Mirsad et Nasiha, que nous avions rencontrés en novembre de l’année dernière, tandis qu’ils étaient menacés d’expulsion par la préfecture.

Nous avions évoqué la situation de la famille bosniaque de Mirsad et Nasiha dans les colonnes du Travailleur alpin de décembre 2021. Menacée d’expulsion, une action était en cours pour lui permettre de rester en France. La famille vient d’obtenir son titre de séjour.

André Prochasson, l’un des animateurs du comité de soutien qui a accompagné la famille résume l’aventure.

Mirsad et Nasiha, bosniaques, auront dû fuir leur pays, l’entité serbe de Bosnie-Herzégovine (B-H), un pays victime des nationalismes haineux et de politiciens corrompus, sans futur pour leurs deux enfants et aujourd’hui à nouveau sous très fortes tensions séparatistes. Ils arrivent à Grenoble en 2013.

Après un refus du statut de réfugié et des mois de galère, ils trouvent refuge en 2016 chez Martine, connue pour son engagement aux côtés des plus démunis, et souffrant d’une maladie neuro-dégénérative nécessitant une présence constante pour tous les actes de la vie quotidienne.

Pourtant, en juin 2021, Mirsad et Nasiha reçoivent une obligation de quitter le territoire français (OQTF) malgré leurs promesses d’embauches et leurs deux enfants scolarisés. Un comité de soutien informel se mobilise rassemblant de nombreuses attestations de soutien ainsi que plusieurs centaines de signatures « sur papier » et plus de 14 000 en ligne.

L’intervention auprès du préfet de l’Isère de Mme Camille Gaillard Minier, députée, sera décisive. Mirsad et Nasiha ont pu retirer en juin 2022 un titre de séjour  délivré à titre exceptionnel.

Ce qui vient mettre un terme à huit années de galère, huit années perdues pour ce jeune couple dont l’enfance avait été déchirée par une guerre qui préfigurait celle que nous connaissons depuis le 24 février en Ukraine.

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Edouard Schoene

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