Voeux de l’UD CGT. La reconquête industrielle au cœur des ambitions syndicales

Par Luc Renaud

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Nicolas Benoit, secrétaire de l'union départementale CGT de l'Isère.
Rencontres du made in France en mars, congrès confédéral en juin, bataille offensive pour l’industrie, élections professionnelles dans la fonction publique en décembre… l’année 2026 s’annonce chargée pour la CGT, une organisation syndicale qui voit progresser son nombre d’adhérents en Isère.

« La confé­dé­ra­tion orga­ni­se­ra en mars les ren­contres du « made in France », en Isère, pour saluer les ini­tia­tives por­tées dans les ter­ri­toires, que ce soit les Dura­lex, les Brandt, les Lux­fer et bien d’autres encore. » L’annonce en a été faite par Nico­las Benoit, secré­taire de l’union dépar­te­men­tale CGT. C’était lors des voeux pré­sen­tés par l’organisation syn­di­cale, le 22 jan­vier der­nier, dans la salle des fêtes de la ville d’Echirolles.

Et maintenant, Capgemini

Dans son inter­ven­tion, Nico­las Benoit fai­sait la part belle à la situa­tion de l’industrie dans le dépar­te­ment. En évo­quant les mil­liers d’emplois détruits dans la der­nière période : Ven­co­rex, Pho­to­watt, Team Tex Logi­plast, Arke­ma, STMi­cros… aux­quels vient de s’ajouter le plan de sup­pres­sions de 2409 emplois à Cap­ge­mi­ni, « alors que plus que jamais notre pays a besoin de reprendre sa sou­ve­rai­ne­té numé­rique face aux Gafam et aux logi­ciels tiers ». Pour une conclu­sion : « nous devons pla­ni­fier, pro­té­ger et déve­lop­per notre outil indus­triel, en le met­tant au ser­vice de la tran­si­tion éco­lo­gique et sociale, comme ont su le faire d’anciens sala­riés de Ven­co­rex et des entre­pre­neurs en por­tant le pro­jet de reprise Exa­lia ».

Les mili­tants se sont retrou­vés dans la salle des fêtes d’E­chi­rolles.

Une situa­tion dont le gou­ver­ne­ment porte une res­pon­sa­bi­li­té. « Comme l’a expli­qué le séna­teur com­mu­niste Fabien Gay, des mil­liards d’euros d’aides publiques sont dis­tri­bués chaque année aux entre­prises pri­vées – 211 mil­liards en 2024 – sans contrôle et sans contre­par­tie sur l’emploi et les inves­tis­se­ments. » Des choix poli­tiques – ceux d’Emmanuel Macron depuis 2017 – qui enri­chissent les action­naires et appau­vrissent le tis­su éco­no­mique : « les divi­dendes des entre­prises du CAC 40 atteignent cette année de nou­veaux records por­té à 107,5 mil­liards d’euros alors que les salaires et les pen­sions stag­nent et que le taux de pau­vre­té ne cesse d’augmenter ».

Des assises départementales de l’industrie pour un plan de reconquête

En exi­geant la tenue d’assises dépar­te­men­tales de l’industrie, de l’emploi et de l’environnement, le diri­geant syn­di­cal pro­pose au contraire un « vrai temps de co-construc­tion réunis­sant les tra­vailleurs, leurs repré­sen­tants syn­di­caux, les élus locaux, les cher­cheurs et les asso­cia­tions envi­ron­ne­men­tales avec pour objec­tif l’élaboration d’un plan de recon­quête indus­trielle ». Nico­las Benoit pro­pose de car­to­gra­phier nos forces et nos vul­né­ra­bi­li­té, de condi­tion­ner toute aide publiques à des garan­ties sur l’emploi et l’investissement, de s’appuyer sur des pro­jets alter­na­tifs comme Axel (Thales à Moi­rans) ou Exa­lia (pla­te­forme chi­mique au Pont-de-Claix), et d’imposer un droit de veto des comi­tés éco­no­miques et sociaux sur les délo­ca­li­sa­tions et fer­me­tures de sites ren­tables.

« Notre syn­di­ca­lisme n’a pas de fron­tières », sou­li­gnait Nico­las Benoit pour abor­der l’état du monde d’aujourd’hui. « Notre bous­sole reste le droit des peuples à dis­po­ser d’eux-mêmes et la jus­tice sociale ». Il dénon­çait la pour­suite de l’offensive israé­lienne à Gaza, en Cis­jor­da­nie, à Jéru­sa­lem-Est et au Sud Liban ain­si que « l’agression amé­ri­caine » contre le Véné­zue­la qui « est en réa­li­té une opé­ra­tion de pré­da­tion pour contrô­ler les plus grandes réserves de pétrole du monde » ou les pré­ten­tions impé­ria­listes de Donald Trump au Groen­land.

« La bataille pour l’emploi au Pont-de-Claix et la bataille pour la sou­ve­rai­ne­té du Groen­land sont les deux faces d’une même lutte contre la loi du plus fort », disait-il.

La pré­sen­ta­tion des lau­réats du concours de des­sins orga­ni­sé pour mar­quer le 90e anni­ver­saire des congés payés.

Pour l’année qui s’ouvre, Nico­las Benoit notait que « le résul­tat des élec­tions muni­ci­pales des 15 et 22 mars pro­chains condi­tion­ne­ront les poli­tiques de la ville et des com­mu­nau­tés de com­munes avec de forts impacts sur les agents et les popu­la­tions ». Et rap­pe­lait que « la mon­tée de l’extrême droite, nour­rie par la colère sociale détour­née, est une menace mor­telle pour la démo­cra­tie et les droits des tra­vailleurs ».

Plus de 11000 salariés syndiqués à la CGT en Isère

Année éga­le­ment impor­tante pour la vie démo­cra­tique de la CGT. Au moment où le nombre des syn­di­qués en Isère a repas­sé la barre des 11000 pour la pre­mière fois depuis 2019, le débat aura lieu dans tous les syn­di­cats à l’occasion du congrès confé­dé­ral de l’organisation qui se tien­dra à Tours du 1er au 5 juin.

Avant de par­ta­ger un repas ami­cal, ren­dez-vous convi­vial qui a réuni quelque deux cents convives,

les syn­di­ca­listes ont pu prendre connais­sance des œuvres des vain­queurs du concours de des­sins orga­ni­sé par l’union dépar­te­men­tale – en par­te­na­riat avec l’Union des loi­sirs et des vacances fami­liales (ULVF) pour mar­quer le 90e anni­ver­saire des congés payés. Un concours qui s’adressait aux enfants et ados de onze à 18 ans sur le thème « 1936–2026, les congés payés, un conquis popu­laire ! » L’heureux gagnant est désor­mais titu­laire d’un séjour d’une semaine pour quatre per­sonnes, pas moins.

C’était une pre­mière et elle pour­ra connaître de nou­velles édi­tions.

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