Les syndicats étudiants et le collectif des sans-facs toujours déterminés

Par Kevin Gazoufer

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Début du rassemblement du collectif des sans-facs vers 16h30.
Ce lundi 28 septembre, le collectif des sans-facs organisait un nouveau rassemblement sur le campus de l'université Grenoble Alpes, pour demander à la présidence l’inscription des sans-facs dans des filières qui leur correspondent.

C’est sym­bo­li­que­ment en face de la biblio­thèque Joseph Fou­rier, juste à côté du bâti­ment de la pré­si­dence que com­mence le ras­sem­ble­ment des sans-facs, prin­ci­pa­le­ment accom­pa­gnés par l’UNEF. Léonce Sub­til, pré­sident de l’UNEF Gre­noble, annonce le dérou­lé de l’après-midi et qu’un ren­dez-vous est pré­vu à 17h avec la direc­tion de l’université Gre­noble Alpes (UGA).

Où se dérou­le­ra le ren­dez-vous auquel deux repré­sen­tants de l’UNEF et deux sans-facs par­ti­ci­pe­ront ? À l’espace MUSE (la mai­son des ser­vices étu­diants), à quelques cen­taines de mètres de là. Pour­quoi là-bas ? Cela inter­roge aus­si les per­sonnes sur place mais la moti­va­tion reste de mise et des slo­gans com­mencent à être enton­nés aux méga­phones avant de se dépla­cer vers l’espace MUSE.

« Étu­dier est un droit, pas un pri­vi­lège », « Facs ouvertes aux enfants d’ouvriers, facs fer­mées aux inté­rêts pri­vés » ou « Qu’est ce qu’on veut ? Des ins­crip­tions ! Pour qui ? Les sans-facs ! Pour quand ? Main­te­nant ! », sont repris pen­dant la marche et ne semblent pas effa­rou­cher les mou­tons que le cor­tège croise plu­sieurs dizaines de mètres après le départ.

Ren­contre inat­ten­due entre le cor­tège des sans-facs et un petit groupe de mou­tons

Intrigué·es des étudiant·es filment la scène et, même après cette curieuse ren­contre, beau­coup de regards se tournent vers le cor­tège d’une petite cen­taine de per­sonnes. Des tracts avec un QR Code vers la péti­tion de l’UNEF pour les sans-facs sont dis­tri­bués aux passant·es sur le tra­jet.

Un rendez-vous à huit-clos et des interventions à l’extérieur

Une fois arri­vé devant le lieu du ren­dez-vous, le cor­tège ins­talle la sono por­table proche des vitres de la salle. Même si l’immense majo­ri­té des per­sonnes n’est pas conviée à l’intérieur, l’idée est de se faire entendre et de sou­te­nir les cama­rades quand ils seront avec la pré­si­dence de l’université pour obte­nir le plus d’inscriptions pos­sible.

Les syn­di­cats réunis devant MUSE (l’es­pace de ser­vice étu­diant) avec les sans-facs

Une des pre­mières nou­velles que nous aurons de cette réunion est qu’ils ont du mal s’entendre à l’intérieur, le groupe s’est donc ensuite écar­té d’une ving­taine de mètres de la salle. Avant que les nom­breuses inter­ven­tions au micro des sans-facs et des syn­di­cats soient démar­rées.

Des inter­ven­tions qui poussent à la soli­da­ri­té, un ex sans-fac étant par exemple venu pour encou­ra­ger ses cama­rades. Un sans-fac qui mal­gré sa licence de droit et 37 can­di­da­tures en mas­ter ain­si que de nom­breux recours s’indigne « On nous dit tout le temps d’étudier, mais au final on nous chie des­sus comme ça, c’est pas nor­mal ! ». D’autres sans-facs viennent cou­ra­geu­se­ment au micro expli­quer leur situa­tion et expri­mer leur sou­tien envers les autres.

Les syn­di­cats appellent à une union avec les mobi­li­sa­tions actuelles (lycéens, fonc­tion publique, sapeurs-pom­piers…) et dénoncent des poli­tiques qui ne donnent pas assez de moyens aux sec­teurs du public.

Une des nom­breuses inter­ven­tions au micro pen­dant la réunion avec la pré­si­dence

D’un problème global aux cas particuliers

« 15 mil­liards d’euros » reven­di­qués par les orga­ni­sa­tions syn­di­cales fran­çaises de l’enseignement supé­rieur nous pré­cise un membre de l’UNEF. Pour le bud­get de l’état c’est peu et « de l’argent il y en a pour l’armée ou pour les entre­prises », ajoute-t-il. Par ailleurs il se réjouit que les sans-facs ne soient pas tout seuls lors des ras­sem­ble­ments et que cette mobi­li­sa­tion ins­crive la sélec­tion dans les débats de la ren­trée. À Gre­noble, sur une cin­quan­taine de dos­siers de base, il y a eu 17 pro­po­si­tions faites puis accep­tées dont 8 dans la pre­mière filière sou­hai­tée. Cinq mas­ters (quatre en génie civil et un en ciné­ma) ayant été trou­vés pen­dant la semaine pré­cé­dente. L’UNEF conti­nue­ra de reven­di­quer des ins­crip­tions pour les 15/20 dos­siers qui lui res­tent à ce moment. Cer­taines per­sonnes ayant aban­don­né le pro­ces­sus, voire dû aller cher­cher du tra­vail.

Anaïs (pré­nom modi­fié), sans-fac, accepte de répondre à quelques ques­tions. Anaïs a vali­dé sa licence de psy­cho­lo­gie avec men­tion assez bien, mal­gré une pro­messe de stage et 18 can­di­da­tures dans des mas­ters en psy­cho­lo­gie cli­nique (pour pra­ti­quer auprès de patient·es) et en psy­cho­lo­gie du tra­vail « même si ce n’é­tait pas vrai­ment ce que je vou­lais », reste pour l’ins­tant sans solu­tion. Quand on lui demande ce qu’elle res­sent par rap­port à tout ça, elle nous répond : « Ça m’é­nerve parce que j’a­vais envie de faire tout d’une traite et mon rêve c’é­tait d’être psy­cho­logue ». Ce qu’elle pense de la mobi­li­sa­tion ? « Que les résul­tats pour certain•es donne espoir pour nous ». Mais rapi­de­ment elle est appe­lée à rejoindre les per­sonnes qui rentrent dans la salle de réunion, vers 18h.

Occu­pa­tion de la salle de réunion par les sans-facs

Un dialogue pacifique mais compliqué

En réac­tion de la ren­trée de quelques dizaines de per­sonnes deux membres de l’u­ni­ver­si­té quittent la salle par la porte vitrée, tan­dis que deux autres res­tent à l’in­té­rieur dis­cu­ter avec les per­sonnes pré­sentes. Pour­quoi être ren­tré ain­si ? Léonce Sub­til indique que la pré­si­dence a fer­mé la porte à cer­tains dos­siers, les mas­ters de psy­cho­lo­gie, de droit et un mas­ter de com­mu­ni­ca­tion. « Ce qu’on trouve inac­cep­table c’est qu’on nous dise pour certain·es, il n’y a pas de solu­tion » ajoute-t-il.

Deux dos­siers ont tout de même avan­cé ce lun­di soir, un pour un mas­ter Arts, lettres et civi­li­sa­tions et l’autre pour une pro­po­si­tion de L0 en bio­lo­gie. Les deux concer­nées pensent l’ac­cep­ter même si « Loub­na », titu­laire d’une L2 bio­lo­gie en Algé­rie dont nous par­lions plus en détails dans cet article, espé­rait mieux.

Dis­cus­sions entre la pré­si­dence et le col­lec­tif des sans-facs sur le par­vis

Les demandes du col­lec­tif s’o­rientent rapi­de­ment pour appe­ler M. Lakh­nech, pré­sident de l’U­GA, auprès de ses col­la­bo­ra­teurs dont M. Oudart, son direc­teur de cabi­net, qui arrive après l’oc­cu­pa­tion de la salle. Les dis­cus­sions semblent tour­ner en rond quand M. Oudart pro­pose d’en­voyer un mail, raillé par les mobilisé·es qui répètent n’a­voir reçu de réponses à leurs mails qu’une seule fois. M. Oudart pro­pose alors d’y répondre dans la soi­rée pour un ren­dez-vous avec M. Lakh­nech. L’im­pa­tience de connaître la date de ren­dez-vous est pal­pable. Une membre de l’U­NEF envoie le mail dans la fou­lée.

« Si ils pensent qu’on va arrê­ter de se battre contre la sélec­tion parce qu’ils ne font pas de pro­po­si­tion ils se trompent ». Léonce Sub­til, pré­sident de l’U­NEF Gre­noble

Léonce Sub­til reste pru­dent sur cette décla­ra­tion orale et réaf­firme que « ce qu’on veut c’est dis­cu­ter avec M. Lakh­nech », il pré­vient aus­si que « si ils pensent qu’on va arrê­ter de se battre contre la sélec­tion parce qu’ils ne font pas de pro­po­si­tion ils se trompent ». La mobi­li­sa­tion se ter­mine au cré­pus­cule par le départ de la direc­tion puis le débrie­fing au micro de cette mobi­li­sa­tion. Nous appren­drons par la suite que la demande de ren­dez-vous avec M. Lakh­nech a été accep­tée et a eu lieu mer­cre­di matin.

Entre­vue qui n’a pas per­mis de faire bou­ger les lignes : deux étu­diants ont pu être ins­crits… dans des filières qui ne cor­res­pondent pas à leurs sou­haits ini­tiaux.

Affaire à suivre !

Débrie­fing du col­lec­tif des sans-facs vers 20h30

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