17 octobre. Quelles sont les origines de la casse ?
Par Travailleur Alpin
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Tout commence par un communiqué de Valentin Gabriac, référent RN sur la métropole, dénonçant la tenue d’une conférence intitulée « S’organiser pour la révolution : comment lutter malgré la répression, comment organiser la suite du mouvement », avec un visuel choc où l’on voit quatre CRS devant un feu. Le responsable d’extrême-droite, faisant l’amalgame entre l’organisation de jeunesse et les casseurs et pilleurs d’opportunités qui ont dévasté les rues de Grenoble, réclame que la ville annule la réservation octroyée. Ce qu’elle fera, mais pas pour les mêmes raisons…
« On ne peut pas se permettre de ne pas savoir ce qui se passe dans nos locaux »
C’est que la mairie a la mauvaise surprise de découvrir que la réservation de la MDA n’a pas été faites au nom de Young Struggle, et sous un autre objet que celui annoncé. Contrairement à ce qu’affirmera rapidement le responsable LFI Allan Brunon sur sa page Facebook, il ne s’agit donc pas ici d’un « recul face au RN », mais d’une question de responsabilité juridique. Une source interne au sein de la mairie nous confie qu’« on ne peut pas se permettre de ne pas savoir ce qui se passe dans nos locaux, et que des associations s’échangent des créneaux de réservation sans nous en informer. En cas de pépin, c’est la ville qui est responsable ! ».
Information transmise aux jeunes qui – espérons-le – l’intégreront lors de leurs prochaines demandes.
Mais Young Struggle, c’est qui ?
YS, dont les habitués des manifestations ont déjà vu les drapeaux à l’étoile rouge cerclée de jaune sur fond bleu ciel, c’est une organisation de jeunesse socialiste franco-kurdes, relativement implantée dans le milieu militant grenoblois. Se rattachant au marxisme, ses membres sont, aux côtés des Jeunes communistes (organisation de jeunesse du PCF), l’une des deux forces les plus présentes au sein de la mobilisation lycéenne actuelle. Des « révolutionnaires », c’est certain, mais en aucun cas des « casseurs » ou des « promoteurs du pillage »…
Pour Jérémie Giono, secrétaire départemental du PCF, nous sommes donc face à « une manœuvre habituelle de l’extrême-droite dans la période : amalgamer ceux qui cherchent à organiser la mobilisation [les organisations de jeunesse de gauche] à ceux qui précisément profitent de la désorganisation pour semer le désordre. Oui, casseurs et pilleurs d’opportunité sont objectivement les adversaires du mouvement, et c’est précisément en favorisant l’auto-organisation de la jeunesse que ces éléments seront maîtrisés ! ».
Ce qui s’est vérifié dans la pratique devant les établissements scolaires : si au tout début de la mobilisation, des groupes extérieurs venaient impunément semer la discorde aux portails des lycées, et provoquer la police, la situation s’est graduellement calmée à mesure que les lycéennes et lycéens mobilisés, aux côtés de leurs professeurs, progressaient dans l’organisation d’un mouvement au départ spontané.
Fiasco sécuritaire du 17 octobre : le PCF pointe la gestion du maintien de l’ordre
Pour Jérémie Giono, plutôt que de cibler ceux qui précisément sont « un morceau de l’antidote » face aux casseurs et aux pilleurs, c’est la stratégie du maintien de l’ordre déployée samedi dernier qu’il faut interroger.
Dans une vidéo conjointe, le secrétaire départemental du PCF et Baptiste et Mathéo des Jeunes communistes de l’Isère, pointent notamment le choix fait par la préfecture de stopper le cortège jeunes — « le plus volatile » — à l’arrêt Chavant, l’empêchant de suivre le parcours initialement déposé qui devait permettre de rejoindre pacifiquement la place Victor Hugo.
La dispersion brutale qui s’en est suivie a abouti au « nassage » de plusieurs centaines de jeunes sous gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes… jusque devant l’hôtel de ville de Grenoble. Une situation à haut risque qui aurait pu entraîner de très lourds débordements sur le bâtiment public.
Cette dispersion aura aussi eu pour conséquence de diviser le cortège des jeunes en une multitude de petits groupes courant dans les rues, monopolisant inefficacement l’essentiel des forces de l’ordre mobilisées pour la journée, et laissant le champ libre aux pillards sur les autres secteurs de la ville.
Pour les communistes, « il y a eu ce jour-là des choix stratégiques désastreux, qui ont mis en danger les jeunes, les policiers, les commerçants… ». Et de conclure par une demande de rendez-vous avec le cabinet de la préfète, afin que « ce type de situation ne se reproduise plus ».
Robert W. Wellnes


