Grenoble. Après une nuit sous la tente devant le collège Vercors, une mise à l’abri temporaire « mais rien de réglé »
Par Manuel Pavard
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[Mise à jour] Des parents proposent d’héberger la famille pendant deux semaines à Meylan
La bonne nouvelle est arrivée ce mercredi 2 décembre au soir alors que les parents et enseignants mobilisés, rassemblés devant le collège Vercors, s’apprêtaient à passer une deuxième nuit sous la tente, en compagnie de la famille. Des parents d’élèves d’une école de Meylan — où est scolarisé l’un des quatre enfants — ont en effet proposé d’héberger temporairement cette dernière. Delphine, la Meylanaise à l’initiative de cette solution, raconte : « Mon fils est dans la même classe que le plus petit de la famille et cet après-midi, la directrice de l’école, qui me connaît un peu, m’a raconté l’histoire et sollicitée. On vit dans un habitat participatif où il y a un studio et une chambre libres : on a donc demandé aux autres habitants, qui sont tous d’accord pour accueillir la famille pendant quinze jours. On ne peut pas proposer ad vitam æternam car la solution doit être ailleurs qu’ici. »
La famille angolaise de six personnes va donc pouvoir, dès ce mardi soir, dormir dans un lieu chauffé où elle sera entièrement indépendante. Une solution d’urgence et un petite victoire, du moins à court terme. « Notre action médiatique a un peu porté ses fruits », estime Crystelle Blanc-Lanaute, professeure de français au collège Vercors et membre du collectif, qui se félicite des « élans de solidarité individuels », comme celui de ces parents d’élèves de Meylan. Ou comme ceux des habitants du quartier, à l’image des « personnes de la mosquée qui ont préparé un repas » pour la famille et les membres du collectif.

Mais « rien n’est réglé sur le fond », tempère l’enseignante. « Dans quinze jours, on sera encore en hiver. Et surtout, on n’a toujours aucun retour des institutions », s’insurge-t-elle. Et de prévenir que le collectif est prêt à réinstaller le campement au terme de ces deux semaines. Chrystelle Blanc-Lanaute explique par ailleurs que les parents et profs mobilisés vont se mettre en lien avec l’intercollectif des écoles occupées « pour évoquer la question des collèges ». Car la situation du collège Vercors est loin d’être unique, souligne-t-elle, rappelant la poursuite de l’occupation du siège de la Métropole. Son constat est ainsi sans appel : « L’État est défaillant. »
[Article publié le 2 décembre 2025 à 18h13 et mis à jour à 20h46]
Devant le collège Vercors, dans le quartier Abbaye-Jouhaux, trois tentes ont été montées ce lundi 1er décembre. Malgré le froid glacial, des parents d’élèves et enseignants ont passé la nuit dans ce campement de fortune, avec une famille de six personnes (quatre enfants, dont deux scolarisés dans l’établissement), à la rue depuis le jour même.
La situation de cette famille angolaise, arrivée depuis plusieurs mois sur le territoire, est pourtant connue, les personnels et parents mobilisés alertant depuis des semaines à ce sujet. Ayant déposé une demande d’asile, elle devrait pourtant avoir droit à un hébergement et une prise en charge, en l’occurrence l’allocation de demande d’asile. Mais « rien de tout cela n’est mis en place à ce jour », déplore le collectif dans un communiqué. Quant aux appels au 115, ceux-ci n’ont malheureusement rien donné.

Les soutiens de la famille ont bien sûr envisagé de mettre le couple et leurs quatre enfants à l’abri à l’intérieur du collège, « grand bâtiment chauffé », au moins pour la nuit. « À cela, on [NDLR : la direction académique] nous a répondu que les forces de l’ordre pourraient être envoyées pour déloger les occupants et qu’un dépôt de plainte pour intrusion serait effectué contre toutes les personnes présentes dans l’établissement », s’indignent-ils.
« Un contexte alarmant »
Au lendemain de cette première nuit, « aucun retour ni aucune proposition de solution n’a émergé », regrette le collectif, déterminé à poursuivre sa mobilisation. Parents d’élèves et enseignants appellent ainsi à un nouveau rassemblement ce mardi 2 décembre, à 19 heures, devant le collège Vercors, pour « une deuxième nuit de solidarité ».

« Nous continuons à appeler les acteurs susceptibles d’aider, en premier lieu les autorités compétentes et les élus locaux, à se mobiliser de toute urgence pour garantir une mise à l’abri immédiate de cette famille », indiquent-ils. Une mobilisation qui s’inscrit en outre dans « un contexte alarmant » alors que plusieurs dizaines de familles sans-logis occupent le siège de la Métropole de Grenoble depuis le 19 novembre. Là encore, le collectif exige « la réquisition des logements vacants ».


