Palestine. Grenoble et l’AFPS s’opposent à la démolition du terrain de foot du camp d’Aïda

Par Manuel Pavard

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Le terrain de foot d'Aïda est utilisé très régulièrement par les jeunes Palestiniennes, notamment grâce à un programme conjoint de Grenoble, l'AFPS, l'Aida Youth Center et la ville de Bethléem. © Ville de Grenoble
La ville de Grenoble relaie la pétition de l'Association France Palestine solidarité (AFPS) adressée à la FIFA et à l'UEFA, afin d'empêcher la démolition, annoncée par Israël, du terrain de football du camp d'Aïda, en Cisjordanie. La municipalité comme l'association travaillent depuis plusieurs années avec leurs partenaires du camp de réfugiés et de la ville de Bethléem pour développer la pratique sportive - notamment féminine - sur place.

C’est un « rare espace de res­pi­ra­tion pour les cen­taines d’en­fants sur place », sou­ligne la ville de Gre­noble dans un com­mu­ni­qué dif­fu­sé ce jeu­di 8 jan­vier. Mal­heu­reu­se­ment, le ter­rain de foot­ball du camp de réfu­gié-es d’Aï­da, près de Beth­léem, en Cis­jor­da­nie, doit être démo­li très pro­chai­ne­ment, a annon­cé le gou­ver­ne­ment israé­lien. D’où l’ap­pel lan­cé par l’AFPS et son par­te­naire du Aida Youth Cen­ter, avec le sou­tien de la muni­ci­pa­li­té gre­no­bloise, à signer la péti­tion adres­sée à Gian­ni Infan­ti­no, pré­sident de la FIFA, et Alek­san­der Čefe­rin, pré­sident de l’UEFA.

« Notre ter­rain de foot­ball, c’est tout pour nous », affirment les enfants du camp, dans le texte de cette péti­tion déjà signée par plus de 300 000 per­sonnes. Les jeunes Pales­ti­niens appellent donc les diri­geants res­pec­tifs des ins­tances inter­na­tio­nale et euro­péenne du foot­ball à « inter­ve­nir d’ur­gence ». Ceci pour empê­cher la démo­li­tion de ce ter­rain où ils peuvent « oublier, même juste un petit moment, le mur de sépa­ra­tion, les mira­dors, la base mili­taire et les check­points ».

Des cen­taines d’en­fants jouent et s’en­traînent sur le ter­rain de foot­ball du camp de réfu­gié-es d’Aï­da. © Ville de Gre­noble

« C’est l’un des seuls endroits où nous nous sen­tons en sécu­ri­té, même si chaque semaine il y a des incur­sions mili­taires israé­liennes, pen­dant les­quelles du gaz lacry­mo­gène, des balles en caou­tchouc et de vraies balles sont uti­li­sés », pour­suivent-ils. « Mais main­te­nant, les auto­ri­tés israé­liennes veulent nous l’enlever, et des bull­do­zers pour­raient arri­ver à tout moment pour le détruire. »

Dans le cadre de la coopération Grenoble-Bethléem

La mobi­li­sa­tion de Gre­noble inter­vient dans le cadre de la conven­tion de coopé­ra­tion décen­tra­li­sée conclue avec Beth­léem. Les deux villes et le camp d’Aï­da ont ain­si mené un pro­jet, co-construit avec la mai­rie PCF de Gri­gny (Essonne), la Fédé­ra­tion spor­tive et gym­nique du tra­vail (FSGT) et l’AFPS Isère, pour « déve­lop­per la pra­tique fémi­nine spor­tive » dans le camp de réfu­gié-es.

Ce pro­gramme a per­mis de for­mer des ani­ma­trices spor­tives d’Aï­da et Beth­léem, notam­ment lors d’une ses­sion orga­ni­sée à Gre­noble au prin­temps 2025. Mais éga­le­ment de pro­po­ser une véri­table « offre spor­tive régu­lière » en Cis­jor­da­nie, en finan­çant le maté­riel néces­saire. Par ailleurs, deux temps de ren­contre ont pu être mis en place, à Gre­noble et Gri­gny, entre des jeunes Pales­ti­niennes, Gre­no­blois-es et Gri­gnois-es.

Éric Piolle sur le ter­rain d’Aï­da, en mai 2023, avec Anas Abu Srour, direc­teur de l’Aida Youth Cen­ter, et Mun­ther Ami­ra, fon­da­teur et pré­sident du conseil d’administration du centre. © Ville de Gre­noble

« Cette annonce de la démo­li­tion du ter­rain de foot­ball est un coup por­té à l’ensemble des actions pour déve­lop­per la pra­tique spor­tive dans le camp et offrir un espace de jeux aux nom­breux enfants sur place », dénonce la ville de Gre­noble. Pour les auteurs de la péti­tion, « si des mil­lions de per­sonnes dans le monde se font entendre, les fans de foot­ball, les joueurs et les ath­lètes sui­vront ».

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