Congrès des maires de l’Isère. La CGT veut des moyens pour les communes et les services publics

Par Didier Gosselin

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Les militants CGT à l'entrée du congrès des maires.
À l’occasion du 67e congrès des maires de l’Isère organisé samedi 11 octobre 2025 à Aoste, des militant·es CGT du Nord-Isère ont interpellé les quelque 700 élu·es en ramenant les enjeux politiques à la réalité concrète des habitant·es des communes rurales et périurbaines.

À l’initiative de l’union locale CGT de la Tour-du-Pin, et avec l’appui des UL de Bour­goin-Jal­lieu et d’Annecy, des militant·es se sont don­né ren­dez-vous pour une dis­tri­bu­tion mas­sive de tracts, ce same­di 11 octobre au matin, à Aoste, en direc­tion des élu·es venu·es assis­ter au congrès des maires de l’Isère.

Pour le syn­di­cat CGT il s’agissait notam­ment de rap­pe­ler la réa­li­té que subissent les popu­la­tions dans les com­munes rurales et péri­ur­baines avec « la fer­me­ture, l’éloignement ou les sup­pres­sions du ser­vice des bureaux de poste, gare, tré­so­re­rie, hôpi­taux de proxi­mi­té ». Et le tract de rap­pe­ler, com­mune par com­mune, la mise à mal des ser­vices publics de base, avec la déser­ti­fi­ca­tion médi­cale mais aus­si l’éloignement des gares rou­tières, le manque de trans­ports de proxi­mi­té, le manque de pistes cyclables, les fer­me­tures ponc­tuelles des urgences à Pont-de-Beau­voi­sin et Bour­goin-Jal­lieu, ou la fer­me­ture des der­niers bureaux de poste à Saint-Genix ou Les Ave­nières-Vey­rins-Thuel­lin.

Les mili­tants CGT ont dis­tri­bué des tracts aux élus assis­tant au congrès des maires de l’I­sère, à Aoste.

Environ 5 milliards en moins pour les collectivités territoriales

Autant de choix poli­tiques effec­tués au détri­ment de l’égalité répu­bli­caine et à mettre en regard de la hausse des coûts pour les col­lec­ti­vi­tés locales étran­glées par les baisses de dota­tions et la logique d’austérité. Le pro­jet de loi de finances 2026, avec les 40 mil­liards d’économies dans les dépenses publiques, « pré­voit, selon la CGT, que l’État et ses opé­ra­teurs se retrouvent pri­vés de 21,5 mil­liards, soit plus de la moi­tié des réduc­tions de dépenses pré­vues ». Les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales notam­ment per­draient 5 mil­liards d’euros et la Sécu­ri­té sociale 14,8 mil­liards…

Le coût du capital plombe les finances publiques

La CGT reven­dique un réel inves­tis­se­ment dans le ser­vice public de proxi­mi­té et un finan­ce­ment juste des col­lec­ti­vi­tés en com­pen­sant par exemple inté­gra­le­ment les trans­ferts de com­pé­tences et en ren­for­çant la péréqua­tion. Pour le syn­di­cat, aucun ter­ri­toire ne doit se retrou­ver délais­sé et ce « maillage ter­ri­to­rial de ser­vices publics et d’infrastructures pour pré­pa­rer l’avenir » s’inscrit dans un pro­jet visant à « mettre le bud­get au ser­vice d’un plan stra­té­gique de réin­dus­tria­li­sa­tion du pays ».

Cette pers­pec­tive ne devien­dra opé­ra­tion­nelle qu’avec l’intervention des salarié·es et citoyen·nes pour mettre en place une réforme fis­cale juste et mobi­li­ser les moyens finan­ciers énormes à dis­po­si­tion. Moyens actuel­le­ment gâchés par le capi­tal et son coût exor­bi­tant : aides publiques sans condi­tion­na­li­té (211 mil­liards), exo­né­ra­tions de coti­sa­tions (100 mil­liards), inté­rêts aux cré­dits ban­caires (204 mil­liards), opti­mi­sa­tion ou fraude fis­cale (90 mil­liards annuels), et bien sûr divi­dendes ver­sés aux action­naires (264 mil­liards en 2023 dont 100 pour les seules entre­prises du CAC 40)…

Les associations en danger

Étaient éga­le­ment pré­sents des repré­sen­tants du col­lec­tif Alerte asso­cia­tions 38 dans le cadre d’une jour­née natio­nale d’action. En Isère, 260 000 béné­voles et 30 000 salarié·es animent 28 000 asso­cia­tions. Les­quelles contri­buent pour 3,3% de la richesse pro­duite dans le dépar­te­ment, soit 1,5 mil­liards d’euros et pour 9% de l’emploi sala­rié. Les asso­cia­tions agissent dans les com­munes « au ser­vice de l’intérêt géné­ral, du bien com­mun, du res­pect mutuel, de l’éducation, de l’innovation et de la cohé­sion sociale » sou­ligne le Col­lec­tif 38.

La dégra­da­tion de la situa­tion des asso­cia­tions est due « à la baisse sans équi­valent des finan­ce­ments publics de l’Etat et des col­lec­ti­vi­tés :

  • En 15 ans la part des sub­ven­tions a bais­sé de 41% dans les bud­gets des asso­cia­tions.
  • En 10 ans les sub­ven­tions de l’Etat ont dimi­nué de 45% et celles des col­lec­ti­vi­tés de 25%.
  • En 2025 15% des mis­sions de ser­vice civique ont été sup­pri­mées.
  • Le Pass Culture est réduit en 2025 et très mena­cé pour sa part col­lec­tive en 2026.
  • Le Pass Sport (50 euros) n’est plus acces­sible pour les enfants de 6 à 13 ans ».

Le col­lec­tif Alerte asso­cia­tions 38 tire la son­nette d’alarme et sou­ligne que « 50% des asso­cia­tions ont des dif­fi­cul­tés de tré­so­re­rie », qu’un tiers d’entre elles ont été contraintes d’augmenter les tarifs d’accès aux acti­vi­tés et qu’un plan social silen­cieux de près de 250 sup­pres­sions d’emploi en Isère est en cours depuis le début de l’année 2025.

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