Grenoble. Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale : « C’est l’affaire de tous »
Par Maryvonne Mathéoud
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Chaque année, le 21 mars, à l’initiative de l’ONU, est célébrée la journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. L’origine de cette journée de lutte antiraciste remonte à l’année 1960. Dans une Afrique du Sud alors régie par le régime de l’apartheid, un rassemblement pacifique est organisé pour lutter contre les lois oppressives. Sans avertissement, la police ouvre le feu. Bilan : 69 personnes sont tuées et plus de 250 blessées ! Des hommes, des femmes et des enfants du township noir de Sharpeville, venus revendiquer leurs droits à l’égalité.

Instaurée en 1965 par l’Assemblée générale des Nations unies, la journée internationale pour l’extinction de la discrimination raciale symbolise la lutte contre le racisme dans de nombreux pays à travers le monde. Une journée encore nécessaire, quand on note une augmentation de 11 % des crimes et des délits racistes, xénophobes et antireligieux en 2024 en France. La marche des solidarités programmée pour l’occasion, à Grenoble et dans tout l’Hexagone, comme l’évènement dans sa globalité permettent ainsi de sensibiliser le public aux problèmes de racisme et de fascisme.
Des idées ayant le vent en poupe, jusqu’au sommet du gouvernement
Il y a soixante ans, la communauté internationale a pris un engagement historique en faveur d’un avenir exempt de racisme en adoptant la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Un traité historique qui consacre le droit à l’égalité et à la dignité pour toutes et tous. Pourtant, le racisme perdure sous de nombreuses formes, de sorte que la convention est aujourd’hui aussi essentielle qu’elle l’était en 1965.

Aujourd’hui avec la montée des extrêmes droites partout dans le monde, le racisme continue de faire obstacle à la justice, à l’égalité et à la pleine participation à la société. Les discours et pratiques racistes s’étendent sur tous les continents, y compris en France où ceux-ci ont le vent en poupe, jusqu’au sommet du gouvernement. Ces idées réactionnaires sont ainsi portées entre autres par les ministres Bruno Retailleau et Gérald Darmanin ou le député Guillaume Kasbarian. Des hommes toujours en place malheureusement, à la suite du déni de démocratie d’Emmanuel Macron.

Il est essentiel que ces commémorations ne soient pas seulement des moments de souvenir, mais aussi des occasions de réaffirmer les revendications pour des droits sociaux, économiques et politiques équitables, et de continuer à mobiliser les citoyens contre toutes les formes de haine et d’intolérance. Un message qu’a voulu faire passer la porte-parole de RLF (Ras l’front), au départ de la marche des solidarités, à Grenoble : « Nous devons reconstruire des fronts de lutte unitaires partout où cela est possible. Nous devons nous regrouper autour des luttes locales pour construire des fronts communs capables de faire avancer les idées progressistes et solidaires et par là même, faire reculer la guerre, la misère et la barbarie promises par les capitalistes. »
