Grenoble. Une centaine de manifestants devant le BHV pour exiger le départ de Shein
Par Manuel Pavard
/

« Faisons reculer Shein et son monde ». Tel était le mot d’ordre de l’appel lancé conjointement par plusieurs organisations de jeunesse (Jeunes écolos, Jeunes communistes, Jeunes socialistes, Jeunes Génération.s), syndicats étudiants (Coordination étudiante Grenoble, l’Ourse — Sciences Po Grenoble), associations et collectifs (Alternatiba, Extinction Rébellion, Résistance à l’agression publicitaire, Attac). Appel auquel ont répondu une centaine de manifestants, réunis ce samedi 28 février devant le BHV de Grenoble.

Malgré une mobilisation massive — avec une pétition signée par près de 10 000 personnes — et une intense polémique nationale, Shein a finalement ouvert ses portes à Grenoble mercredi 25 février, avec trois mois de retard sur la date envisagée initialement. D’où le rassemblement visant un double objectif, indiquent les organisateurs dans leur communiqué commun : « exiger son départ et dénoncer le système destructeur que Shein représente ».
« Shein n’est pas juste une boutique »
En pleine phase d’expansion, le géant chinois de l’ultra fast-fashion et de la vente en ligne vient d’ouvrir des boutiques dans cinq BHV en France (à Limoges, Angers, Dijon, Reims et donc Grenoble). Ce, trois mois et demi après l’arrivée, le 5 novembre dernier, à Paris, de la première enseigne physique Shein du monde.

Mais « Shein n’est pas juste une boutique », soulignent les co-signataires. « C’est un modèle global qui exploite les travailleuses et travailleurs, pollue massivement et fragilise nos commerces. » Et de fustiger, pêle-mêle, « le travail forcé des Ouïghours, le travail d’enfants, des journées de 18 heures » ainsi que les « millions de tonnes de vêtements produits pour être portés juste quelques fois avant d’être jetés ». Sans oublier « des matières synthétiques issues du pétrole, impossibles à recycler et bourrées de microplastiques et de substances toxiques ».
Ne pas stigmatiser les clients de Shein
Pas question toutefois de se tromper de cible, pour les militants, qui refusent de stigmatiser et culpabiliser les clients. « La véritable responsabilité de ce système […] ne peut en aucun cas être imputée aux plus précaires, affirment-ils. Ce ne sont pas celles et ceux qui consomment pour se vêtir qui portent la responsabilité mais bien entièrement Shein, le BHV qui l’accueille, et le système économique et politique qui le nourrit et l’encourage. »

Les organisateurs évoquent en outre les « alternatives » existant déjà à Grenoble, à savoir « friperies, ressourceries et commerces locaux engagés ». Ce qui montre, selon eux, « qu’un autre modèle est possible, basé sur le respect des personnes et de l’environnement ». Un combat que les manifestants entendent bien poursuivre, avec d’autres actions en vue dans les prochaines semaines.


