Solidarité avec les Kurdes du Nord-Est de la Syrie, le Rojava

Par Maryvonne Mathéoud

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Mazdak Kafai militant NPA-A et militant iranien.
Ce samedi 7 février rue Félix Poulat à Grenoble l’Association iséroise des amis des kurdes (Aiak) appelait à manifester pour soutenir les Kurdes du Rojava et leur projet de société, démocratique et multiculturelle, féministe, écologiste. Ce projet peut être une inspiration pour construire la paix dans tout le Moyen Orient. Avec le soutien de : AFPS, Algérie au Coeur Isère, la Libre Pensée 38, Ligue de défense des droits de l’Homme Iran, Mouvement de la Paix Isère, Nil Isère, UJFP 38, UD-CGT Isère, FSU 38, Solidaires 38, Solidaires étudiantEs Grenoble, La France Insoumise Grenoble, NPA L’Anticapitaliste, PCF Isère, Réseau Coopératif de Gauche Alternative, UCL (union communiste libertaire), Young Struggle.

En décembre 2024, Ahmed al-Cha­raa, à la tête du groupe dji­ha­diste Hayat Tah­rir al- Cham (HTC), s’est empa­ré du pou­voir à Damas. Depuis lors, ce groupe et les forces qui lui sont asso­ciées mul­ti­plient les agres­sions meur­trières contre les popu­la­tions kurdes, druzes et alaouites.

Le 6 jan­vier 2025 était lan­cé une vaste offen­sive sur les quar­tiers kurdes d’Alep, avant de s’étendre aux régions pla­cées sous leur admi­nis­tra­tion auto­nome. La Tur­quie joue un rôle majeur dans cette agres­sion par son sou­tien poli­tique, mili­taire et logis­tique.

Cette agres­sion contre les Kurdes a été ren­due pos­sible par l’accord de Paris du 6 jan­vier 2026 entre les États Unis, Israël et la Syrie, où Washing­ton a déli­bé­ré­ment aban­don­né les Kurdes. 

Kobane est res­tée le sym­bole de la pre­mière vic­toire des forces kurdes contre les jiha­distes du groupe Etat isla­mique en 2015.

Le droit, la jus­tice et la digni­té sont du côté des Kurdes. Leur vic­toire sur Daesh, l’expérience démo­cra­tique, fémi­niste et mul­ti­cul­tu­relle du Roja­va sus­citent une grande admi­ra­tion dans le monde entier. Dans cette région de Syrie, toutes les per­sonnes vivent à éga­li­té de droits, quelle que que soit leur appar­te­nance cultu­relle, lin­guis­tique ou reli­gieuse. C’est une expé­rience unique au Moyen Orient, un espoir pour l’avenir qu’il faut pro­té­ger.

Un accord entre les Forces démo­cra­tiques syriennes (FDS) et le gou­ver­ne­ment syrien a été ren­du public le 30 jan­vier 2026. Cet accord peut per­mettre d’éviter de nou­velles effu­sions de sang et d’ouvrir la voie à une sta­bi­li­sa­tion durable de la région. Cet accord consti­tue une avan­cée poli­tique signi­fi­ca­tive, en ce qu’il recon­naît impli­ci­te­ment l’existence du peuple kurde en Syrie et la néces­si­té de trai­ter ses droits dans un cadre poli­tique. Tou­te­fois, cette avan­cée demeure fra­gile et ne sau­rait être consi­dé­rée comme défi­ni­ti­ve­ment acquise.

La soli­da­ri­té inter­na­tio­na­liste envers les Kurdes est plus que jamais néces­saire.

Les dif­fé­rentes orga­ni­sa­tions appellent les auto­ri­tés fran­çaises et euro­péennes à :

  • agir diplo­ma­ti­que­ment pour le res­pect de l’accord inter­ve­nu entre les Kurdes et le pou­voir Syrien ;
  • condi­tion­ner aux res­pect des droits des peuples de Syrie l’aide de 620 mil­lions d’€ faite par la pré­si­dente de l’Union Euro­péenne, Ursu­la von der Leyen le 6 jan­vier 2026 lors de son voyage à Damas ;
  • œuvrer acti­ve­ment, dans les enceintes inter­na­tio­nales, à une solu­tion poli­tique fon­dée sur le dia­logue, le res­pect des droits des peuples et la pro­tec­tion des popu­la­tions civiles ;

En Tur­quie le convoi d’aide pour Kobane blo­qué par les auto­ri­tés turques. Mer­cre­di 4 février un convoi d’aides col­lec­tées par la pla­te­forme de soli­da­ri­té des Kurdes de Tur­quie avec la popu­la­tion de Kobane, ville à majo­ri­té kurde du Nord de la Syrie, a été inter­dit de pas­sage et ren­voyé par les auto­ri­tés turques à Diyar­ba­kir, ont annon­cé les orga­ni­sa­teurs.

Ras­sem­ble­ment same­di 7 février, à l’ap­pel d’Aiak.

Vingt-cinq camions conte­nant de l’eau, du lait, des pré­pa­ra­tions pour nour­ris­sons et des cou­ver­tures étaient par­tis same­di de Diyar­ba­kir, grande ville à majo­ri­té kurde du Sud-Est de la Tur­quie.

« Mal­gré toutes les démarches, leur pas­sage vers Kobane n’a pas été auto­ri­sé », a annon­cé la Pla­te­forme de pro­tec­tion et de soli­da­ri­té de la ville de Diyar­ba­kir.

Les camions ont été blo­qués au poste-fron­tière de Suruç, qui fait face à Kobane, mais les orga­ni­sa­teurs avaient pen­sé obte­nir l’au­to­ri­sa­tion de tra­ver­ser une cen­taine de km plus loin à Araz, ont-ils expli­qué.

« Cepen­dant, la délé­ga­tion n’ayant pas non plus obte­nu l’au­to­ri­sa­tion, les camions sont ren­trés à Diyar­ba­kir », pré­cisent-ils mer­cre­di.

La ville de Kobane est res­tée le sym­bole de la pre­mière vic­toire des forces kurdes contre les jiha­distes du groupe Etat isla­mique en 2015.

Agres­sions contre les Kurdes, répres­sion en Iran, géno­cide à Gaza, attaques contre les mino­ri­tés en Syrie et en Iran : les peuples du Moyen-Orient ont déjà trop souf­fert des guerres et des vio­lences poli­tiques. La situa­tion est désas­treuse pour les peuples du Moyen-Orient.

Au Moyen Orient comme dans le reste du monde, le droit inter­na­tio­nal, qui inclut la pro­tec­tion des droits humains et le droit à l’autodétermination des peuples doit être res­pec­té.

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