Allevard. Coup de théâtre : l’ancien chef de file de l’opposition de gauche, proche de LFI, appelle à voter à droite
Par Travailleur Alpin
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Fief de l’inamovible Philippe Langenieux-Villard de 1989 à 2020, la commune d’Allevard a longtemps fait figure de bastion de la droite traditionnelle. Cité thermale et touristique, elle voit toutefois sa population évoluer progressivement sous l’effet des mutations socio-économiques à l’œuvre dans la vallée du Grésivaudan au fil des années 2000, et si en 2007 Nicolas Sarkozy arrive encore en tête lors des élections présidentielles, la tendance s’inverse sur la décennie suivante, et en 2017 c’est… Jean-Luc Mélenchon qui prend la tête du peloton, recueillant 25,56% des suffrages au premier tour.
Des évolutions qui font espérer la gauche locale, incarnée alors par « Allevard Action Citoyenne », qui espère profiter du départ de Philippe Langenieux-Villard pour ravir la mairie lors du scrutin de 2020.
Las, si la volonté de changement s’exprime bel et bien dans les urnes, c’est Sidney Rebboah, le « challenger » d’alors, qui l’emporte dans une triangulaire avec 37,52% des voix, contre l’ancienne adjointe de Langenieux-Villard, la conseillère départementale Martine Kohly, qui récolte 34,17% des suffrages. La liste de gauche conduite par Jean-Luc Mollard fermera la marche, avec 28,29%.

Une défaite qui ne découragera pas Jean-Luc Mollard, proche de la France insoumise, qui maintiendra une présence forte sur les réseaux sociaux, menant la fronde sur de nombreux sujets pendant plusieurs années. On citera notamment la bataille pour réclamer la rénovation de la passerelle du Bréda, qui permettait aux habitants d’un des rares quartiers HLM d’accéder au centre de la commune.
Pourtant, à l’approche des élections de 2026, les mois passent, sans qu’une nouvelle liste « Allevard action citoyenne » ne se profile…

Martine Kohly / Justin Jay-Allemand, un match entre passé et avenir
Plus clairement encore qu’en 2020, le paysage qui s’annonce pour le scrutin municipal prend la forme d’un affrontement entre retour au passé et renouveau.
D’un côté, Martine Kohly, réélue conseillère départementale en 2021 avec le soutien de Sidney Rebboah, entend bien refermer la parenthèse et faire revivre les « années Langenieux-Villard », forte du soutien appuyé de l’appareil des Républicains. De l’autre, le jeune Justin Jay-Allemand conduira la liste du collectif citoyen « Les Allevardins », rassemblement local mêlant sensibilités de gauche modérée et anciens membres de l’équipe élue en 2020, qui rencontre une adhésion certaine dans une large part de la population [voir le Travailleur alpin du mois de novembre 2025].
Une élection qui se jouera donc dès le premier tour, et qui prend la forme d’un affrontement décisif pouvant avoir des conséquences sur les équilibres politiques de l’ensemble de la vallée du Grésivaudan.
« Je la soutiendrai » : Quand la droite peut compter sur le soutien… d’un proche de la France insoumise
Chaque voix comptera donc, et la mobilisation bas son plein dans les deux camps.
Avec une surprise de taille, révélée par nos confrères du Dauphiné libéré cette semaine : non seulement Jean-Luc Mollard précise qu’il ne soutient pas la liste portée par « Les Allevardins » – ce qui était attendu, du fait de griefs personnels avec le candidat Jay-Allemand –, mais il annonce clairement qu’il appelle à voter pour la liste de droite. Extrait :
« Jean-Luc Mollard (et certains de son groupe, avoue-t-il) confirme : « Je la soutiendrai. » Voilà qui étonnera plus d’un électeur à Allevard qui a un peu de mémoire. N’ont-ils pas été longtemps des adversaires politiques du temps du maire Philippe Langenieux-Villard ? En politique, rien n’est figé. […] Il loue « sa capacité à fédérer les Allevardins autour d’elle ». Il pense aussi que son mandat de vice-présidente au Département « sera un sérieux avantage pour sortir Allevard de sa situation politique, financière, et touristique peu enviable sur le territoire ». »
Nul doute que ceux qui subissent les coupes budgétaires dans les politiques sociales, écologiques ou familiales [voir notre vidéo sur la fin du financement départemental aux Lieux d’accueil parents-enfants] apprécieront la valeur des engagements de la 7e vice-présidente en charge de l’enfance, de la famille, de la jeunesse et des sports au sein de la majorité de Jean-Pierre Barbier… mais ne dit-on pas que parfois, « les ennemis de mes ennemis sont mes amis » ?
Robert W. Wellnes


