Grenoble. Les deux élus exclus du groupe LFI dénoncent une « purge »
Par Travailleur Alpin
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« Ce post est prêt depuis longtemps. » Ainsi débute la publication postée par Lauren Viguier sur Instagram, ce jeudi 9 juillet, pour commenter son exclusion et celle de son colistier Thomas Mandroux du groupe LFI au conseil municipal de Grenoble. Information que les deux élus affirment avoir « apprise par voie de presse » — en l’occurrence via un article du Dauphiné libéré. « Nous n’avons reçu aucun message, appel ou mail de la part du groupe, seulement constaté que nous n’étions plus dans les boucles Telegram des élu·es », s’exclament-ils dans un communiqué commun diffusé également ce jeudi.
Depuis leur participation au conseil municipal d’installation de Laurence Ruffin, le 27 mars, Lauren Viguier et Thomas Mandroux, élus à la suite de l’accord technique conclu dans l’entre-deux-tours entre les listes d’Allan Brunon et de la future maire de Grenoble, n’étaient plus réapparus sur les bancs de la France insoumise. Une absence qui interrogeait et que les récents événements éclairent donc d’un jour nouveau.
« Traitée en traîtresse »
De fait, le ver était dans le fruit depuis de longues semaines, comme le confirme Lauren Vigiuier sur le réseau social. Ce post, la conseillère municipale et métropolitaine avait en effet « commencé à l’écrire depuis le jeudi 23 avril 2026, jour du conseil métropolitain d’installation ». Ce jour-là, la séance, émaillée d’interminables suspensions et discussions, s’était achevée, au bout de treize heures, par le malaise du futur président Guillaume Lissy, au coude-à-coude avec Raphaël Guerrero.

C’est aussi là qu’étaient apparues les premières fissures dans le groupe LFI, selon Lauren Viguier, qui explique aujourd’hui s’être opposée au maintien de la candidature d’Allan Brunon. « Je tente en vain d’éviter le pire : que la droite gagne la présidence de la métropole », raconte-t-elle. « Traitée en traîtresse » tout au long de la réunion de groupe, la désormais ex-élue insoumise s’insurge également du contenu des tractations menées entre Allan Brunon et Guillaume Lissy. « Il n’est nullement question d’avancées sociales et de mesures programmatiques, mais de petits postes pour lui et ses copains, et d’indemnités de mandat », accuse-t-elle, évoquant des « négociations absolument indignes d’un membre de la France insoumise ».
« Il était physiquement impossible d’exercer notre mandat dans ces conditions. »
Pour cette dernière comme pour Thomas Mandroux, le coupable de la rupture actuelle est clairement identifié. Tous deux dénoncent ainsi une « nouvelle violence » commise à leur encontre par le candidat LFI aux municipales, dont ils pointent les propos et les actes « violents, autoritaires, sexistes, LGBTphobes ». Face à un acharnement qu’ils qualifient de « harcèlement moral », il était, selon eux, « physiquement impossible d’exercer [leur] mandat dans ces conditions ». Il en allait de leur santé, affirment-ils.
Lauren Viguier et Thomas Mandroux assurent toutefois regretter de porter sur la place publique une polémique qui aurait dû rester et se régler en interne. « Par cette énième purge, Allan Brunon prend le risque de salir l’image de notre mouvement », déplorent les élus. Ceci, alors que « des démarches en interne étaient en cours » auprès des différentes instances compétentes de la France insoumise. Et qu’une demande de médiation par l’intermédiaire de la députée Élisa Martin aurait été refusée par le président du groupe LFI, d’après les deux exclus.
Trahison des principes contre calomnie et désaccords politiques
Ciblé nommément par ses anciens colistiers, Allan Brunon réagit d’abord froidement aux sollicitations du Travailleur alpin, maintenant sa position de « ne pas répondre à l’organe local de propagande du Parti communiste français ». Il prend néanmoins le temps de glisser un message au ton menaçant, invitant « certains à la prudence », avant de fustiger « la calomnie utilisée par ces deux militants pour masquer des problèmes politiques qu’ils ont avec la ligne de notre mouvement ».

Une rupture liée à de banals désaccords politiques ? La thèse ne tient pas, rétorquent Lauren Viguier et Thomas Mandroux — membre du parti Révolution écologique pour le vivant (REV) d’Aymeric Caron — qui se disent fidèles à l’idéal insoumis originel, accusant Allan Brunon de « trahir constamment les principes » de la France insoumise. Eux le promettent, ils continueront à faire campagne pour Jean-Luc Mélenchon en vue de la présidentielle 2027 ainsi qu’à se battre pour le passage à la VIe République et pour l’avènement de « la nouvelle France ».
« Pour également nous concentrer sur la victoire de Jean-Luc Mélenchon en 2027 et la défaite du péril fasciste, nous présenterons notre démission de nos mandats municipaux et métropolitains. Nous rembourserons intégralement les indemnités perçues à ce titre », conclut le binôme.
Qui les remplacera aux conseils municipal et métropolitain ?
Aucun des treize colistiers LFI initiaux ne figurant au-delà de la 46e place, les deux sièges laissés vacants au conseil municipal par la démission de Lauren Viguier et Thomas Mandroux ne pourront revenir à d’autres élus insoumis. Selon l’arithmétique, ce sont donc les deux suivants sur la liste, Myriam Messaoudi (47e) et Mohamed Belhadj (48e), tous deux élus sur la liste Oui Grenoble de Laurence Ruffin, qui devraient siéger en théorie au conseil municipal.

La question se pose également pour la métropole de Grenoble puisque Lauren Viguier était conseillère métropolitaine. Et selon la même logique, c’est Michelle Sy, autre élue Oui Grenoble et 29e sur la liste des candidats au conseil communautaire, qui lui succédera sur les bancs de cette assemblée.


