Bourgoin-Jallieu. Rassemblement en mémoire de Lyhanna

Par Didier Gosselin

/

Image principale
Rassemblement devant le Palais de justice de Bourgoin-Jallieu.
Près de 300 personnes se sont retrouvées lundi 8 juin, à 19 heures, devant le palais de justice de Bourgoin-Jallieu, pour manifester leur solidarité avec la famille de Lyhanna, ainsi que leur colère contre cet infanticide qui n’aurait jamais dû se produire. Les intervenantes ont dénoncé une véritable défaillance institutionnelle et politique.

Les Ber­jal­liennes et Ber­jal­liens sont venus en nombre devant le palais de jus­tice expri­mer tout à la fois leur soli­da­ri­té, leur colère et leur déter­mi­na­tion suite au meurtre de Lyhan­na, lequel a mis en évi­dence à quel point le fonc­tion­ne­ment du sys­tème judi­ciaire était atta­qué par les poli­tiques d’austérité.

« Aujourd’hui, nous sommes réunies devant un palais de jus­tice. Mais nous pour­rions aus­si nous ras­sem­bler devant un com­mis­sa­riat, une gen­dar­me­rie ou une pré­fec­ture » a décla­ré Stel­la Bru­net du col­lec­tif Fémi­nistes ber­jal­liennes. « Nous voi­là ici, pour Lyhan­na, ses parents et toutes celles et ceux qui l’aimaient. Aujourd’hui, nous vou­lons expri­mer la dou­leur immense qui nous tra­verse. Notre colère aus­si est immense car cet infan­ti­cide n’aurait jamais dû se pro­duire. La police, la gen­dar­me­rie et la jus­tice auraient dû faire leur tra­vail. Le gou­ver­ne­ment n’a pas pris ses res­pon­sa­bi­li­tés. L’Assemblée natio­nale n’a pas dai­gné se pen­cher sur ce sujet. Pour­tant, une loi inté­grale contre les vio­lences sexuelles contre les enfants et les femmes attend d’être exa­mi­née à l’assemblée natio­nale » a insis­té, avec force et digni­té, Stel­la Bru­net.

Les inter­ve­nantes à l’is­sue du ras­sem­ble­ment. Au centre, Stel­la Bru­net, co-fon­da­trice, avec sa sœur Ophé­lie, du col­lec­tif Fémi­nistes ber­jal­liennes

Gabrielle, de l’association La phrase qui tue, a rap­pe­lé que « chaque année 160 000 enfants sont vic­times de vio­lences sexuelles ou violé.e.s soit 483 par jour, un enfant sur dix donc trois par classe. Par­mi elles et eux, plu­sieurs enfants ont por­té plainte contre Jérome Barel­la mais notre pays ne les a pas pro­té­gés. En toute impu­ni­té, cet homme, le père de sa meilleure amie, s’est sen­ti auto­ri­sé à tuer une enfant de 11 ans, Lyhan­na ». Et la mili­tante fémi­niste de sou­li­gner que Lyhan­na « aurait dû deve­nir une femme » et que « son meurtre consti­tue le 67° fémi­ni­cide de l’année 2026 ».

« Nous ne pouvons plus nous taire »

« Nous ne pou­vons plus nous taire », a‑t-elle pour­sui­vi, « nous ne pou­vons plus mini­mi­ser, nous ne pou­vons pas igno­rer : cela se passe aus­si près de chez nous ».

Dans un com­mu­ni­qué de la Fon­da­tion des femmes, lu lors de ce ras­sem­ble­ment, c’est une « défaillance sys­té­mique des ins­ti­tu­tions » qui est dénon­cée. « En France, il y a deux fois moins de juges et quatre fois moins de pro­cu­reurs que la moyenne euro­péenne. 94% des plaintes pour viol sont clas­sées sans suite, la plu­part du temps parce qu’aucune enquête n’est menée, faute de moyens et de volon­té ». La Fon­da­tion des femmes exige une loi inté­grale contre les vio­lences sexuelles faites aux femmes et aux enfants, finan­cée, et qui com­prenne la pré­ven­tion, la jus­tice et la répa­ra­tion !

« En France, il y a deux fois moins de juges et quatre fois moins de pro­cu­reurs que la moyenne euro­péenne. »

La mise en œuvre de cette loi, por­tée par 130 asso­cia­tions fémi­nistes et enfan­tistes et par 114 par­le­men­taires, néces­si­te­rait un inves­tis­se­ment de 2,6 mil­liards d’euros annuel. Un chiffre à mettre en regard des 9 mil­liards d’aide mili­taire de la France à l’Ukraine, des 36 mil­liards sup­plé­men­taires qui viennent d’être attri­bués à la loi de pro­gram­ma­tion mili­taire, des 80 mil­liards d’évasion ou d’optimisation fis­cale, des 211 mil­liards d’aides publiques aux entre­prises sans contre­par­ties, etc.

Il s’agit donc bien de choix poli­tiques et finan­ciers. Ceux de Macron visent à mettre la France et les ser­vices publics au pas selon les exi­gences du capi­tal. D’autres choix sont pos­sibles et néces­saires pour accroître les dépenses publiques, pour embau­cher et for­mer en s’en don­nant les moyens finan­ciers, afin de déve­lop­per le pays, d’a­voir des ser­vices publics à la hau­teur et de vivre toutes et tous mieux.

La pluie n’a pas décou­ra­gé, ni dis­per­sé les manifestant·es…

Partager cet article

Avant de partir

Votre soutien compte pour nous

Le Travailleur alpin vit depuis 1928 grâce à l’engagement de ses lecteurs. Aujourd’hui encore, ce média propose un autre regard sur vos espoirs, vos luttes, vos aspirations. Une voix unique dans la presse d’information départementale.

Pour protéger l’indépendance du Travailleur alpin, assurer son développement, vos dons nous sont précieux – nous assurons leur traitement en partenariat avec la fondation l’Humanité en partage.

Merci d’avance.

Faire un don défiscalisé maintenant

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *