Voeux de l’UD CGT. La reconquête industrielle au cœur des ambitions syndicales
Par Luc Renaud
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« La confédération organisera en mars les rencontres du « made in France », en Isère, pour saluer les initiatives portées dans les territoires, que ce soit les Duralex, les Brandt, les Luxfer et bien d’autres encore. » L’annonce en a été faite par Nicolas Benoit, secrétaire de l’union départementale CGT. C’était lors des voeux présentés par l’organisation syndicale, le 22 janvier dernier, dans la salle des fêtes de la ville d’Echirolles.
Et maintenant, Capgemini
Dans son intervention, Nicolas Benoit faisait la part belle à la situation de l’industrie dans le département. En évoquant les milliers d’emplois détruits dans la dernière période : Vencorex, Photowatt, Team Tex Logiplast, Arkema, STMicros… auxquels vient de s’ajouter le plan de suppressions de 2409 emplois à Capgemini, « alors que plus que jamais notre pays a besoin de reprendre sa souveraineté numérique face aux Gafam et aux logiciels tiers ». Pour une conclusion : « nous devons planifier, protéger et développer notre outil industriel, en le mettant au service de la transition écologique et sociale, comme ont su le faire d’anciens salariés de Vencorex et des entrepreneurs en portant le projet de reprise Exalia ».

Une situation dont le gouvernement porte une responsabilité. « Comme l’a expliqué le sénateur communiste Fabien Gay, des milliards d’euros d’aides publiques sont distribués chaque année aux entreprises privées – 211 milliards en 2024 – sans contrôle et sans contrepartie sur l’emploi et les investissements. » Des choix politiques – ceux d’Emmanuel Macron depuis 2017 – qui enrichissent les actionnaires et appauvrissent le tissu économique : « les dividendes des entreprises du CAC 40 atteignent cette année de nouveaux records porté à 107,5 milliards d’euros alors que les salaires et les pensions stagnent et que le taux de pauvreté ne cesse d’augmenter ».
Des assises départementales de l’industrie pour un plan de reconquête
En exigeant la tenue d’assises départementales de l’industrie, de l’emploi et de l’environnement, le dirigeant syndical propose au contraire un « vrai temps de co-construction réunissant les travailleurs, leurs représentants syndicaux, les élus locaux, les chercheurs et les associations environnementales avec pour objectif l’élaboration d’un plan de reconquête industrielle ». Nicolas Benoit propose de cartographier nos forces et nos vulnérabilité, de conditionner toute aide publiques à des garanties sur l’emploi et l’investissement, de s’appuyer sur des projets alternatifs comme Axel (Thales à Moirans) ou Exalia (plateforme chimique au Pont-de-Claix), et d’imposer un droit de veto des comités économiques et sociaux sur les délocalisations et fermetures de sites rentables.
« Notre syndicalisme n’a pas de frontières », soulignait Nicolas Benoit pour aborder l’état du monde d’aujourd’hui. « Notre boussole reste le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et la justice sociale ». Il dénonçait la poursuite de l’offensive israélienne à Gaza, en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et au Sud Liban ainsi que « l’agression américaine » contre le Vénézuela qui « est en réalité une opération de prédation pour contrôler les plus grandes réserves de pétrole du monde » ou les prétentions impérialistes de Donald Trump au Groenland.
« La bataille pour l’emploi au Pont-de-Claix et la bataille pour la souveraineté du Groenland sont les deux faces d’une même lutte contre la loi du plus fort », disait-il.

Pour l’année qui s’ouvre, Nicolas Benoit notait que « le résultat des élections municipales des 15 et 22 mars prochains conditionneront les politiques de la ville et des communautés de communes avec de forts impacts sur les agents et les populations ». Et rappelait que « la montée de l’extrême droite, nourrie par la colère sociale détournée, est une menace mortelle pour la démocratie et les droits des travailleurs ».
Plus de 11000 salariés syndiqués à la CGT en Isère
Année également importante pour la vie démocratique de la CGT. Au moment où le nombre des syndiqués en Isère a repassé la barre des 11000 pour la première fois depuis 2019, le débat aura lieu dans tous les syndicats à l’occasion du congrès confédéral de l’organisation qui se tiendra à Tours du 1er au 5 juin.
Avant de partager un repas amical, rendez-vous convivial qui a réuni quelque deux cents convives,
les syndicalistes ont pu prendre connaissance des œuvres des vainqueurs du concours de dessins organisé par l’union départementale – en partenariat avec l’Union des loisirs et des vacances familiales (ULVF) pour marquer le 90e anniversaire des congés payés. Un concours qui s’adressait aux enfants et ados de onze à 18 ans sur le thème « 1936–2026, les congés payés, un conquis populaire ! » L’heureux gagnant est désormais titulaire d’un séjour d’une semaine pour quatre personnes, pas moins.
C’était une première et elle pourra connaître de nouvelles éditions.



