Grenoble. Le ras-le-bol des fonctionnaires

Par Maryvonne Mathéoud

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Entre 150 et 200 agents de la fonction publique se sont rassemblés entre 12h et 14h, sur la place de Verdun, jeudi 3 avril.
Ce jeudi 3 avril, un rassemblement des fonctionnaires avait lieu devant la préfecture de l’Isère, dans le cadre d'une journée nationale de mobilisation. Réunis à l'appel de l'intersyndicale (CGT, FSU, Solidaires, UNSA), les salariés du secteur public sont venus dénoncer les dernières mesures gouvernementales.

« Après un jour de carence, le vol des congés avec le pas­sage aux 1607 heures, le vote de la loi hon­teuse sur la retraite à 64 ans, le Pre­mier ministre décide de punir les agents malades », expose Bet­ty Demange, élue CGT. En effet, à par­tir du 1er mars, les agents qui sont malades voient leurs rému­né­ra­tions ampu­tées de 10 %.

Bet­ty Demange (CGT) s’in­surge de la puni­tion infli­gée aux agents en arrêt mala­die.

C’en est trop ! Pour­tant, ils étaient 5 000 à Gre­noble lors de la jour­née du 5 décembre 2024, 3 000 à Lyon pour défendre les retraites et la Sécu­ri­té sociale et 800 à Gre­noble le 1er avril mobi­li­sés contre la dimi­nu­tion de rému­né­ra­tion en cas d’arrêt mala­die. « Ils s’en mettent plein les poches, sans ver­gogne » , dénonce Manue Pau­thier, de la FSU.

Baisse de rémunération en cas d’arrêt maladie

« Faites l’ad­di­tion », men­tionne-t-elle. « 157 mil­liards d’eu­ros de dépenses de l’É­tat en aides aux entre­prises plus 80 mil­liards de pertes en éva­sion fis­cale plus 16 mil­liards de baisse d’im­pôts en faveur des plus riches… Cela donne 253 mil­liards d’eu­ros qui ne pro­fitent pas au plus grand nombre de citoyens et citoyennes (exer­cice de cal­cul men­tal, chiffres Oxfam ) ! » 

Les fonc­tion­naires se sont une nou­velle fois mobi­li­sés contre la casse des ser­vices publics.

Et ce n’est pas tout, sou­ligne la repré­sen­tante FSU : « Paral­lè­le­ment, les salaires et pen­sions des fonc­tion­naires stag­nent. Le « pognon de dingue » ne doit pas pro­fi­ter aux mul­ti­na­tio­nales et aux mar­chés finan­ciers. Il doit être inves­ti dans les ser­vices publics, seuls garants de l’é­ga­li­té entre les citoyens et citoyennes, seuls garants pour affron­ter les crises que nous devons tra­ver­ser : crises sociales, crises envi­ron­ne­men­tales et éco­lo­giques », ren­ché­rit Manue Pau­thier.

Manue Pau­thier (FSU) a livré un long plai­doyer contre l’é­va­sion fis­cale et les cadeaux envers les plus riches.

Les mani­fes­tants dénoncent et com­battent les dis­cours men­son­gers, aux relents popu­listes qui visent à por­ter un coup fatal à la fonc­tion publique et aux ser­vices publics et qui font le lit de l’ex­trême droite. « Les ser­vices publics font la soli­da­ri­té. Ils sont le patri­moine de celles et ceux qui n’ont rien. Nous allons fêter les 80 ans de la Sécu : fai­sons hon­neur à nos pré­dé­ces­seurs ! Ne lais­sons pas mas­sa­crer les ser­vices publics », pour­suit la syn­di­ca­liste FSU.

Les profs du collège Louis-Lumière en grève contre un « management toxique »

Odile Bourde, repré­sen­tante UNSA, fus­tige, elle, les poli­tiques gou­ver­ne­men­tales suc­ces­sives désas­treuses, qui affai­blissent la mis­sion des ensei­gnants. Illus­tra­tion : Léo Tes­nier, pro­fes­seur au col­lège Louis-Lumière d’É­chi­rolles, relate « un mana­ge­ment toxique et auto­ri­taire qui engendre de la souf­france au tra­vail ».

Odile Bourde (UNSA) tire à bou­lets rouges sur les mesures gou­ver­ne­men­tales dans l’é­du­ca­tion.

Depuis le 17 mars, 80 % des ensei­gnants titu­laires sont en grève dans l’é­ta­blis­se­ment échi­rol­lois, pour deman­der un chan­ge­ment de direc­tion. Selon eux, « la direc­tion de l’établissement a ren­du toute com­mu­ni­ca­tion impos­sible ». Ils dénoncent « une dégra­da­tion sans pré­cé­dent des condi­tions de tra­vail ». Ce qui aurait entraî­né les départs de plu­sieurs membres du per­son­nel.

Léo Tes­nier, prof au col­lège Louis Lumière (CGT), évoque les méthodes auto­ri­taires de la direc­tion et l’ab­sence de dia­logue avec le per­son­nel.

Les ensei­gnants du col­lège Louis-Lumière se sont donc ras­sem­blés le 24 mars devant le rec­to­rat pour faire part de leur sen­ti­ment d’abandon. Des per­son­nels du col­lège Édouard-Vaillant, de Saint-Martin‑d’Hères, se sont quant à eux mis en grève car ils redoutent le gel des affec­ta­tions en sec­tion d’enseignement géné­ral et pro­fes­sion­nel adap­té (Seg­pa). Des mou­ve­ments qui dénotent tous du pro­fond malaise régnant dans la pro­fes­sion.

Les ensei­gnants du col­lège Louis-Lumière d’É­chi­rolles sont en grève depuis plus de trois semaines main­te­nant.
Les agents de la fonc­tion publique dénoncent leurs condi­tions de tra­vail et les réper­cus­sions sur la qua­li­té du ser­vice public.

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