Les retraités dans l’action

Par Jean-Claude Lamarche

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A l’ap­pel de neuf orga­ni­sa­tions de retrai­tés, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Soli­daires, FGRFP, LSR et Ensemble et soli­daires-UNR­PA, le mar­di 17 novembre a été une jour­née d’ac­tions reven­di­ca­tive. Dans l’a­près-midi, une par­tie des orga­ni­sa­tions avait appe­lé à un ras­sem­ble­ment, sur la place de Ver­dun à Gre­noble, qui a réuni une soixan­taine de par­ti­ci­pants. Il s’a­gis­sait de faire le point sur la situa­tion des retrai­tés et de rendre compte de l’au­dience avec le chef de cabi­net du pré­fet de l’I­sère qui avait eu lieu le matin.

Les retrai­tés voient le pou­voir d’a­chat de leurs pen­sions nettes régres­ser d’an­née en année, à la fois par le biais de « reva­lo­ri­sa­tions » annuelles qui ne rat­trapent même pas l’aug­men­ta­tion des prix, et par la mul­ti­pli­ca­tion des pré­lè­ve­ments obli­ga­toires (CSG, CRDS, CASA…). Aujourd’­hui, par exemple, les retrai­tés de 80 ans qui sont par­tis en retraite à 60 ans ont per­du jus­qu’à l’é­qui­valent de deux mois de pen­sion. Les gou­ver­ne­ments qui se suc­cèdent conti­nuent de les pres­su­rer en entre­te­nant une pro­pa­gande contre les vieux qui seraient des nan­tis, dis­po­sant de plus de reve­nus que les jeunes aux­quels ils ne lais­se­raient que des dettes à rem­bour­ser, qui vote­raient plus à droite, qui coûtent cher à l’as­su­rance mala­die, qui sont inutiles… La période d’é­pi­dé­mie que nous vivons est uti­li­sée pour oppo­ser encore plus les retrai­tés, qui ont conti­nué de per­ce­voir leur pen­sion, aux actifs, en par­ti­cu­lier les jeunes sans reve­nus et les chô­meurs vic­times de la crise.

De nou­velles menaces pèsent sur le pou­voir d’a­chat des retrai­tés dans la pers­pec­tive d’un dis­po­si­tif de prise en charge (par­tielle) de la perte d’au­to­no­mie, en dehors de la sécu­ri­té sociale, qui serait essen­tiel­le­ment finan­cé par les retrai­tés, à rebours d’une pro­tec­tion sociale soli­daire. Il s’a­git là de pro­jets visant aus­si à drai­ner une par­tie des reve­nus des retrai­tés vers les action­naires des socié­tés d’as­su­rance et des entre­prises de l« or gris » : « inves­tis­sez dans les Ehpad pri­vés, dans les socié­tés de ser­vices à domi­cile… ».

Des Ehpad en Isère où, mal­gré le mon­tant exor­bi­tant des loyers, n’ont pu être mis en place les moyens d’é­vi­ter l’hé­ca­tombe qui conti­nue de s’y pro­duire, où les rési­dents sont aban­don­nés à leur sort et meurent faute d’hos­pi­ta­li­sa­tion. Sur cette situa­tion aussi,les orga­ni­sa­tions de retrai­tés ont vou­lu inter­pe­ler le pré­fet et, au-delà, le gou­ver­ne­ment res­pon­sable.

Deve­nir vieux, retrai­té, c’est une pers­pec­tive qui concerne tout le monde. C’est pour­quoi le com­bat que mènent les retrai­tés avec leurs orga­ni­sa­tions est un com­bat pour toute la socié­té. C’est pour­quoi ils ne doivent pas bais­ser les bras, et ils n’en ont pas l’in­ten­tion.

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