Grenoble. La mobilisation du DAL contre les expulsions
Par Travailleur Alpin
/

Depuis la fin de la trêve hivernale au 31 mars, les expulsions reprennent de plus belle. Grenoble Habitat, office public du logement et bailleur social, a ainsi signifié son expulsion à une femme vivant seule avec trois enfants.
« Sa situation était connue des institutions depuis plus de deux ans. En effet, nous avons alerté à de nombreuses reprises sur la vulnérabilité de sa famille et des failles institutionnelles qui aboutissent aujourd’hui à cette aberration : la préfecture de l’Isère n’a pas renouvelé son titre de séjour entraînant donc une perte d’emploi et de l’intégralité de ses revenus. La procédure d’expulsion a été enclenchée sans chercher de solution au préalable. Sa situation révèle les failles quasi systématiques de la « prévention » des expulsions : comment peut-on en arriver à valider la mise à la rue d’une femme élevant seule ses trois enfants, sans ressource et avec de graves problèmes de santé ? », s’indigne le DAL 38. La mobilisation engagée par les militants du DAL38 et d’autres associations a pour l’instant empêché la police d’exécuter l’expulsion. Aujourd’hui, une solution d’hébergement devrait lui être proposée par le CCAS de la ville de Grenoble pour éviter la mise à la rue.
Jeudi 2 avril, un rassemblement de plus 80 personnes devant les locaux de Grenoble Habitat à l’appel du DAL 38, l’UL CGT Grand Grenoble et d’autres associations et citoyens de la ville a permis d’obtenir de la direction de l’office l’engagement de ne pas expulser dans les prochains jours et de voir la situation de cette personne avec le service social de la ville de Grenoble.
60 000 expulsions l’an dernier en France
« Au vu des chiffres records des expulsions de l’an dernier (60 000 personnes expulsées manu militari soit l’équivalent de la population de la ville de Chambéry), nous savons que cette situation n’est pas isolée, que de nombreux-es Iséroi-ses connaissent en ce moment la même peur de l’‘expulsion et le sentiment d’impuissance qui lui est associe. Nous serons présent-es pour les soutenir et obtenir des vraies mesures politiques pour lutter contre ce fléau : baisse des loyers et des charges, production de logements HIM pas chers, réquisition des immeubles vides et arrêtés anti-expulsion, comme l’a fait le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko », précise le DAL.


