Grenoble. Christophe Ferrari et Romain Gentil appellent à voter pour Laurence Ruffin

Par Manuel Pavard

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Le président de la Métropole Christophe Ferrari (ici devant l'usine Arkema de Jarrie) pointe la dangerosité du programme d'Alain Carignon.
Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes Métropole, soutient "sans ambiguïté" Laurence Ruffin au second tour des municipales à Grenoble, indique-t-il dans un communiqué diffusé ce jeudi 19 mars. Malgré ses désaccords notoires avec la majorité sortante, le maire de Pont-de-Claix et adhérent Place publique entend "faire barrage" à Alain Carignon. Position partagée par le candidat de Grenoble capitale citoyenne Romain Gentil (soutenu par Place publique), qui appelle lui aussi à voter pour la liste Oui Grenoble.

Sa prise de posi­tion était atten­due. Pour diverses rai­sons. D’une part car ses passes d’armes avec Éric Piolle ont ryth­mé une bonne par­tie des conseils métro­po­li­tains, durant la der­nière man­da­ture. D’autre part pour sa prise de posi­tion en faveur de can­di­da­tures rivales au pre­mier tour, dans plu­sieurs com­munes : citons la liste Gre­noble capi­tale citoyenne, conduite par Romain Gen­til, ou, autre exemple, la socia­liste Lae­ti­tia Rabih — éga­le­ment sou­te­nue par Place publique — à Échi­rolles. Mais dans son com­mu­ni­qué, Chris­tophe Fer­ra­ri tient à « appor­ter sans ambigüité [son] sou­tien à Lau­rence Ruf­fin et à faire bar­rage à la liste d’Alain Cari­gnon ».

Le pré­sident de la Métro­pole de Gre­noble rap­pelle ce contexte. « Des dif­fé­rences et des débats m’ont éloi­gné de l’équipe muni­ci­pale sor­tante », sou­ligne-t-il, regret­tant éga­le­ment « qu’il n’y ait pas eu ce pas de côté et cette ouver­ture plus large, notam­ment envers Gre­noble capi­tale citoyenne, pour bâtir l’union de toute la gauche ». Des pro­pos qui feront peut-être rire jaune cer­tains mili­tants locaux, au regard de l’in­fluence prê­tée au repré­sen­tant de Place publique sur les divi­sions de la gauche dans dif­fé­rentes cam­pagnes élec­to­rales.

« Aucune voix ne doit manquer à Laurence Ruffin »

Tou­te­fois, assure Chris­tophe Fer­ra­ri, « nous par­ta­geons avec Lau­rence Ruf­fin de nom­breux enga­ge­ments, beau­coup de com­bats com­muns et un socle de valeurs. Celles d’un ter­ri­toire hos­pi­ta­lier et cos­mo­po­lite, qui bâtit et rénove des loge­ments abor­dables, celles d’un ter­ri­toire éco­lo­gique accom­pa­gnant les habi­tants dans les tran­si­tions néces­saires, celles d’un ter­ri­toire soli­daire avec les plus pré­caires et vul­né­rables », pré­cise-t-il.

Des prio­ri­tés qui « ne sont pas par­ta­gées » par le can­di­dat LR, assène le maire de Pont-de-Claix.« En pro­met­tant des coupes mas­sives dans les bud­gets muni­ci­paux et métro­po­li­tains, dans les ser­vices publics, sans s’engager à bais­ser rapi­de­ment les impôts et l’endettement, Alain Cari­gnon ne peut ni pré­tendre sou­la­ger le por­te­feuille des Gre­no­bloises et Gre­no­blois, qu’ils soient habi­tants, com­mer­çants, acteurs éco­no­miques ou asso­cia­tifs, ni amé­lio­rer le cadre et la qua­li­té de vie à Gre­noble, ni pré­pa­rer l’avenir en par­ti­cu­lier des plus fra­giles pour qui l’existence d’un ser­vice public fort est une ques­tion de sur­vie », dénonce-t-il.

Chris­tophe Fer­ra­ri conclut son com­mu­ni­qué par un appel aux élec­teurs gre­no­blois : « Dimanche, aucune voix ne doit man­quer à Lau­rence Ruf­fin pour battre Alain Cari­gnon, l’heure est à la mobi­li­sa­tion ! »

Romain Gentil : « Grenoble doit rester ancrée à gauche »

Après l’é­chec d’une fusion avec la liste Oui Gre­noble, Romain Gen­til, pas­sé à côté d’une qua­li­fi­ca­tion au second tour pour trois petites voix, avait pro­mis de don­ner ses consignes de vote en fin de semaine. Le can­di­dat sou­te­nu par Place publique, le PRG et Équi­noxe l’a fait ce jeu­di 19 mars. « Le 22 mars, l’enjeu doit dépas­ser les diver­gences de pra­tiques, indique-t-il. Dans l’isoloir dimanche une seule ques­tion à se poser : “est-ce que l’on veut d’Alain Cari­gnon comme maire de Gre­noble ?” Pour “Gre­noble capi­tale citoyenne”, la réponse est claire : c’est non. C’est pour­quoi nous invi­tons toutes celles et tous ceux qui se recon­naissent dans les valeurs que nous avons por­tées, une ville soli­daire, éco­lo­giste et démo­cra­tique, à se mobi­li­ser dimanche pour voter “Oui Gre­noble”. »

Romain Gen­til refuse de « lais­ser les finances de la ville à une droite affai­riste et dis­cré­di­tée », ain­si que « la des­truc­tion des ser­vices publics qui sera la consé­quence des coupes bud­gé­taires pro­po­sées par Alain Cari­gnon. Nous refu­sons de lais­ser la ques­tion de la sécu­ri­té être ins­tru­men­ta­li­sée à des fins élec­to­ra­listes, au détri­ment de réponses justes et effi­caces », ajoute-t-il. Avant de lan­cer, en vue du second tour : « Gre­noble doit res­ter ancrée à gauche ».

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