité municipale élue en 2020 a multiplié les fronts de contestations durant ce mandat. Alors, de là à s’arranger pour soutenir une opportunité de dispersion des voix à gauche, il n’y a qu’un pas.

Un ancien élu PCF commente : « On retrouve les bonnes vieilles méthodes d’Alain Carignon ! En 89, il nous avait déjà fait le coup à Echirolles avec Arvin-Berod et sa « nouvelle gauche » contre Gilbert Biessy, on connaît la chanson… » [ndlr : Alain Arvin-Berod, premier adjoint PCF et conseiller général d’Echirolles en 1985, rallie Alain Carignon et sa majorité départementale d’alors en 1987, fondant un éphémère groupe « Nouvelle Gauche » allié à la droite. Il se présentera en 1989 contre Gilbert Biessy, maire PCF, qui le battra largement dans les urnes].
Ce samedi 31 janvier, la fédération communiste signait un communiqué dénonçant une « ingérence manifeste dans le scrutin par des forces extérieures » à Fontaine, appelant « l’ensemble des Fontainoises et Fontainois à se mobiliser massivement dès le 15 mars pour placer l’union de la gauche & des écologistes « Fontaine nous rassemble » conduite par Claudine Didier en tête des suffrages ! ».
Robert W. Wellnes


