Vencorex. Le tribunal de commerce met sa décision en délibéré au 10 avril

Par Manuel Pavard

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Serge Allègre, secrétaire général de la FNIC-CGT, et Séverine Dejoux, élue CGT au CSE de Vencorex, à la sortie du tribunal de commerce de Lyon, jeudi 3 avril.
Le tribunal de commerce de Lyon examinait de nouveau la situation de Vencorex, ce jeudi 3 avril. Les salariés et la CGT ont présenté la dernière mouture de leur projet de reprise en coopérative, demandant un délai de quatre semaines pour consolider leur proposition, soutenue par un nombre croissant de collectivités. Un dossier jugé recevable par le tribunal, tout comme l'offre de BorsodChem, l'autre repreneur potentiel. La décision a été mise en délibéré au 10 avril.

Il fau­dra donc patien­ter une semaine de plus. Une semaine sup­plé­men­taire d’at­tente, d’an­goisse, de stress, mais éga­le­ment d’es­poir pour les sala­riés de Ven­co­rex, sus­pen­dus au choix des juges. Sans grande sur­prise, le tri­bu­nal de com­merce de Lyon a en effet mis sa déci­sion en déli­bé­ré, ce jeu­di 3 avril, et se pro­non­ce­ra sur l’a­ve­nir de l’en­tre­prise jeu­di 10 avril.

La secré­taire géné­rale de la CGT Sophie Binet, aux côtés de Séve­rine Dejoux, après la pre­mière audience devant le tri­bu­nal de com­merce de Lyon, le 6 mars.

Cette audience inter­mé­diaire avait été pro­gram­mée à l’is­sue de la pre­mière audience qui s’é­tait tenue le 6 mars devant le tri­bu­nal de com­merce. Lequel avait alors accor­dé un sur­sis à Ven­co­rex, pro­lon­geant de six mois la période d’ob­ser­va­tion. Mal­gré tout, une épée de Damo­clès pla­nait tou­jours au-des­sus de la tête des quelque 460 sala­riés, le spectre d’une liqui­da­tion judi­ciaire n’é­tant pas écar­té.

Deux offres concurrentes diamétralement opposées

Com­ment évi­ter un tel scé­na­rio catas­trophe ? Ce jeu­di après-midi, deux offres concur­rentes dia­mé­tra­le­ment oppo­sées se fai­saient face à Lyon. D’un côté, celle, déjà bien connue, de la socié­té hon­groise Bor­sod­Chem, filiale du groupe chi­nois Wan­hua, qui ne pré­voit de reprendre que 54 sala­riés, en conser­vant seule­ment l’a­te­lier Tolo­nates. De l’autre, le pro­jet de créa­tion d’une socié­té coopé­ra­tive à inté­rêt col­lec­tif (SCIC), por­té par les sala­riés, la Fédé­ra­tion natio­nale des indus­tries chi­miques (FNIC-CGT) et dif­fé­rentes col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales — en réac­tion notam­ment au refus de la natio­na­li­sa­tion tem­po­raire de la part du gou­ver­ne­ment.

Les sala­riés de Ven­co­rex avaient lan­cé une grève de deux mois après avoir pris connais­sance de l’offre de reprise par­tielle de Bor­sod­Chem.

De nom­breux par­ti­sans de la reprise en coopé­ra­tive avaient fait le dépla­ce­ment au tri­bu­nal pour sou­te­nir cette pro­po­si­tion. Outre Séve­rine Dejoux, élue CGT au CSE de Ven­co­rex, repré­sen­tante des sala­riés, et Serge Allègre, secré­taire géné­ral de la FNIC-CGT, on retrou­vait ain­si plu­sieurs élus, comme le maire de Pont-de-Claix et pré­sident de la Métro­pole Chris­tophe Fer­ra­ri ou les dépu­tées NFP de l’I­sère Cyrielle Cha­te­lain et Éli­sa Mar­tin.

Plusieurs collectivités votent une participation à la SCIC

De fait, un nombre crois­sant de col­lec­ti­vi­tés décident de s’in­ves­tir au sein de la SCIC et ont voté ou s’ap­prêtent à voter une prise de par­ti­ci­pa­tion. C’est le cas, par exemple, de la Métro­pole, avec une enve­loppe de 200 000 euros qui devrait être enté­ri­née par le conseil métro­po­li­tain, ce ven­dre­di 4 avril. Mais aus­si des muni­ci­pa­li­tés de Pont-de-Claix (50 000 euros), Échi­rolles (20 000 euros), Jar­rie ou Gières, ou même de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, qui entend elle aus­si s’en­ga­ger finan­ciè­re­ment, pour un mon­tant encore non connu.

Chris­tophe Fer­ra­ri a évo­qué la prise de par­ti­ci­pa­tion de 200 000 euros de la Métro­pole au sein de la SCIC.

Repré­sen­tants des sala­riés et élus ont en tout cas plai­dé une nou­velle fois leur cause devant les juges, met­tant en valeur les points forts de leur pro­jet. Celui-ci est en effet le seul à même de garan­tir le main­tien de l’ac­ti­vi­té et des emplois directs et indi­rects, sans par­ler de l’ef­fet domi­no sur la filière chi­mie. Ce qui tranche radi­ca­le­ment avec l’offre de reprise par­tielle de Bor­sod­Chem.

Séve­rine Dejoux et ses sou­tiens ont par ailleurs deman­dé un délai de quatre semaines afin d’af­fi­ner et conso­li­der leur pro­po­si­tion. À ce stade, dif­fi­cile tou­te­fois d’é­ta­blir un pro­nos­tic, les deux dos­siers étant jugés rece­vables par le tri­bu­nal de com­merce.

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