Rassemblement en hommage aux victimes iraniennes
Par Maryvonne Mathéoud
/

Le 28 décembre 2025 des manifestions de masse éclatent dans plusieurs villes d’Iran dans un contexte de crise économique et de mécontentement à l’égard du gouvernement des mollahs. C’est le cinquième soulèvement depuis 2017. Ces soulèvements d’ampleur inédite depuis la révolution de 1979 évoluent en un mouvement plus large réclamant la fin du régime actuel. Une répression féroce à l’arme de guerre s’abat contre les manifestants.
« Il est très compliqué de dire le nombre de morts exact car le régime fait tout pour minimiser sa répression et cacher l’ampleur du massacre qu’il a perpétré mais ce qu’on sait par les organisations des droits de l’homme (Iran Human Right Watch et Hengaw notamment) et qui ont recoupé des informations venues du ministère de la santé iranienne, des hôpitaux et des médecins, il y a énormément de morts, plusieurs dizaines de milliers sans doute. Le gouvernement lui-même a authentifié 6 900 morts. 10 000 dossiers de disparus et de morts avérés sont étudiés par les organisations de défense des droits humain car il n’y a pas d’informations exactes, officielles fiables. Le chiffre de 30 000 morts paraît possible parce qu’il y a énormément de fosses communes dans les cimetières, des fosses qui ont été creusées à la va-vite. Des camions entiers déversent des corps non identifiés. Il y a énormément de disparus dont les parents cherchent encore les corps. Quelques quartiers de Téhéran n’ont pas été touchés et certaines régions moins que d’autres, mais globalement c’est l’ensemble du pays qui s’est soulevé à part des régions qui avaient été durement réprimées lors de précédents soulèvements, notamment durant le mouvement Femme, vie, liberté. Quoi qu’il en soit, nous avons affaire à un régime à bout de souffle, sans légitimité populaire. Il ne tient que par la répression sanglante, les pendaisons et la peur. La population continuera de se soulever et ce jusqu’au renversement de la République islamique d’Iran. Toute intervention impérialiste ne fera qu’aggraver la situation. De même, les négociations entre Trump et le régime iranien se font sur le dos des victimes de la répression et de l’immense majorité de la population. C’est aux peuples d’Iran de décider de leur avenir », indique Mazdak Kafai, militant iranien.
Amnesty International enquête sur les violations des droits humains perpétrées par les forces iraniennes. « Nous avons vérifié et analysé des vidéos, des photos disponibles en accès libre et directement envoyées à l’organisation par de personnes se trouvant en Iran, indique une représentante d’Amnesty International, il est urgent de déployer une action diplomatique. Aidez nous à mettre fin aux massacres et à obtenir des comtes, non seulement dans le contexte de la répression en cours mais aussi pour tous les crimes perpétrés lors des mouvements de protestation précédents. »
Droits bafoués de manière constante à partir du XVIIIe siècle
Les peuples, quels qu’ils soient, ont droit au droit. Le premier d’entre eux, c’est celui de l’autodétermination. Si aujourd’hui, nous vivons des situations compliquées, c’est parce que ces droits ont été bafoués de manière constante à partir du XVIIIe siècle. La situation à laquelle nous faisons face aujourd’hui est une situation qui résulte du déni de droits à l’égard de certains peuples. Le grand drame du monde arabe c’est la rupture entre les peuples et leurs dirigeants. Il n’existe pas aujourd’hui, dans le monde arabe, de peuples dont les droits sont respectés. On lui concède quelques droits, mais en tout cas, celui de disposer, de décider de la manière dont il devrait être dirigé, de la manière dont les affaires publiques devraient être menées, ce droit n’existe pas.
Il y a des systèmes autoritaristes, des systèmes dictatoriaux, des systèmes monarchiques, des monarchies absolues, et la question du droit est fondamentale et essentielle dans le moyen Orient à un moment où tous ces monarques, tous ces autoritaristes, sont heureux de voir que le droit, dans d’autres pays qui se réclamaient comme étant des exemples en matière d’État de droit, est en train de se déliter.

Ce qui se passe aux États-Unis aujourd’hui, a pour effet, de renforcer les tenants de l’autoritarisme, les tenants de la théorie selon laquelle les peuples sont trop bêtes pour qu’on les laisse décider par eux-mêmes de ce que doit être leur avenir. C’est quelque chose de nouveau dans la géopolitique, dans l’analyse globale de la situation au Proche-Orient.
Cela vaut aussi en matière de respect des droits des minorités.
Pourquoi du jour au lendemain, un monarque ou un tyran arabe respecterait les droits de ces minorités, s’il voit la manière dont sont traités les Palestiniens qui n’appelle aucune sanction ?
Pourtant même si les Nations Unies n’ont que peu de poids face à tous ces déferlement de violence il n’y a pas d’autres structures et nous devons continuer à défendre le droit international avec l’ONU.


