Centre de santé Saint-Bruno. Les porteurs de projet interpellent la ville de Grenoble

Par Edouard Schoene

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Hervé Derriennic, coprésident de l'association Centre de santé Saint-Bruno, a pris la parole devant la presse et les autres membres de l'association, avouant son incompréhension face au choix d'ouvrir en priorité un centre de santé à Flaubert..
L’association Centre de santé Saint-Bruno tenait conférence de presse ce lundi 12 janvier devant l'Espace Saint-Bruno, lieu envisagé pour l'implantation d'un centre de santé communautaire. Elle a rendu publiques les alertes adressées à Éric Piolle afin que le projet soit le bénéficiaire des 800 000 euros inscrits au budget 2026 pour la création d'une telle structure. Les porteurs de projet s'inquiètent en effet de l'ouverture annoncée d'un autre centre de santé dans le quartier Flaubert, demandant à la ville de Grenoble "d'inverser l'ordre des priorités".

Her­vé Der­rien­nic, copré­sident de l’as­so­cia­tion Centre de san­té Saint-Bru­no, se montre dubi­ta­tif devant les der­niers déve­lop­pe­ments de ce dos­sier : « En fin de man­dat, la muni­ci­pa­li­té déci­de­rait de ‘para­chu­ter’ un centre de san­té dans le quar­tier Flau­bert : achat d’un local et lan­ce­ment d’un Appel à mani­fes­ta­tion d’intérêt auprès de méde­cins et pro­fes­sion­nels de san­té, dont les conclu­sions ne seraient connues qu’au terme de six à huit mois. Ni un habi­tant, ni un méde­cin n’est mobi­li­sé à ce jour. »

Et de s’in­ter­ro­ger : « Quels sont les élé­ments objec­tifs qui jus­ti­fient ce pro­jet à deux sta­tions de tram des centres de san­té de la Vil­le­neuve, dans un quar­tier encore en construc­tion pour dix ans (moins de 30 % des loge­ments pré­vus dans la zone sont construits). Et la démarche de san­té com­mu­nau­taire appa­raît oubliée. »

De nombreux atouts pour le projet de Saint-Bruno

Oui, plu­sieurs nou­veaux centres de san­té sont néces­saires à Gre­noble, réaf­firme l’as­so­cia­tion. Néan­moins, celle-ci ne com­prend pas que le pro­jet de Saint-Bru­no se retrouve aujourd’­hui en seconde posi­tion, sans garan­tie de sub­ven­tion au cours du pro­chain man­dat. Et ce, d’au­tant qu’elle dis­pose d’a­touts incon­tes­tables :

  • un sou­tien de 1500 péti­tion­naires et de mul­tiples démarches en cours pour asso­cier corps médi­cal, asso­cia­tions, citoyens
  • un argu­men­taire d’urgence d’un centre avec un nombre impor­tant de ménages pauvres
  • un pré­ac­cord pour l’acquisition d’un bâti­ment place Saint-Bru­no
  • un pro­jet de tra­vaux conforme à la sub­ven­tion muni­ci­pale
  • un pro­jet de centre de san­té com­mu­nau­taire
Les por­teurs de pro­jet et des habi­tants du quar­tier devant l’es­pace dio­cé­sain Saint-Bru­no, sur la place épo­nyme, où l’as­so­cia­tion espère implan­ter son futur centre de san­té com­mu­nau­taire.

Forte de ces dif­fé­rents élé­ments, l’as­so­cia­tion a deman­dé à Éric Piolle, par une lettre ouverte datée du 19 décembre, de se posi­tion­ner pour que le centre de san­té Saint-Bru­no soit immé­dia­te­ment rete­nu par la ville, pour béné­fi­cier des 800 000 euros de sub­ven­tion dédiés à cet effet dans le bud­get. Mais à ce jour, pas de réponse ni de pro­po­si­tion de ren­dez-vous de la part du maire de Gre­noble.

Les por­teurs de pro­jet ter­minent leur plai­doyer en inter­pel­lant direc­te­ment la ville. « Les habi­tants attendent une réponse favo­rable de la muni­ci­pa­li­té, marque de confiance dans l’avenir de leur quar­tier », assènent-ils.

Le PCF Grenoble soutient la création d’un centre de santé à Saint-Bruno

La sec­tion de Gre­noble du PCF a publié, le 4 jan­vier, un com­mu­ni­qué de sou­tien à l’association pour la créa­tion d’un centre de san­té com­mu­nau­taire à Saint-Bru­no. Après avoir repris les argu­ments déve­lop­pés par les por­teurs de pro­jet, elle conclut : « Un centre de san­té com­mu­nau­taire porte une autre idée de la san­té. Une san­té de proxi­mi­té, non mar­chande où les pro­fes­sion­nels peuvent tra­vailler en équipe et où le patient est un acteur de sa san­té. Ces struc­tures offrent aus­si de meilleures condi­tions de tra­vail aux soi­gnants ce qui est un levier pour atti­rer et main­te­nir des méde­cins dans les quar­tiers qui en ont le plus besoin. » Pour les com­mu­nistes gre­no­blois, c’est ain­si « un choix poli­tique fort à un moment où notre sys­tème de san­té est en panne, où l’Etat se désen­gage, où la méde­cine libé­rale recule dans les quar­tiers popu­laires et où la pré­ven­tion reste trop sou­vent le parent pauvre des poli­tiques de san­té ».

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