Grenoble. Christophe Ferrari et Romain Gentil appellent à voter pour Laurence Ruffin
Par Manuel Pavard
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Sa prise de position était attendue. Pour diverses raisons. D’une part car ses passes d’armes avec Éric Piolle ont rythmé une bonne partie des conseils métropolitains, durant la dernière mandature. D’autre part pour sa prise de position en faveur de candidatures rivales au premier tour, dans plusieurs communes : citons la liste Grenoble capitale citoyenne, conduite par Romain Gentil, ou, autre exemple, la socialiste Laetitia Rabih — également soutenue par Place publique — à Échirolles. Mais dans son communiqué, Christophe Ferrari tient à « apporter sans ambigüité [son] soutien à Laurence Ruffin et à faire barrage à la liste d’Alain Carignon ».
Le président de la Métropole de Grenoble rappelle ce contexte. « Des différences et des débats m’ont éloigné de l’équipe municipale sortante », souligne-t-il, regrettant également « qu’il n’y ait pas eu ce pas de côté et cette ouverture plus large, notamment envers Grenoble capitale citoyenne, pour bâtir l’union de toute la gauche ». Des propos qui feront peut-être rire jaune certains militants locaux, au regard de l’influence prêtée au représentant de Place publique sur les divisions de la gauche dans différentes campagnes électorales.
« Aucune voix ne doit manquer à Laurence Ruffin »
Toutefois, assure Christophe Ferrari, « nous partageons avec Laurence Ruffin de nombreux engagements, beaucoup de combats communs et un socle de valeurs. Celles d’un territoire hospitalier et cosmopolite, qui bâtit et rénove des logements abordables, celles d’un territoire écologique accompagnant les habitants dans les transitions nécessaires, celles d’un territoire solidaire avec les plus précaires et vulnérables », précise-t-il.
Des priorités qui « ne sont pas partagées » par le candidat LR, assène le maire de Pont-de-Claix.« En promettant des coupes massives dans les budgets municipaux et métropolitains, dans les services publics, sans s’engager à baisser rapidement les impôts et l’endettement, Alain Carignon ne peut ni prétendre soulager le portefeuille des Grenobloises et Grenoblois, qu’ils soient habitants, commerçants, acteurs économiques ou associatifs, ni améliorer le cadre et la qualité de vie à Grenoble, ni préparer l’avenir en particulier des plus fragiles pour qui l’existence d’un service public fort est une question de survie », dénonce-t-il.
Christophe Ferrari conclut son communiqué par un appel aux électeurs grenoblois : « Dimanche, aucune voix ne doit manquer à Laurence Ruffin pour battre Alain Carignon, l’heure est à la mobilisation ! »
Romain Gentil : « Grenoble doit rester ancrée à gauche »
Après l’échec d’une fusion avec la liste Oui Grenoble, Romain Gentil, passé à côté d’une qualification au second tour pour trois petites voix, avait promis de donner ses consignes de vote en fin de semaine. Le candidat soutenu par Place publique, le PRG et Équinoxe l’a fait ce jeudi 19 mars. « Le 22 mars, l’enjeu doit dépasser les divergences de pratiques, indique-t-il. Dans l’isoloir dimanche une seule question à se poser : “est-ce que l’on veut d’Alain Carignon comme maire de Grenoble ?” Pour “Grenoble capitale citoyenne”, la réponse est claire : c’est non. C’est pourquoi nous invitons toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans les valeurs que nous avons portées, une ville solidaire, écologiste et démocratique, à se mobiliser dimanche pour voter “Oui Grenoble”. »
Romain Gentil refuse de « laisser les finances de la ville à une droite affairiste et discréditée », ainsi que « la destruction des services publics qui sera la conséquence des coupes budgétaires proposées par Alain Carignon. Nous refusons de laisser la question de la sécurité être instrumentalisée à des fins électoralistes, au détriment de réponses justes et efficaces », ajoute-t-il. Avant de lancer, en vue du second tour : « Grenoble doit rester ancrée à gauche ».


