Bourgoin-Jallieu. Rassemblement en mémoire de Lyhanna
Par Didier Gosselin
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Les Berjalliennes et Berjalliens sont venus en nombre devant le palais de justice exprimer tout à la fois leur solidarité, leur colère et leur détermination suite au meurtre de Lyhanna, lequel a mis en évidence à quel point le fonctionnement du système judiciaire était attaqué par les politiques d’austérité.
« Aujourd’hui, nous sommes réunies devant un palais de justice. Mais nous pourrions aussi nous rassembler devant un commissariat, une gendarmerie ou une préfecture » a déclaré Stella Brunet du collectif Féministes berjalliennes. « Nous voilà ici, pour Lyhanna, ses parents et toutes celles et ceux qui l’aimaient. Aujourd’hui, nous voulons exprimer la douleur immense qui nous traverse. Notre colère aussi est immense car cet infanticide n’aurait jamais dû se produire. La police, la gendarmerie et la justice auraient dû faire leur travail. Le gouvernement n’a pas pris ses responsabilités. L’Assemblée nationale n’a pas daigné se pencher sur ce sujet. Pourtant, une loi intégrale contre les violences sexuelles contre les enfants et les femmes attend d’être examinée à l’assemblée nationale » a insisté, avec force et dignité, Stella Brunet.

Gabrielle, de l’association La phrase qui tue, a rappelé que « chaque année 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles ou violé.e.s soit 483 par jour, un enfant sur dix donc trois par classe. Parmi elles et eux, plusieurs enfants ont porté plainte contre Jérome Barella mais notre pays ne les a pas protégés. En toute impunité, cet homme, le père de sa meilleure amie, s’est senti autorisé à tuer une enfant de 11 ans, Lyhanna ». Et la militante féministe de souligner que Lyhanna « aurait dû devenir une femme » et que « son meurtre constitue le 67° féminicide de l’année 2026 ».
« Nous ne pouvons plus nous taire »
« Nous ne pouvons plus nous taire », a‑t-elle poursuivi, « nous ne pouvons plus minimiser, nous ne pouvons pas ignorer : cela se passe aussi près de chez nous ».

Dans un communiqué de la Fondation des femmes, lu lors de ce rassemblement, c’est une « défaillance systémique des institutions » qui est dénoncée. « En France, il y a deux fois moins de juges et quatre fois moins de procureurs que la moyenne européenne. 94% des plaintes pour viol sont classées sans suite, la plupart du temps parce qu’aucune enquête n’est menée, faute de moyens et de volonté ». La Fondation des femmes exige une loi intégrale contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants, financée, et qui comprenne la prévention, la justice et la réparation !
« En France, il y a deux fois moins de juges et quatre fois moins de procureurs que la moyenne européenne. »
La mise en œuvre de cette loi, portée par 130 associations féministes et enfantistes et par 114 parlementaires, nécessiterait un investissement de 2,6 milliards d’euros annuel. Un chiffre à mettre en regard des 9 milliards d’aide militaire de la France à l’Ukraine, des 36 milliards supplémentaires qui viennent d’être attribués à la loi de programmation militaire, des 80 milliards d’évasion ou d’optimisation fiscale, des 211 milliards d’aides publiques aux entreprises sans contreparties, etc.
Il s’agit donc bien de choix politiques et financiers. Ceux de Macron visent à mettre la France et les services publics au pas selon les exigences du capital. D’autres choix sont possibles et nécessaires pour accroître les dépenses publiques, pour embaucher et former en s’en donnant les moyens financiers, afin de développer le pays, d’avoir des services publics à la hauteur et de vivre toutes et tous mieux.



