Vente de la Mut’ : le retrait d’Icade peut stopper l’opération

Par Max Blanchard

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C’est le constat en forme d’espoir que font l’Union de quartier Berriat-St-Bruno-Europole, le Collectif des usagers des cliniques mutualistes et les Amis des cliniques mutualistes de Grenoble, à la veille de l’assemblée générale qui doit se tenir le 9 octobre pour statuer sur le transfert de la clinique mutualiste de Grenoble dans les mains du groupe Doctegestio, via deux mutuelles fantoches.

Le conseil d’administration du Groupe hos­pi­ta­lier mutua­liste, GHM, a pris, le 6 juillet der­nier, la déci­sion de rete­nir le pire des trois can­di­dats, Doc­te­ges­tio, pour la reprise du grou­pe­ment hos­pi­ta­lier mutua­liste dont fait notam­ment par­tie la cli­nique mutua­liste des Eaux claires.

Her­vé Der­rien­nic, Union de Quar­tier Ber­riat-St-Bru­no-Euro­pole.

Un choix que le col­lec­tif refuse. « Nous expri­mons notre refus que l’avenir du GHM soit entre les mains de Doc­te­ges­tio. Nous infor­mons tous ceux qui sont aveu­glés par le charme de son patron, com­bien celui-ci ne tient aucune de ses pro­messes. Les pro­cès en cours ou déjà per­dus sont innom­brables. » Car, selon leur enquête, « le groupe a une san­té finan­cière très fra­gile en rai­son de son endet­te­ment impor­tant et de sa très faible tré­so­re­rie ». Pour ces oppo­sants, c’est « la gre­nouille qui se veut faire aus­si grosse que le bœuf ». Une situa­tion éga­le­ment néfaste aux sala­riés qui risquent de connaître des réduc­tions d’effectifs par « une mal­trai­tance visant à pous­ser les gens dehors » comme en témoigne l’expérience de cer­taines uni­tés du groupe.

Duplicité ?

Les trois orga­ni­sa­tions dénoncent l’aide publique accor­dée à Doc­te­ges­tio par le fonds ICADE, une filiale de la Caisse des dépôts et consi­gna­tions (une banque de l’Etat qui détient une grande par­tie des dépôts du livret A).

Bru­no de Les­cure, Union de Quar­tier Ber­riat-St-Bru­no-Euro­pole.

Selon l’offre glo­bale d’achat, Doc­te­ges­tio rachè­te­rait l’ac­ti­vi­té san­té tan­dis qu’Icade rachè­te­rait les murs qui sont actuel­le­ment la pro­prié­té de la socié­té civile immo­bi­lière déte­nue par un consor­tium de mutuelles (ADREA, MFI, MGEN, MUTEX,…) dans laquelle ADREA (la mutuelle qui vend le GHM) et la MFI sont majo­ri­taires. Une fois pro­prié­taire, Icade conti­nue­rait de louer au GHM les locaux comme le fait actuel­le­ment la SCIMI. Ce par­te­na­riat est donc un élé­ment essen­tiel de la vente-achat du GHM. « Il est évident que sans Icade, Doc­te­ges­tio ne peut pas ache­ter le GHM ! », sou­lignent les membres des col­lec­tifs.

Jean-Phi­lippe Mou­tarde, Col­lec­tif des usa­gers des cli­niques mutua­listes.

Il est tout à fait para­doxal de voir un fonds public inves­tir dans ce pro­jet qui va contre la déci­sion du minis­tère de la San­té qui est enga­gé par la posi­tion du CHU de Gre­noble aux cotés de l’AG­DUC qui était et demeure can­di­dat à la reprise. Qui va à l’en­contre de la volon­té una­nime expri­mée par les trois col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales concer­nées : la Ville de Gre­noble, la Métro­pole et le Dépar­te­ment.

Stopper la manoeuvre

« Pour arrê­ter Doc­te­ges­tio il faut que le fonds ICADE se retire du pro­jet. » C’est la volon­té des col­lec­tifs : « Nous avons adres­sé des cour­riers au direc­teur géné­ral de la Caisse des dépôts et consi­gna­tions et au direc­teur géné­ral d’ICADE. Nous deman­dons aux col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales, (Ville, Métro­pole et Dépar­te­ment), d’intervenir dans le même sens. La mai­rie de Gre­noble a adres­sé un cour­rier au direc­teur Géné­ral d’ICADE et le pré­sident de la Métro­pole doit ren­con­trer l’ICADE dans un bref délai. Nous inter­pel­lons le maire de Gre­noble, le pré­sident de la Métro­pole et le pré­sident du Dépar­te­ment afin qu’ils confirment leur refus de Doc­te­ges­tio et qu’ils annoncent fer­me­ment leur volon­té d’exercer le droit de pré­emp­tion concer­nant la vente des murs du GHM. » Pré­ci­sons que la décla­ra­tion d’intention d’aliéner n’a pas encore été dépo­sée comme cela doit être fait pour la vente.

Il y a urgence !

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