Les retraités dans la rue à l’occasion de la journée d’action nationale

Par Maryvonne Mathéoud

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Manifestation à Grenoble dans le cadre d'une semaine nationale d'action.
Ce jeudi 2 avril ce sont environ 200 personnes dont certaines venues du Nord Isère qui ont battu le pavé pour défendre leurs droits. Les organisations signataires, dans le cadre du groupe des 9, avaient décidé d’une semaine d’action entre le lundi 30 mars et le samedi 4 avril sur les questions de la santé, avec un temps fort le 2 avril, jour d’une demande d’audience au Premier ministre.

« C’est par nos mobi­li­sa­tions que nous, les retrai­tés, sommes enten­dus » indique Yves Richard secré­taire CGT USR Isère dans son inter­ven­tion. Puis il pour­suit : « en 2025 nous avons gagné l’abandon de mesures néfastes pour les retrai­tés pré­vues dans le PLFSS 2026 :

  • Une « année blanche ou plu­tôt noire » avec le gel des pen­sions.
  • La sup­pres­sion de l’a­bat­te­ment fis­cal de 10 % sur le reve­nu.
  • Le blo­cage des barèmes, ce qui aurait aug­men­té à la fois l’im­pôt sur le reve­nu et la CSG, en par­ti­cu­lier des plus bas reve­nus. Des per­sonnes non impo­sables le seraient deve­nues et auraient per­dues des pres­ta­tions sociales.
  • Le gel de l’allocation de soli­da­ri­té aux per­sonnes âgées (ASPA) pour les plus dému­nis.
  • La remise en cause par­tielle des ALD et le dou­ble­ment du pla­fond des fran­chises médi­cales.

Autant de mesures dont les pre­mières vic­times sont les retraité·es à com­men­cer par les plus fra­giles. alors la lutte conti­nue car les attaques se pour­suivent aus­si avec comme pre­mière mesure prise par le gou­ver­ne­ment : l’augmentation au 1er mars 2026 du for­fait hos­pi­ta­lier de 15 % et le for­fait patient urgence de 33 %. » Puis Yves Richard liste toutes les reven­di­ca­tions por­tées par les mani­fes­tants.

« Sans jamais évo­quer ni les 211 mil­liards d’aide publiques aux entre­prises sans contre­par­tie ni les 100 mil­liards de divi­dendes records ver­sés aux action­naires en 2024, les gou­ver­ne­ments agitent en per­ma­nence le spectre du « défi­cit » de la Sécu­ri­té sociale dont ils sont les pre­miers res­pon­sables par leurs choix poli­tiques ! Ce sont ces reven­di­ca­tions légi­times que nous rap­pel­le­rons à 16h30 en pré­fec­ture puisque nous serons reçus par le secré­taire géné­ral de Mme la pré­fète qui est trop occu­pée pour nous rece­voir direc­te­ment. »

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« Nous disons non à l’abandon de la loi grand âge, indique Jacques Foglia­ri­ni de la FGR-FP retrai­tés fonc­tion publique. En 2025, l’Assemblée natio­nale vote le prin­cipe d’une loi qui prend en compte les besoins. Elle défend la néces­si­té d’une loi de pro­gram­ma­tion en termes de finan­ce­ment et de créa­tion d’emplois. Ce vote sera igno­ré par le gou­ver­ne­ment et il n’aura aucune suite. Ain­si, le pré­sident de la CNSA a dénon­cé, concer­nant la Branche auto­no­mie, l’abandon de l’objectif de 50.000 postes ETP en Ehpad pré­vus pour 2030. Cela indique donc la volon­té gou­ver­ne­men­tale de ne plus finan­cer les besoins des per­sonnes âgés qui seront en nombre crois­sant… puis il déve­loppe les réper­cu­tions de cet aban­don. «  La situa­tion est grave : notre san­té est en dan­ger ! Exi­geons des bud­gets à la hau­teur des besoins ! Refu­sons cette poli­tique d’austérité impo­sée ! », conclut Jacques Foglia­ri­ni

Pour Jacques Agnès (Fédé­ra­tion syn­di­cale uni­taire), le col­lec­tif inter­syn­di­cal lutte pour le pou­voir d’achat des retrai­tés qui se dégrade. Le pou­voir d’achat de nos pen­sions et retraites ne cesse de dimi­nuer depuis plu­sieurs décen­nies alors que la rému­né­ra­tion du capi­tal aug­mente de façon fara­mi­neuse.

Jacques Agnes.

« Bien au rebours de l’image que veulent don­ner cer­tains médias laquais d’un pou­voir poli­tique lui-même valet des mil­liar­daires et mul­ti­mil­lion­naires, pro­fi­teurs para­sites des richesses créées par les tra­vailleurs de notre pays, les retrai­tés ne sont pas des nan­tis, mais connaissent comme les tra­vailleurs actifs, une pau­pé­ri­sa­tion gran­dis­sante. Les causes de cette pau­pé­ri­sa­tion crois­sante des retrai­tés sont mul­tiples. »

Pour Pierre Bro­card du Syn­di­cat retraité.es CGT de Bour­goin-Jal­lieu décrit la situa­tion inquié­tante pour nombre de retrai­tés ou de citoyens plus jeunes, face à l’accès aux soins.

Les attentes spé­ci­fiques de la jour­née d’action, à savoir l’accès au sys­tème de san­té, et la prise en charge du droit à l’autonomie sont mis à mal par la poli­tique du gou­ver­ne­ment.

Le sec­teur dis­pose d’un cabi­net de ville dénom­mé  »sept sur sept », ce dis­po­si­tif a le mérite d’exister, mais il ne peut en aucune façon, pour­voir au manque de méde­cin réfé­rent.

Au fil de la mani­fes­ta­tion.

Les orga­ni­sa­tions du groupe des 9 exigent :

  • Un ser­vice de san­té public per­met­tant à toutes et tous de se soi­gner sans avoir à faire des choix.
  • L’abandon du dou­ble­ment des fran­chises médi­cales.
  • Le main­tien des droits fami­liaux et conju­gaux, indis­pen­sables pour com­pen­ser en par­tie les
  • inéga­li­tés entre pen­sions fémi­nines et mas­cu­lines.
  • L’indexation des pen­sions à mini­ma sur l’inflation au 1er jan­vier 2026.
  • La reva­lo­ri­sa­tion des pen­sions indexées sur le salaire moyen.
  • Le main­tien de l’abattement fis­cal de 10%.
  • Le main­tien et le déve­lop­pe­ment des ser­vices publics sur l’ensemble du ter­ri­toire

Une délé­ga­tion a été reçue par par le chef de cabi­net de la pré­fète et par une assis­tante qui a pris des notes. Mme la pré­fète était en réunion des pré­fets à Paris.

Mon­sieur M. Diar­ra s’est dit à l’écoute des repré­sen­tants syn­di­caux et asso­cia­tifs, en pour­sui­vant son pro­pos par le fait que selon les chiffres de l’ON­DAM, les frais de san­té étaient en constante aug­men­ta­tion et qu’il y avait d’autres prio­ri­tés bud­gé­taires.

La délé­ga­tion a contes­té cette affir­ma­tion en rap­pe­lant la perte de pou­voir d’a­chat des retrai­tés. « Au cours des 10 années anté­rieures cette perte équi­vaux à 4 mois de pen­sion se qui entraine de nom­breuses et nom­breux retrai­tés dans la pré­ca­ri­té. 30 % des retrai­tés per­çoivent moins de 100 euros par mois. » argu­mente Yves Richard.

Jacques Agnès fait réfé­rence à la non aug­men­ta­tion du point d’in­dice dans la fonc­tion publique. Il rap­pelle éga­le­ment que pour beau­coup de retrai­tés la charge d’une mutuelle san­té repré­sente un mois de retraite sur un an ce qui est énorme.

Il a été rap­pe­lé que la situa­tion actuelle de la Sécu­ri­té sociale pro­ve­nait du manque de recettes. En effet 211 mil­liards d’aides et d’allègement de coti­sa­tions sociales, ain­si que le tra­vail non décla­ré sont des coti­sa­tions en moins pour la Sécu­ri­té sociale. Les abus en matière de dépenses dont le gou­ver­ne­ment fait état res­tent mar­gi­naux.‘

La pré­si­dente de LSR évoque les petites retraites de nom­breuses femmes, qui ont subi des car­rières dis­con­ti­nues et des salaires infé­rieurs à celui des hommes. L’accès à la culture et aux loi­sirs est un fac­teur impor­tant pour vivre sa retraite en bonne san­té

Jacques Foglia­ri­ni de la FGR-FP a déve­lop­pé lar­ge­ment un argu­men­taire sur la situa­tion des EHPAD et de leur finan­ce­ment. Le coût est exor­bi­tant pour bon nombre de retrai­tés.

Les membres de la délé­ga­tion ont una­ni­me­ment déplo­ré les pro­blèmes liés à l’ac­cès aux soins, le besoin de créa­tions et de sau­ve­garde des centres de san­té, les dépas­se­ments d’ho­no­raires et l’aug­men­ta­tion des coti­sa­tions des mutuelles com­plé­men­taires qui est inévi­table dans ce contexte de désen­ga­ge­ment de la Sécu­ri­té Sociale sur les rem­bour­se­ments de san­té.

Sans oublier d’é­vo­quer le pro­blème de l’accès aux ser­vices publics et les dif­fi­cul­tés pour les retrai­tés avec le tout numé­rique.

Le groupe des 9 (L’UCR-CGT, FO-UCR, CFTC retrai­tés, CFE-CGC, FSU, SOLIDAIRES retrai­tés, FCR (Confé­dé­ra­tion fran­çaise des retrai­tés), LSR (Loi­sirs et soli­da­ri­té des retrai­tés, créée à l’initiative de la CGT), Ensemble & Soli­daires-UNR­PA (Union natio­nale des retrai­tés et des per­sonnes âgées.

Place de Ver­dun, devant la pré­fec­ture de l’I­sère.

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