Solidarité avec les Kurdes du Nord-Est de la Syrie, le Rojava
Par Maryvonne Mathéoud
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En décembre 2024, Ahmed al-Charaa, à la tête du groupe djihadiste Hayat Tahrir al- Cham (HTC), s’est emparé du pouvoir à Damas. Depuis lors, ce groupe et les forces qui lui sont associées multiplient les agressions meurtrières contre les populations kurdes, druzes et alaouites.
Le 6 janvier 2025 était lancé une vaste offensive sur les quartiers kurdes d’Alep, avant de s’étendre aux régions placées sous leur administration autonome. La Turquie joue un rôle majeur dans cette agression par son soutien politique, militaire et logistique.
Cette agression contre les Kurdes a été rendue possible par l’accord de Paris du 6 janvier 2026 entre les États Unis, Israël et la Syrie, où Washington a délibérément abandonné les Kurdes.

Le droit, la justice et la dignité sont du côté des Kurdes. Leur victoire sur Daesh, l’expérience démocratique, féministe et multiculturelle du Rojava suscitent une grande admiration dans le monde entier. Dans cette région de Syrie, toutes les personnes vivent à égalité de droits, quelle que que soit leur appartenance culturelle, linguistique ou religieuse. C’est une expérience unique au Moyen Orient, un espoir pour l’avenir qu’il faut protéger.
Un accord entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement syrien a été rendu public le 30 janvier 2026. Cet accord peut permettre d’éviter de nouvelles effusions de sang et d’ouvrir la voie à une stabilisation durable de la région. Cet accord constitue une avancée politique significative, en ce qu’il reconnaît implicitement l’existence du peuple kurde en Syrie et la nécessité de traiter ses droits dans un cadre politique. Toutefois, cette avancée demeure fragile et ne saurait être considérée comme définitivement acquise.
La solidarité internationaliste envers les Kurdes est plus que jamais nécessaire.
Les différentes organisations appellent les autorités françaises et européennes à :
- agir diplomatiquement pour le respect de l’accord intervenu entre les Kurdes et le pouvoir Syrien ;
- conditionner aux respect des droits des peuples de Syrie l’aide de 620 millions d’€ faite par la présidente de l’Union Européenne, Ursula von der Leyen le 6 janvier 2026 lors de son voyage à Damas ;
- œuvrer activement, dans les enceintes internationales, à une solution politique fondée sur le dialogue, le respect des droits des peuples et la protection des populations civiles ;
En Turquie le convoi d’aide pour Kobane bloqué par les autorités turques. Mercredi 4 février un convoi d’aides collectées par la plateforme de solidarité des Kurdes de Turquie avec la population de Kobane, ville à majorité kurde du Nord de la Syrie, a été interdit de passage et renvoyé par les autorités turques à Diyarbakir, ont annoncé les organisateurs.

Vingt-cinq camions contenant de l’eau, du lait, des préparations pour nourrissons et des couvertures étaient partis samedi de Diyarbakir, grande ville à majorité kurde du Sud-Est de la Turquie.
« Malgré toutes les démarches, leur passage vers Kobane n’a pas été autorisé », a annoncé la Plateforme de protection et de solidarité de la ville de Diyarbakir.
Les camions ont été bloqués au poste-frontière de Suruç, qui fait face à Kobane, mais les organisateurs avaient pensé obtenir l’autorisation de traverser une centaine de km plus loin à Araz, ont-ils expliqué.
« Cependant, la délégation n’ayant pas non plus obtenu l’autorisation, les camions sont rentrés à Diyarbakir », précisent-ils mercredi.
La ville de Kobane est restée le symbole de la première victoire des forces kurdes contre les jihadistes du groupe Etat islamique en 2015.
Agressions contre les Kurdes, répression en Iran, génocide à Gaza, attaques contre les minorités en Syrie et en Iran : les peuples du Moyen-Orient ont déjà trop souffert des guerres et des violences politiques. La situation est désastreuse pour les peuples du Moyen-Orient.
Au Moyen Orient comme dans le reste du monde, le droit international, qui inclut la protection des droits humains et le droit à l’autodétermination des peuples doit être respecté.




