Les retraités dans la rue à l’occasion de la journée d’action nationale
Par Maryvonne Mathéoud
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« C’est par nos mobilisations que nous, les retraités, sommes entendus » indique Yves Richard secrétaire CGT USR Isère dans son intervention. Puis il poursuit : « en 2025 nous avons gagné l’abandon de mesures néfastes pour les retraités prévues dans le PLFSS 2026 :
- Une « année blanche ou plutôt noire » avec le gel des pensions.
- La suppression de l’abattement fiscal de 10 % sur le revenu.
- Le blocage des barèmes, ce qui aurait augmenté à la fois l’impôt sur le revenu et la CSG, en particulier des plus bas revenus. Des personnes non imposables le seraient devenues et auraient perdues des prestations sociales.
- Le gel de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) pour les plus démunis.
- La remise en cause partielle des ALD et le doublement du plafond des franchises médicales.
Autant de mesures dont les premières victimes sont les retraité·es à commencer par les plus fragiles. alors la lutte continue car les attaques se poursuivent aussi avec comme première mesure prise par le gouvernement : l’augmentation au 1er mars 2026 du forfait hospitalier de 15 % et le forfait patient urgence de 33 %. » Puis Yves Richard liste toutes les revendications portées par les manifestants.
« Sans jamais évoquer ni les 211 milliards d’aide publiques aux entreprises sans contrepartie ni les 100 milliards de dividendes records versés aux actionnaires en 2024, les gouvernements agitent en permanence le spectre du « déficit » de la Sécurité sociale dont ils sont les premiers responsables par leurs choix politiques ! Ce sont ces revendications légitimes que nous rappellerons à 16h30 en préfecture puisque nous serons reçus par le secrétaire général de Mme la préfète qui est trop occupée pour nous recevoir directement. »

« Nous disons non à l’abandon de la loi grand âge, indique Jacques Fogliarini de la FGR-FP retraités fonction publique. En 2025, l’Assemblée nationale vote le principe d’une loi qui prend en compte les besoins. Elle défend la nécessité d’une loi de programmation en termes de financement et de création d’emplois. Ce vote sera ignoré par le gouvernement et il n’aura aucune suite. Ainsi, le président de la CNSA a dénoncé, concernant la Branche autonomie, l’abandon de l’objectif de 50.000 postes ETP en Ehpad prévus pour 2030. Cela indique donc la volonté gouvernementale de ne plus financer les besoins des personnes âgés qui seront en nombre croissant… puis il développe les répercutions de cet abandon. « La situation est grave : notre santé est en danger ! Exigeons des budgets à la hauteur des besoins ! Refusons cette politique d’austérité imposée ! », conclut Jacques Fogliarini
Pour Jacques Agnès (Fédération syndicale unitaire), le collectif intersyndical lutte pour le pouvoir d’achat des retraités qui se dégrade. Le pouvoir d’achat de nos pensions et retraites ne cesse de diminuer depuis plusieurs décennies alors que la rémunération du capital augmente de façon faramineuse.

« Bien au rebours de l’image que veulent donner certains médias laquais d’un pouvoir politique lui-même valet des milliardaires et multimillionnaires, profiteurs parasites des richesses créées par les travailleurs de notre pays, les retraités ne sont pas des nantis, mais connaissent comme les travailleurs actifs, une paupérisation grandissante. Les causes de cette paupérisation croissante des retraités sont multiples. »
Pour Pierre Brocard du Syndicat retraité.es CGT de Bourgoin-Jallieu décrit la situation inquiétante pour nombre de retraités ou de citoyens plus jeunes, face à l’accès aux soins.
Les attentes spécifiques de la journée d’action, à savoir l’accès au système de santé, et la prise en charge du droit à l’autonomie sont mis à mal par la politique du gouvernement.
Le secteur dispose d’un cabinet de ville dénommé »sept sur sept », ce dispositif a le mérite d’exister, mais il ne peut en aucune façon, pourvoir au manque de médecin référent.

Les organisations du groupe des 9 exigent :
- Un service de santé public permettant à toutes et tous de se soigner sans avoir à faire des choix.
- L’abandon du doublement des franchises médicales.
- Le maintien des droits familiaux et conjugaux, indispensables pour compenser en partie les
- inégalités entre pensions féminines et masculines.
- L’indexation des pensions à minima sur l’inflation au 1er janvier 2026.
- La revalorisation des pensions indexées sur le salaire moyen.
- Le maintien de l’abattement fiscal de 10%.
- Le maintien et le développement des services publics sur l’ensemble du territoire
Une délégation a été reçue par par le chef de cabinet de la préfète et par une assistante qui a pris des notes. Mme la préfète était en réunion des préfets à Paris.
Monsieur M. Diarra s’est dit à l’écoute des représentants syndicaux et associatifs, en poursuivant son propos par le fait que selon les chiffres de l’ONDAM, les frais de santé étaient en constante augmentation et qu’il y avait d’autres priorités budgétaires.
La délégation a contesté cette affirmation en rappelant la perte de pouvoir d’achat des retraités. « Au cours des 10 années antérieures cette perte équivaux à 4 mois de pension se qui entraine de nombreuses et nombreux retraités dans la précarité. 30 % des retraités perçoivent moins de 100 euros par mois. » argumente Yves Richard.
Jacques Agnès fait référence à la non augmentation du point d’indice dans la fonction publique. Il rappelle également que pour beaucoup de retraités la charge d’une mutuelle santé représente un mois de retraite sur un an ce qui est énorme.
Il a été rappelé que la situation actuelle de la Sécurité sociale provenait du manque de recettes. En effet 211 milliards d’aides et d’allègement de cotisations sociales, ainsi que le travail non déclaré sont des cotisations en moins pour la Sécurité sociale. Les abus en matière de dépenses dont le gouvernement fait état restent marginaux.‘
La présidente de LSR évoque les petites retraites de nombreuses femmes, qui ont subi des carrières discontinues et des salaires inférieurs à celui des hommes. L’accès à la culture et aux loisirs est un facteur important pour vivre sa retraite en bonne santé
Jacques Fogliarini de la FGR-FP a développé largement un argumentaire sur la situation des EHPAD et de leur financement. Le coût est exorbitant pour bon nombre de retraités.
Les membres de la délégation ont unanimement déploré les problèmes liés à l’accès aux soins, le besoin de créations et de sauvegarde des centres de santé, les dépassements d’honoraires et l’augmentation des cotisations des mutuelles complémentaires qui est inévitable dans ce contexte de désengagement de la Sécurité Sociale sur les remboursements de santé.
Sans oublier d’évoquer le problème de l’accès aux services publics et les difficultés pour les retraités avec le tout numérique.
Le groupe des 9 (L’UCR-CGT, FO-UCR, CFTC retraités, CFE-CGC, FSU, SOLIDAIRES retraités, FCR (Confédération française des retraités), LSR (Loisirs et solidarité des retraités, créée à l’initiative de la CGT), Ensemble & Solidaires-UNRPA (Union nationale des retraités et des personnes âgées.



