Massacres de Sétif, Guelma, Kherrata en Algérie sortir de l’oubli l’autre 8 mai 1945

Par Maryvonne Mathéoud

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Devant l'hôtel de ville de Fontaine où figuer une plaque qui rappelle ces événements dramatiques.
À l’appel du collectif du 17 octobre 1961, vendredi 8 mai 2026 à 15h00 à Fontaine plus de 200 personnes se sont rassemblées pour commémorer le 80e anniversaire des massacres de Sétif, Guelma, Kherrata. Une quarantaine d’organisations soutenaient l’initiative.

C’est devant la plaque com­mé­mo­ra­tive, parc André Mal­raux devant la mai­rie de Fon­taine que Ned­j­ma Ben­diab, pré­si­dente d’Algérie au coeur prend la parole pour lire la liste des 40 orga­ni­sa­tions qui sou­tiennent cette com­mé­mo­ra­tion et pour reven­di­quer, la recon­nais­sance par l’État Fran­çais des crimes com­mis lors du 8 mai 1945 dans la région de Sétif, Guel­ma et Kher­ra­ta, l’ins­crip­tion dans les livres d’His­toire des crimes colo­niaux com­mis contre les peuples (Algé­rie, Mada­gas­car, Indo­chine, …), une écri­ture par­ta­gée entre la France et l’Al­gé­rie de leur his­toire com­mune ouvrant sur de nou­velles coopé­ra­tions citoyennes.

Mar­tine, Ras L’Front Gre­noble.

Mar­tine et Adrien de Ras L’Front Gre­noble lisent l’appel ci-des­sous :

« La chute du régime nazi a été un évé­ne­ment consi­dé­rable dans le monde entier, sou­le­vant l’es­poir d’un monde plus juste, res­pec­tueux des droits et des peuples. Cent trente mille sol­dats algé­riens et des dizaines de mil­liers d’autres sol­dats et de civils de pays colo­ni­sés ont par­ti­ci­pé à la lutte contre le nazisme au sein de l’ar­mée fran­çaise, les fameux « indi­gènes de l’ar­mée fran­çaise .

Alors que l’Al­gé­rie est consti­tuée de trois dépar­te­ments fran­çais, la célé­bra­tion de la vic­toire des Alliés contre le nazisme le 8 mai 1945 est l’oc­ca­sion pour les Algé­riennes et les Algé­riens de faire entendre les reven­di­ca­tions d’é­ga­li­té des droits et d’in­dé­pen­dance. A Sétif, des mil­liers d’Al­gé­riens mani­festent et bran­dissent des pan­cartes « Libé­rez Mes­sa­li » (Mes­sa­li Hadj, lea­der natio­na­liste empri­son­né), « Nous vou­lons être vos égaux », « À bas le colo­nia­lisme », « Vive l’Al­gé­rie libre et indé­pen­dante », et un dra­peau qui devien­dra le dra­peau algé­rien. La répres­sion contre les Algé­riens dure­ra des mois et sera féroce : 10 000 à 40 000 vic­times selon les his­to­riens, à Sétif, Guel­ma et Kher­ra­ta.

Cette répres­sion fut un véri­table mas­sacre et un crime d’État : il s’a­gis­sait pour le pou­voir fran­çais de l’é­poque de main­te­nir à tout prix l’Al­gé­rie sous domi­na­tion colo­niale. Cet évé­ne­ment tra­gique a été occul­té par tous ceux qui veulent mas­quer la réa­li­té du colo­nia­lisme, faite de vio­lence, d’inégalités et d’op­pres­sion.

La colo­ni­sa­tion ne fut pas une simple coexis­tence. Il fal­lut une vio­lence consi­dé­rable et un ordre social basé sur le racisme et la dis­cri­mi­na­tion légale (code de l’indigénat) pour main­te­nir l’ordre colo­nial. Il est grand temps que le som­met de l’État agisse contre les dis­cours nos­tal­giques de la colo­ni­sa­tion et la pré­sence dans l’espace public de sym­boles de la vio­lence colo­niale.

Adrien, Ras L’Front Gre­noble.

L’oc­cul­ta­tion ou la néga­tion des crimes colo­niaux ne peut avoir que des effets délé­tères. Leur recon­nais­sance est une étape néces­saire et impor­tante pour lut­ter contre les dis­cri­mi­na­tions et les domi­na­tions. Il est urgent de com­prendre que notre ave­nir est com­mun et qu’il est essen­tiel de construire des ponts plu­tôt que des murs.

Rendre hom­mage aux vic­times de Sétif, Guel­ma et Kher­ra­ta, c’est dire le crime que fut la colo­ni­sa­tion, et affir­mer que la défaite de l’ordre colo­nial est une vic­toire pour tous les peuples.

Ned­j­ma Ben­diab, pré­si­dente d’Al­gé­rie au coeur.

Soli­da­ri­té avec les démo­crates algé­riens

Il y a une conti­nui­té dans les com­bats menés par les Algé­riennes et les Algé­riens pour la démo­cra­tie. Le 8 mai 1945, la mani­fes­ta­tion récla­mait l’égalité des droits pour tous, la pro­cla­ma­tion du 1er novembre 1954 don­nait comme but à l’indépendance « le res­pect de toutes les liber­tés fon­da­men­tales sans dis­tinc­tion de race ni de confes­sion ». Ce n’est pas un hasard si la pre­mière mani­fes­ta­tion impor­tante du Hirak a eu lieu le 16 février 2019 à Kher­ra­ta.

Rendre hom­mage aux mani­fes­tantes et mani­fes­tants du 8 mai 1945, c’est aus­si être soli­daire du com­bat constam­ment mené par le peuple algé­rien pour la démo­cra­tie.

En Algé­rie, il y a plus de 200 pri­son­niers d’opinions qui ont été recen­sés fin 2024.

Nous deman­dons la libé­ra­tion de toutes les per­sonnes empri­son­nées pour avoir exer­cé paci­fi­que­ment leur droit aux liber­tés d’expression et de réunion. Nous deman­dons que cesse la répres­sion contre les orga­ni­sa­tions démo­cra­tiques.  »

Eli­sa Mar­tin, dépu­tée LFI.

Éli­sa Mar­tin dépu­tée LFI de l’Isère prend la parole pour déplo­rer que, au fur et à mesure des année, dans les céré­mo­nies offi­cielles on ne parle plus de la vic­toire contre la bar­ba­rie nazie. La remise de médailles prend le pas sur la lutte contre le fas­cisme et les fusils sur le droit inter­na­tio­nal qui ne cesse d’être bafoué. Les peuples pales­ti­niens, ira­niens, liba­nais, armé­niens et tant d’autres peuples sont vic­times du non res­pect du droit inter­na­tio­nal.

Puis elle rap­pelle qu’en tant que dépu­tée elle doit voter pour la loi de pro­gram­ma­tion mili­taire. Dans un pre­mier temps c’est 400 mil­liards d’euros pour l’armée qui a été deman­dé aux député.es mais comme ce n’est pas suf­fi­sant il a était pro­po­sé une ral­longe de 36 mil­liards (bud­get de 2024 à 2030). « Nous savons tous que, qui pré­pare la guerre fait la guerre. Bien évi­dem­ment mon groupe LFI et les com­mu­nistes ont voté contre. Pour nous com­mé­mo­rer l’autre 8 mai celui de Sétif, Guel­ma et Kher­ra­ta, c’est regar­der la véri­té en face. La France doit recon­naître ce qui est un crime d’état ordon­né par le gou­ver­ne­ment pro­vi­soire mis en œuvre par le gou­ver­neur géné­ral et per­pé­tré par les forces armées et les milices colo­niales. Il fal­lait réta­blir l’ordre colo­nial peut impor­tait le nombre de vic­times. Nous devons recon­naître le droit des peuples à dis­po­ser d’eux mêmes. Mal­heu­reu­se­ment le droit colo­nial existe encore. »

Abdel­wa­heb Kis­moune, pre­mier adjoint à la maire de Gre­noble.

Abdel­wa­heb Kis­moune pre­mier adjoint de Gre­noble sou­ligne que, alors que les fran­çais fêtaient la vic­toire contre le nazisme des mil­liers d’africains mani­fes­taient pour expri­mer leurs espoirs, leurs volon­tés d’avoir d’avantages de droits de digni­té et de liber­té, eux qui avaient par­ti­ci­pé à la libé­ra­tion de la France. C’est une répres­sion san­glante qui s’abat sur le peuple algé­rien. Les his­to­riens éva­luent entre 10 000 et 40 000 per­sonnes le nombre de vic­times mais la souf­france, elle, ne se dis­cute pas. Recon­naitre l’histoire ce n’est pas affai­blir la nation c’est au contraire lui per­mettre d’avancer avec véri­té et res­pon­sa­bi­li­té. Com­mé­mo­rer Sétif c’est rendre jus­tice aux vic­times et à leurs famille c’est rap­pe­ler les idéos uni­ver­selles de liber­té, d’égalité et de fra­ter­ni­té et ce pour tous les peuples.

Laurent Jadeau élu d’opposition à Fon­taine, repré­sen­tant la sec­tion de Fon­taine et la fédé­ra­tion de l’Isère du PCF  indique en préa­lable qu’il est fier du nombre de per­sonnes pré­sent à cette com­mé­mo­ra­tion. Il rap­pelle que la plaque, en accord avec les asso­cia­tions qui porte cet évè­ne­ment, a été posée par la muni­ci­pa­li­té com­mu­niste. Il fait le constat que la muni­ci­pa­li­té de droite élue il y a 6 ans ne par­ti­cipe pas à cette com­mé­mo­ra­tion, mais ce n’est pas éton­nant. Il remer­cie le tra­vail fait par les asso­cia­tions qui portent cet évè­ne­ment. Pour­quoi ce 8 mai. Pour moi ce qu’on com­mé­more le matin savoir la libé­ra­tion des peuples euro­péens du joug nazi, c’est la même chose que cette com­mé­mo­ra­tion, c’est le com­bat des peuples à dis­po­ser d’eux mêmes. La France c’est hono­rée par la résis­tance contre le nazisme et c’est désho­no­rée par ces diri­geants qui ont ordon­né ces mas­sacres.

Sli­mane Rais, conseiller muni­ci­pal à Fon­taine.

Sli­mane RAÏS élu d’opposition à Fon­taine apporte un témoi­gnage indi­vi­duel : « je suis petit fils de tirailleur séné­ga­lais et fils d’ancien com­bat­tants contre l’armée fran­çaise dans les rangs de l’ANL. En moi je cris­tal­lise l’histoire algé­ro-fran­çaise. J’ai du mal à expli­quer à mes enfants le mas­sacre de 2 mil­lions d’algériens com­mit par la même armée dans laquelle était leur arrière grand-père. Il était sol­dat dans l’armée fran­çaise et fut dépor­té en 1944. Il faut que la véri­té soit dite pour que nos enfants des deux côtés de la médi­ter­ra­née vivent dans la séré­ni­té. »

Une mani­fes­ta­tion contre la guerre et le fas­cisme orga­ni­sée par Young Stuggle 38 est par­tie la gare de Gre­noble a rejoint la com­mé­mo­ra­tion des mas­sacres de Sétif, Guel­ma et Kher­ra­ta.. les mots d’ordre étaient :

Ni les bombes, ni le bruit des bottes ne sont une fata­li­té

Ni OTAN, ni défense euro­péenne !

Les riches veulent la guerre : les jeunes, les tra­vailleurs et tra­vailleuses veulent juste un futur !

Résis­tance contre les guerres impé­ria­listes et le fas­cisme ! »

Lou, Young Stuggle.

Lou de Young Stuggle explique leur démarche « dire qu’on est contre la guerre c’est dire qu’on est contre l’explosion des bud­gets mili­taires et contre la casse du ser­vice public. Nous dénon­çons les guerres colo­niales qui existent actuel­le­ment dans le monde, en Pales­tine, au Sou­dan en Kanake, à Mayotte. Il faut les relier aux guerres colo­niales dans le pas­sé. Les guerres de libé­ra­tion en Algé­rie, au Viet­nam en Afrique du Sud. En France comme par­tout en Europe et dans le monde l’on observe une accé­lé­ra­tion de la marche à la guerre, nos médias sont inon­dés de dis­cours guer­riers qui veulent faire croire aux tra­vailleurs et tra­vailleuses, à la jeu­nesse, aux femmes et aux LGBTI que nos enne­mis sont les puis­sances concur­rentes à notre État, que se pré­pa­rer à la guerre est plus impor­tant que de man­ger, de se loger et de vivre digne­ment. En plus d’agiter la « menace exté­rieure » l’État fran­çais désigne clai­re­ment l’ennemi inté­rieur à savoir les musul­mans, les per­sonnes assi­mi­lées comme telles, les migrants et les des­cen­dants de l’immigration.

Le 8 mai c’est l’hommage que nous devons aux par­ti­sanes et par­ti­sans qui ont bra­vé la vio­lence fas­ciste de l’occupation nazie, le sacri­fice des résis­tantes et résis­tants anti­fas­cistes .

Le 8 mai c’est aus­si celui des algé­riennes et algé­riens mas­sa­crées à Sétif, Guel­ma et Kher­ra­ta pour avoir osé exi­ger l’indépendance, un rap­pel de la conti­nui­té de la bar­ba­rie du sys­tème capi­ta­liste-impé­ria­liste entres les crimes colo­niaux d’hier et ceux d’aujourd’hui. »

Assia Dib.

Assia Dib lit le poème de Jean Amrouche écrit en 1958 : Le com­bat algé­rein.

« A l’homme le plus pauvre

     à celui qui va demi-nu sous le soleil dans le vent

     la pluie ou la neige

      à celui qui depuis sa nais­sance n’a jamais eu le ventre plein

On ne peut cepen­dant ôter ni son nom

     ni la chan­son de sa langue natale

     ni ses sou­ve­nirs ni ses rêves

On ne peut l’ar­ra­cher à sa patrie ni lui arra­cher sa patrie

Pauvre affa­mé nu il est riche mal­gré tout de son nom d’une patrie ter­restre son

     domaine

     et d’un tré­sor de fables et d’i­mages que la langue des aïeux porte en son flux

     comme un fleuve porte la vie

Aux Algé­riens on a tout pris

     la patrie avec le nom

     le lan­gage avec les divines sen­tences

     de sagesse qui règlent la marche de l’homme

     depuis le ber­ceau jus­qu’à la tombe

     la terre avec les blés les sources avec les jar­dins

     le pain de bouche et le pain de l’âme

     l’hon­neur

     la grâce de vivre comme enfant de Dieu frère des hommes sous le soleil

     dans le vent la pluie et la neige.

 On a jeté les Algé­riens hors de toute patrie humaine

     on les a faits orphe­lins

     on les a faits pri­son­niers d’un pré­sent sans mémoire

     et sans ave­nir

     les exi­lant par­mi leurs tombes de la terre des ancêtres

     de leur his­toire, de leur lan­gage et de la liber­té

Ain­si

     réduits à mer­ci

     cour­bés dans la cendre sous le gant du maître colo­nial

     il sem­blait à ce der­nier que son des­sein allait s’ac­com­plir.

     que l’Al­gé­rien avait oublié son nom son lan­gage et l’an­tique souche humaine

     qui rever­dis­sait

     libre sous le soleil dans le vent, la pluie et la neige en lui.

Mais on peut affa­mer les corps

     on peut battre les volon­tés

     mater la fier­té la plus dure sur l’en­clume du mépris

     on ne peut assé­cher les sources pro­fondes

     où l’âme orphe­line par mille radi­celles invi­sibles suce le lait de la liber­té.

On avait pro­non­cé les plus hautes paroles de fra­ter­ni­té

     on avait fait les plus saintes pro­messes.

Algé­riens, disait-on, à défaut d’une patrie natu­relle per­due voi­ci la patrie la plus

     belle

     la France

     che­ve­lue de forêts pro­fondes héris­sée de che­mi­nées d’u­sines

     lourde de gloire de tra­vaux et de villes

     de sanc­tuaires

     toute dorée de mois­sons immenses ondu­lant au vent de l’His­toire

     comme la mer

Algé­riens, disait-on, accep­tez le plus royal des dons ce lan­gage le plus doux, le

     plus lim­pide et le plus juste vête­ment de l’es­prit.

Mais on leur a pris la patrie de leurs pères

     on ne les a pas reçus à la table de la France.

Longue fut l’é­preuve du men­songe et de la pro­messe non tenue d’une

     espé­rance inas­sou­vie

     longue, amère

     trem­pée dans les sueurs de l’at­tente déçue

     dans l’en­fer de la parole tra­hie

     dans le sang des révoltes écra­sées

     comme ven­danges d’hommes

Alors vint une grande sai­son de l’his­toire

     por­tant dans ses flancs une car­gai­son d’en­fants indomp­tés

     qui par­lèrent un nou­veau lan­gage

     et le ton­nerre d’une fureur sacrée :

     on ne nous tra­hi­ra plus

     on ne nous men­ti­ra plus

     on ne nous fera pas prendre des ves­sies peintes

          de bleu de blanc et de rouge

          pour les lan­ternes de la liber­té

     nous vou­lons habi­ter notre nom

     vivre ou mou­rir sur notre terre mère

     nous ne vou­lons pas d’une patrie marâtre

     et des riches reliefs de ses fes­tins.

     Nous vou­lons la patrie de nos pères

     la langue de nos pères

     la mélo­die de nos songes et de nos chants

     sur nos ber­ceaux et sur nos tombes

     Nous ne vou­lons plus errer en exil

     dans le pré­sent sans mémoire et sans ave­nir

     Ici et main­te­nant

     nous vou­lons

     libres à jamais sous le soleil dans le vent

          la pluie ou la neige

     notre patrie : l’Al­gé­rie. »

Après le dépôt des gerbes et une minute de silence les mani­fes­tants se retrouvent autour d’une col­la­tion.

Col­lec­tif du 17 octobre 1961, (Algé­rie au cœur, Amal, ANPNPA (asso­cia­tion natio­nale des pieds noirs pro­gres­sistes et leurs ami·e·s), ASALI (Asso­cia­tion de soli­da­ri­té des Algé­riens de l’I­sère), Coup de Soleil Rhône-Alpes, CSRA (Comi­té de sou­tien aux réfu­giés algé­riens), La Libre Pen­sée Isère, Mou­ve­ment de la Paix Isère, Ras L’Front Gre­noble,)

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