Saint-Martin‑d’Hères. « Je me sens légitime »
Par Luc Renaud
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« Je me sens légitime, comme jeune femme, à faire ma place. » Iseult Brenier n’y va pas par quatre chemin. Tout comme elle n’a pas hésité à demander un rendez-vous à David Queiros – en juin de l’année dernière – avec une proposition en mains, celle d’être candidate pour les élections des 15 et 22 mars prochains. C’est chose faite : Iseult Brenier est candidate en dixième position sur la liste du maire de Saint-Martin‑d’Hères.
Les retraites, en 2023
Cette volonté de s’engager ne vient pas de nulle part.« J’ai commencé à militer pendant ma première année de fac, pour défendre les retraites. » C’était lors du deuxième mouvement, en 2023, elle avait 19 ans. Militante sur le campus, puis un passage par Erasmus, à Istanbul. « Ca m’a donné l’occasion de voir d’un peu plus haut ce qui se passe sur la planète, et ça ne fait pas envie, on ne voit pas vraiment ce qu’on peut faire avec un résultat rapide ; du coup, explique-t-elle,j’ai pensé que le mieux serait l’engagement local, pour un aboutissement concret plus rapide », s’excuse-t-elle presque.
C’est cette possibilité d’agir qu’elle trouve à Saint-Martin‑d’Hères, dans une ville « qui a une histoire particulière, un héritage social ; on y vit pas comme ailleurs » et des valeurs qu’elle partage avec David Queiros et ses co-listiers – tout en n’ayant pas de carte d’un parti politique en poche. Et puis, elle est un peu tombée dedans petite : sa grand-mère était adjointe communiste de René Proby et son père et président d’une communauté de communes dans le Nord Isère : « J’ai grandi dans les débats politiques et les projets locaux. »
Des militants qui se connaissent souvent depuis très longtemps
Aujourd’hui, Iseult Brenier est pleinement investie dans la campagne électorale. Marchés, porte-à-porte… Même s’il n’est pas toujours facile de s’engager aux côtés de militants « qui se connaissent parfois depuis très longtemps », « moi qui arrive toute seule » dans un milieu « qui n’est pas forcément le plus ouvert ».
« Le porte-à-porte, au début, c’est un peu impressionnant, raconte-t-elle, mais les gens sont le plus souvent très contents d’habiter dans une commune avec ces services publics ; quand on rencontre une famille avec de jeunes enfants par exemple. » Il arrive que ce soit plus difficile, « quand il faut expliquer que ce n’est pas la ville qui a augmenté la taxe foncière, c’est l’État qui a augmenté les bases d’imposition ; c’est technique et c’est de toute façon une atteinte au pouvoir d’achat ».

Ses ambitions pour ce prochain mandat ? « Il faut d’abord être élu, une chose après l’autre », sourit-elle. Ce qui n’empêche pas de se projeter. « Ce serait bien une ville encore plus attractive pour les jeunes qui restent trop souvent dans le centre ville de Grenoble, en lien avec le campus. » Côté urbanisme, elle appelle de ses vœux la poursuite de la requalification de l’avenue Gabriel Péri, « Neyrpic, c’est très bien, ça nous permet d’aller plus loin dans les aménagements ».
Un mandat qu’elle conjuguera avec la fin de ses études – Iseult Brenier est étudiante à Sciences po en Master 1 de « management des collectivités territoriales » — puis une entrée dans la vie professionnelle. « Je ne sais pas vraiment vers quoi je me dirigerai, l’avantage de ma formation est qu’elle est assez généraliste, on verra et j’essaie de ne pas trop m’en faire. » Ce qui semble acquis, c’est qu’Iseult Brenier saura saisir la balle au bond.


