Université Grenoble Alpes. Les syndicats dénoncent les menaces de mort de l’UNI

Par Manuel Pavard

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Pour les syndicats étudiants et enseignants, la présidence de l'UGA doit "prendre ses responsabilités" et sanctionner l'UNI.
Les syndicats de l'Université Grenoble Alpes (Unef, UEG, Solidaires étudiant·e·s, CGT FERC Sup et FSU) dénoncent, dans un communiqué commun diffusé jeudi 5 février, l'agression et les menaces de mort proférées par un militant de l'UNI envers plusieurs étudiants, mardi 3 février, sur le campus de Saint-Martin-d'Hères. Pointant une série de violences et provocations restées impunies de la part du syndicat étudiant "de droite", ils demandent à la présidence de l'UGA de sévir. Et mettent en garde contre la tentative de l'extrême droite de s'implanter dans les facs.

Les faits sont sur­ve­nus mar­di 3 février, vers 11 heures. « Un mili­tant de l’UNI a agres­sé et mena­cé de mort plu­sieurs étudiant·es sur le cam­pus de Saint-Martin‑d’Hères, à proxi­mi­té de l’arrêt de tram Biblio­thèque uni­ver­si­taire », racontent les cinq syn­di­cats signa­taires du com­mu­ni­qué (Unef, UEG, Soli­daires, CGT, FSU). « Des menaces de mort et de viol, accom­pa­gnées d’insultes sexistes, ont été pro­fé­rées à plu­sieurs reprises, notam­ment à tra­vers des pro­pos tels que : ‘Je vais tous vous plan­ter, bande de salopes’. Plu­sieurs coups ont éga­le­ment été por­tés », ajoutent-ils.

Ce n’est mal­heu­reu­se­ment pas une pre­mière pour l’U­NI, à l’U­ni­ver­si­té Gre­noble Alpes (UGA) comme ailleurs. Le syn­di­cat « de droite » — mais à la proxi­mi­té avé­rée avec l’ex­trême droite — s’est en effet signa­lé récem­ment par de mul­tiples « polé­miques liées à des actes et pro­pos racistes par­ti­cu­liè­re­ment alar­mants : jeu de cartes anti­sé­mites, décla­ra­tions isla­mo­phobes ». Sans oublier une vidéo de son délé­gué natio­nal Mathis Gachon qui « révé­lait des saluts nazis », il y a quelques jours.

« Un nouveau seuil dans l’inacceptable »

Pour les syn­di­cat, ces évé­ne­ments « fran­chissent un nou­veau seuil dans l’inacceptable, avec le recours à une vio­lence directe contre des étudiant·es ». Jugeant « impen­sable que les vio­lences et pro­vo­ca­tions de l’UNI res­tent impu­nies », ils appellent la pré­si­dence de l’U­GA à « mettre en place les mesures néces­saires pour que de tels agis­se­ments ne se repro­duisent plus ». Car « l’u­ni­ver­si­té ne peut plus conti­nuer à leur accor­der des salles et des espaces d’expression comme si de rien n’était », assènent-ils.

Les syn­di­cats étu­diants appellent à la mobi­li­sa­tion col­lec­tive des étu­diants et tra­vailleurs pour résis­ter à l’U­NI et plus glo­ba­le­ment à l’ex­trême droite qui essaye de prendre pied sur le cam­pus.

Cet épi­sode sur­vient en outre dans un contexte par­ti­cu­lier, en pleine période d’é­lec­tions du Crous, et alors que « l’ex­trême droite tente d’y réa­li­ser des per­cées ». Le constat des syn­di­cats gre­no­blois est d’ailleurs cor­ro­bo­ré par leurs homo­logues d’autres uni­ver­si­tés fran­çaises, qui observent eux aus­si la recru­des­cence de l’ac­ti­visme fas­ciste dans les facs.

L’U­nef, l’UEG, Soli­daires, la CGT et la FSU appellent à « la mobi­li­sa­tion col­lec­tive des étudiant·es et des travailleur·ses » ain­si qu’à sou­te­nir, dans la pers­pec­tive des pro­chaines échéances élec­to­rales, les listes « qui affirment sans ambi­guï­té leur oppo­si­tion à l’extrême droite ». Et de conclure : « Face à la haine, à la vio­lence et à l’intimidation, nous oppo­se­rons tou­jours la soli­da­ri­té, la déter­mi­na­tion et la lutte col­lec­tive. »

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