Bourse du travail de Grenoble : les syndicats interpellent les candidats aux municipales

Par Manuel Pavard

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Les représentants des organisations syndicales présentes, lundi 2 février, devant la fresque rénovée d'Ernest Pignon Ernest, sur le mur de la bourse du travail de Grenoble.
Les syndicats CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU et Solidaires ont interpellé les candidats aux élections municipales lors d'une conférence de presse commune, ce lundi 2 février, sur la situation et l'avenir de la bourse du travail de Grenoble. L'occasion de présenter leur cahier d'acteurs regroupant leurs propositions pour la rénovation et la valorisation du lieu.

L’an­née pro­chaine, la bourse du tra­vail de Gre­noble fête­ra ses cin­quante ans d’exis­tence. Elle a en effet été créée et inau­gu­rée en 1977 par la muni­ci­pa­li­té Dube­dout, pour rem­pla­cer les locaux situés rue Berthe de Bois­sieux, deve­nus inadap­tés. Mais un demi-siècle plus tard, le bâti­ment de l’a­ve­nue de l’Eu­rope, bor­dant le quar­tier de la Vil­le­neuve, a clai­re­ment « besoin d’un cer­tain rafraî­chis­se­ment pour répondre aux attentes des syn­di­cats mais aus­si pour accueillir du public dans de bonnes condi­tions. Et pour répondre aux nou­veaux besoins issus de la modi­fi­ca­tion du pari­ta­risme, de l’é­vo­lu­tion du monde et des enjeux cli­ma­tiques », explique Nico­las Benoit.

Le secré­taire géné­ral de la CGT Isère s’ex­pri­mait lors d’une confé­rence de presse réunis­sant l’en­semble des orga­ni­sa­tions syn­di­cales uti­li­sa­trices des lieux (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU et Soli­daires), lun­di 2 février. Objec­tif : pro­fi­ter des élec­tions muni­ci­pales à venir pour inter­pel­ler les can­di­dats sur ce dos­sier. Ceci, en leur pré­sen­tant le cahier d’ac­teurs pour la réno­va­tion de la bourse du tra­vail, conçu col­lec­ti­ve­ment par l’in­ter­syn­di­cale.

« Une vraie passoire thermique »

« Depuis quelques années, on constate les dif­fi­cul­tés d’un débat apai­sé avec les dif­fé­rents acteurs que sont la ville de Gre­noble, la métro­pole et le dépar­te­ment », déplore Nico­las Benoit, regret­tant que les syn­di­cats « paient les pots cas­sés » des dis­sen­sions poli­tiques entre ces col­lec­ti­vi­tés. Sans comp­ter la volon­té de désen­ga­ge­ment du dépar­te­ment de l’I­sère — la bourse du tra­vail ayant la par­ti­cu­la­ri­té d’être un bâti­ment com­mu­nal rece­vant des gens venus de tout le dépar­te­ment. Pour­tant, le res­pon­sable de l’UD CGT en est convain­cu, « ce qui pu être fait il y a cin­quante ans par le cou­rage de la muni­ci­pa­li­té de l’époque peut être fait à nou­veau ».

Le bâti­ment, mal iso­lé et non entre­te­nu depuis 50 ans, a besoin d’une sérieuse réno­va­tion.

Pour les repré­sen­tants syn­di­caux, il y a urgence tant les pro­blèmes s’ac­cu­mulent, à l’i­mage de l’i­so­la­tion d’un bâti­ment qui « n’a jamais été entre­te­nu depuis sa construc­tion », sou­ligne Phi­lippe Beau­fort (FO). En clair, « c’est une vraie pas­soire ther­mique : on a très chaud l’é­té et froid l’hi­ver ! » Aujourd’­hui, « l’état du bâti et des com­muns, l’accessibilité, la per­for­mance éner­gé­tique, les condi­tions d’accueil du public et les condi­tions de tra­vail des équipes ne sont plus au niveau atten­du pour un ser­vice de proxi­mi­té aux tra­vailleurs », constatent les syn­di­cats, una­nimes.

Un programme pluriannuel de rénovation et valorisation

Ces der­niers demandent donc l’ins­crip­tion, dès le man­dat muni­ci­pal 2026–2032, d’un pro­gramme plu­ri­an­nuel de réno­va­tion et de valo­ri­sa­tion de la bourse du tra­vail. Condi­tion sine qua non pour que celle-ci puisse assu­rer l’en­semble de ses mis­sions : accueil, infor­ma­tion et accom­pa­gne­ment des sala­riés, for­ma­tion syn­di­cale pour les adhé­rents, défense prud’­ho­male…

Les pro­po­si­tions regrou­pées dans le cahier d’ac­teurs sont décli­nées en trois phases. La pre­mière (2026–2027) — la plus urgente — com­prend « diag­nos­tic tech­nique, mise en sécu­ri­té, remise à niveau élec­trique, réno­va­tion des sanitaires/PMR, trai­te­ment des accès et de la dalle », détaille Ber­nard Cruz (CFE-CGC). Seconde phase (2026–2030), la conso­li­da­tion : il s’a­git de « la réno­va­tion ther­mique (iso­la­tion, pro­tec­tions solaires), la moder­ni­sa­tion des éclai­rages, équi­pe­ments numé­riques et audio­vi­suels, l’i­so­la­tion acous­tique », pour­suit-il. Enfin, une der­nière séquence (2030–2032) de valo­ri­sa­tion visant à la « créa­tion d’un amphi­théâtre, de salles com­plé­men­taires, d’une salle d’ex­po­si­tion ».

Réunion quadripartite et comité de pilotage

Quid du mon­tant et du finan­ce­ment ? « On ne peut rien chif­frer à ce stade », répond Nico­las Benoit, concé­dant tou­te­fois qu’un tel pro­jet impli­que­ra « un inves­tis­se­ment mas­sif ». Mais il fau­dra d’a­bord réa­li­ser une pre­mière étude et beau­coup de para­mètres sont à prendre en compte, de la volon­té de la future muni­ci­pa­li­té aux déci­sions des exé­cu­tifs métro­po­li­tain et dépar­te­men­tal. L’in­ter­syn­di­cale sou­haite d’ailleurs être asso­ciée à une réunion qua­dri­par­tite avec ces trois col­lec­ti­vi­tés.

Dans un pre­mier temps, les syn­di­cats demandent déjà aux can­di­dats aux muni­ci­pales de prendre trois enga­ge­ments, dans le cadre de la cam­pagne :

  • Ins­crire au pro­gramme de man­dat un plan plu­ri­an­nuel de réno­va­tion et de mise aux normes de la bourse du tra­vail, assor­ti d’un calen­drier et d’une enve­loppe bud­gé­taire.
  • Ins­tal­ler dès 2026 une ins­tance de pilo­tage et de concer­ta­tion avec les orga­ni­sa­tions syn­di­cales signa­taires, pour conduire un diag­nos­tic par­ta­gé, prio­ri­ser les tra­vaux et assu­rer la conti­nui­té d’activité.
  • Ren­for­cer la visi­bi­li­té et l’accessibilité de la bourse du tra­vail comme lieu d’accueil du public et de démo­cra­tie sociale (signa­lé­tique, accès, numé­rique, sécu­ri­té), en cohé­rence avec les pro­jets urbains du sec­teur.

Pour le reste, Nico­las Benoit sou­hai­te­rait que la bourse du tra­vail s’in­tègre plei­ne­ment, à terme, dans le pro­jet Gran­dAlpe, avec une réno­va­tion totale du site, une dalle végé­ta­li­sée… Quant à l’op­tion d’une relo­ca­li­sa­tion — à envi­sa­ger si l’état du bâti ou les contraintes d’exploitation rendent la réno­va­tion non sou­te­nable -, celle-ci n’est pas tota­le­ment exclue mais n’est pas le scé­na­rio pri­vi­lé­gié par les orga­ni­sa­tions syn­di­cales. Aux can­di­dats de se pro­non­cer main­te­nant.

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