Municipales à Grenoble. Laurence Ruffin et Alain Carignon au coude-à-coude
Par Manuel Pavard
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Le suspense aura duré toute la soirée, les deux candidats restant au coude-à-coude au fil du (très long) dépouillement des bureaux de vote grenoblois. Le résultat de ce premier tour n’a finalement été officialisé qu’après 1 heure du matin, dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 mars. Et comme on le pressentait depuis un bon moment, Laurence Ruffin et Alain Carignon arrivent dans un mouchoir de poche, séparés de moins d’un point. C’est la tête de liste LR qui termine légèrement en tête, avec 27,04 % des voix, contre 26,33 % pour la candidate de l’union de la gauche écologiste et citoyenne.

Derrière les deux favoris, l’inconnue résidait dans le nombre de candidats à même de franchir la barre des 10 % et d’arbitrer le duel annoncé. En attendant les résultats des discussions et tractations, et d’éventuels désistements, fusions ou alliances, deux d’entre eux sont également en mesure de se maintenir, dessinant une potentielle quadrangulaire au second tour. Allan Brunon (LFI) récolte ainsi 14,59 % des suffrages tandis que Romain Gentil (divers gauche, soutenu par Place publique) atteint tout juste la barre des 10 %.
Alain Carignon a, semble-t-il, bénéficié d’une forme de « vote utile » à droite, au détriment d’Hervé Gerbi (Horizons) et de Valentin Gabriac (RN), crédités respectivement de 9,63 % et 5,20 %. Petit déception également — à un degré moindre — pour la liste du Grenoble Alpes collectif, menée par Thomas Simon, qui frôle les 5 % donnant droit au remboursement des frais de campagne (4,98 %). Enfin, Baptiste Anglade (NPA‑R) obtient 1,38 %, Catherine Brun (LO) 0,67 %, et Geneviève Krzyzak (PT) 0,17 %.
Mobiliser et rassembler les forces progressistes
Quid maintenant du second tour ? D’un côté comme de l’autre, les négociations vont aller bon train dans les prochaines heures. Mais le « danger Carignon », longtemps abstrait, est bel et bien présent aujourd’hui. Pour Laurence Ruffin, le défi est donc double. La gauche doit non seulement mobiliser et remobiliser ses électeurs et les abstentionnistes, tout en rassemblant les forces progressistes. Équation difficile…
Mais c’est à ce prix que la liste d’union de la gauche pourra appliquer son projet de justice sociale et écologique. Et éviter le retour aux affaires de la droite et de l’ancien maire condamné pour corruption, dont le programme est « dangereux pour Grenoble », alertait le PCF Grenoble avant le premier tour.


