Facture EDF, la face cachée
Par Martine BRIOT
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C’était leur souhait, savoir exactement à quoi correspondent les taxes millefeuille du papier bleu électrique. Rudy Prepoleski, secrétaire du syndicat CGT énergie Isère, était invité à décortiquer l’historique d’EDF pour expliciter la situation actuelle, née en 1905 de l’Éclairage en France, devenue entreprise nationale en 1946 (loi de la nationalisation de l’électricité et du gaz élaborée par Marcel Paul, ministre communiste) après des années de lutte de la CGT. Jusque-là tout est clair ! EDF entreprise florissante, novatrice et qui plus est, une entreprise où il fait bon travailler ! En effet, dès 1947, cette entreprise se dote d’un comité d’œuvres sociales qui font des envieux.
En 1996, les premières directives européennes de l’ouverture du marché de l’électricité et du gaz vont tout faire basculer. Ces directives élaborées par la Commission européenne sont la traduction concrète de décisions prises antérieurement par le Conseil européen, c’est-à-dire la réunion des chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’Union européenne.
Doucement, mais sûrement, en huit ans la structure d’EDF vole en éclats. EDF devient une société anonyme et une autre société est créée pour le transport de l’électricité, le Réseau de transport d’électricité (RTE). Jusqu’alors, nous étions usagers, mais le 2 août 2004, nous sommes devenus clients différents – gros industriels, professionnels et consommateurs domestiques – de plusieurs producteurs, plusieurs transporteurs et plusieurs fournisseurs.
La traduction de ces évolutions figure sur votre facture. Des taxes, quelles taxes, pour qui, pourquoi ?
- La Contribution tarifaire d’acheminement (CTA) est une taxe acquittée depuis la création de l’entreprise sur le montant des factures. Depuis cinq ans, la collecte de cette taxe est supérieure aux charges à couvrir, générant un excédent croissant, injustifié et alourdissant indûment les factures.
- La Taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité (TICFE) anciennement CSPE : cette taxe, initialement destinée à soutenir les investissements dans les énergies renouvelables éoliennes et solaires, est de plus en plus utilisée au financement de budget de l’État.
- La petite dernière, le Tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE) permet de payer les réseaux d’infrastructure des transports d« électricité, leur renforcement, mais aussi les dividendes des actionnaires de l’entreprise !
Toutes ces taxes sont soumises à la taxe globale finale, la célèbre TVA au taux de 20%. Si l’on calcule bien, et comme le souligne la CGT, la facture pourrait être moins salée !


