Roussillon/Beaurepaire. Une quinzaine pour les 80 ans de la Sécurité sociale

Par Daniel Oriol

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Anthony Martinez, secrétaire de l'union locale CGT Roussillon/Beaurepaire a détaillé les enjeux et objectifs de cet évènement célébrant les 80 ans de la Sécu.
Au lendemain de l'anniversaire de la création de la CGT, il y a 130 ans, l'union locale CGT Roussillon/Beaurepaire organisait ce mercredi 24 septembre une conférence de presse afin de présenter la Quinzaine de la Sécurité sociale. Plusieurs rendez-vous au programme (exposition, réunion publique, théâtre...) dans différentes communes, du 4 au 19 octobre, pour célébrer les 80 ans de la Sécu.

Antho­ny Mar­ti­nez a d’a­bord pré­sen­té cette cam­pagne, affir­mant que « celle-ci était bien plus qu’un simple moment de mobi­li­sa­tion, c’est un acte fort, un cri col­lec­tif pour défendre et recon­qué­rir notre modèle social ». Pour le secré­taire de l’UL CGT, cette Quin­zaine de la Sécu­ri­té sociale « s’inscrit dans un contexte poli­tique et social ten­du, où les attaques contre nos droits et nos acquis se mul­ti­plient ».

« Le cli­mat actuel en France montre clai­re­ment que les Fran­çaises et les Fran­çais aspirent à un chan­ge­ment pro­fond, a‑t-il sou­li­gné. Les gou­ver­ne­ments passent, mais les poli­tiques res­tent les mêmes : aus­té­ri­té, libé­ra­lisme, régres­sion sociale. Et ce sont tou­jours les classes popu­laires qui trinquent. Celles et ceux à qui l’on demande de se ser­rer la cein­ture pen­dant que les plus riches engrangent les pro­fits. »

Et de pour­suivre : « Depuis cet été, et plus encore depuis la ren­trée, l’inquiétude gran­dit. Les dis­cours de Fran­çois Bay­rou, les déci­sions de la macro­nie, tout cela confirme une chose : cette poli­tique est faite pour les puis­sants. Elle divise, elle stig­ma­tise, elle affai­blit. Ce jeu dan­ge­reux ouvre un bou­le­vard à l’extrême droite, qui n’a qu’à attendre son heure. Le macro­nisme, c’est le mar­che­pied de l’extrême droite. »

L’histoire de la Sécu « doit être connue de toutes et tous »

Antho­ny Mar­ti­nez a éga­le­ment repla­cé la créa­tion de la Sécu­ri­té sociale dans son contexte his­to­rique, tout en dres­sant un paral­lèle avec la situa­tion actuelle : « Il y a 80 ans, la France sor­tait de la guerre. Le nazisme était vain­cu, mais pas éra­di­qué. Et cette mémoire, pour­tant si récente, semble s’effacer. Par­tout dans le monde, l’extrême droite pro­gresse. Par­tout, les conflits se mul­ti­plient. L’humanité n’a pas su tirer les leçons du pas­sé. »

Le secré­taire de l’UL a aus­si rap­pe­lé que « le 27 mai 1943, dix-sept per­son­na­li­tés issues de par­tis poli­tiques et de syn­di­cats (la CGT, la CFTC) fon­daient le Conseil natio­nal de la Résis­tance. L’extrême droite, com­plice du régime de Vichy, en était exclue. Ce n’était pas seule­ment une orga­ni­sa­tion de lutte contre l’occupant : c’était une vision pour une France libre, juste, soli­daire et de cette vision est né le pro­gramme des Jours heu­reux. »

« Sous l’impulsion d’Ambroise Croi­zat, ministre com­mu­niste du Tra­vail et mili­tant CGT, la Sécu­ri­té sociale est créée. Elle garan­tit à toutes et tous une pro­tec­tion contre les aléas de la vie : mala­die, acci­dent, chô­mage, vieillesse », a van­té le syn­di­ca­liste. Avant de conclure : « Cette his­toire doit être connue de toutes et tous. Trop sou­vent, les salarié·e·s ignorent les ori­gines de la Sécu. C’est pour­quoi nous lan­çons cette cam­pagne : pour faire vivre la mémoire sociale, pour rap­pe­ler que c’est un Par­ti com­mu­niste fort et un syn­di­ca­lisme de masse qui ont per­mis l’émergence d’une pro­tec­tion sociale de haut niveau. »

Reconstruire un rapport de force dans les entreprises

Cette idée de sécu­ri­té sociale où cha­cun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins est plus que tou­jours une idée moderne. Tou­te­fois, c’est de moins en moins vrai. La loi de finan­ce­ment de la Sécu­ri­té sociale, cen­sée garan­tir l’équilibre du sys­tème, est uti­li­sée depuis des décen­nies pour impo­ser des logiques comp­tables au détri­ment de la san­té publique. Elle ne prend pas suf­fi­sam­ment en compte les recettes, notam­ment celles per­dues par les exo­né­ra­tions de coti­sa­tions patro­nales. Une récente com­mis­sion séna­to­riale menée par Fabien Gay dénon­çait ain­si 211 mil­liards de cadeaux aux entre­prises !

Les exo­né­ra­tions de coti­sa­tions patro­nales sont rem­pla­cées par l’impôt et la TVA, qui repré­sentent aujourd’hui 50 % des recettes de la Sécu. Or, l’État ne com­pense pas tou­jours ces pertes, fra­gi­li­sant notre sys­tème. Alors que nous célé­brons les 80 ans de la Sécu, cette Quin­zaine est l’occasion de recons­truire un rap­port de force dans les entre­prises, pour défendre et amé­lio­rer notre modèle social envié par les tra­vailleurs d’autres pays.

Rap­pe­lons d’ailleurs l’exemple récent édi­fiant de l’ath­lète amé­ri­caine Aria­na Ram­sey décla­rant, sur­prise, lors des Jeux olym­piques de Paris : « Ici, en France, nous avons eu des soins de san­té gra­tuits. C’est fou ! Ce sera mon com­bat aux États-Unis pour la gra­tui­té des soins médi­caux ! »

Voi­ci le pro­gramme de cette quin­zaine :

  • Expo­si­tion iti­né­rante : « 80 ans de Sécu­ri­té Sociale », du 4 au 17 octobre. L’exposition sera visible à Beau­re­paire, Salaise-sur-Sanne et Le Péage-de-Rous­sillon.
  • Réunion publique : « Quelles solu­tions pour répondre aux dif­fi­cul­tés d’ac­cès aux soins ? », le jeu­di 2 octobre, à la salle poly­va­lente de Beau­re­paire, à par­tir de 18 heures.
  • Soi­rée théâtre par­ti­ci­pa­tive : « Soli­dai­re­ment vôtre », pro­po­sée par la troupe OSERA, com­po­sée de salarié.e.s de la CAF et de la CPAM, le mar­di 14 octobre, à 20 heures, à la salle Bap­tiste-Dufeu, au Péage-de-Rous­sillon.

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