Attaque à la grenade, bibliothèque incendiée… Le PCF veut « plus de moyens pour agir » à Grenoble

Par Manuel Pavard

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Une voiture-bélier en feu a été projetée contre la bibliothèque Chantal-Mauduit, dans la nuit du 18 au 19 février.
Attaque à la grenade contre un bar associatif du Village olympique le 12 février, incendie de la bibliothèque Chantal-Mauduit dans la nuit du 18 au 19 février, à la jonction des quartiers Mistral et Eaux-Claires.. En moins d'une semaine, Grenoble a été le théâtre de deux nouveaux actes de violence liés au trafic de stupéfiants. À l'instar de la ville de Grenoble, le PCF Isère fustige les annonces médiatiques du gouvernement, réclamant davantage de moyens humains et financiers.

« Com­ment on peut avoir l’i­dée de brû­ler une biblio­thèque ? » Les pro­pos de cette tren­te­naire, encore « cho­quée par cette vision d’hor­reur », résument l’incompréhension una­nime des habi­tants venus consta­ter l’étendue des dégâts, ce 19 février. Devant eux, la façade, le rez-de-chaus­sée et la toi­ture cal­ci­nés témoignent de la vio­lence du sinistre ayant rava­gé la biblio­thèque Chan­tal-Mau­duit, la nuit pré­cé­dente, au car­re­four des quar­tiers gre­no­blois de Mis­tral et des Eaux-Claires. Une voi­ture-bélier incen­diée a été pro­je­tée contre l’équipement, le feu se pro­pa­geant ensuite très vite au bâti­ment de 1 000 m2.

Jérôme Chap­pa, direc­teur inter­dé­par­te­men­tal de la police natio­nale, Fran­çois Tou­ret de Cou­cy, pro­cu­reur de la Répu­blique adjoint, et Cathe­rine Séguin, pré­fète de l’I­sère, devant la biblio­thèque Chan­tal-Mau­duit, au len­de­main de l’in­cen­die.

Dans le quar­tier, où la biblio­thèque avait été inau­gu­rée en décembre der­nier, en lieu et place de l’emblématique Pla­teau, l’é­mo­tion est très vive. « Les dégâts sont colos­saux », tan­dis que « les col­lec­tions de la biblio­thèque ont éga­le­ment été atteintes », déplore la ville de Gre­noble dans un com­mu­ni­qué daté du mer­cre­di 19 février. Pré­sents sur place au len­de­main de l’incendie, le pro­cu­reur-adjoint Fran­çois Tou­ret de Cou­cy et la pré­fète Cathe­rine Séguin ont évo­qué la piste de repré­sailles de la part des tra­fi­quants locaux, en réac­tion à une opé­ra­tion de police menée la même nuit et ayant abou­ti à deux inter­pel­la­tions.

« Le service public ne reculera pas »

Une ving­taine de per­sonnes se sont retrou­vées au chô­mage tech­nique dès le len­de­main des faits. Mais « le ser­vice public ne recu­le­ra pas », assure néan­moins la muni­ci­pa­li­té. « Mal­gré les menaces et les inti­mi­da­tions, elle pour­sui­vra son action pour pré­ser­ver le lien social et garan­tir à chaque Gre­no­bloise et Gre­no­blois l’accès aux ser­vices publics », ajoute-t-elle. Avant de « réité­rer sa demande de ren­for­ce­ment des moyens de police natio­nale pour lut­ter effi­ca­ce­ment contre ces réseaux cri­mi­nels et garan­tir la sécu­ri­té des habi­tantes et habi­tants ».

Le rez-de-chaus­sée et la toi­ture de la biblio­thèque ont été en par­tie détruits par les flammes.

De fait, ce nou­vel acte de vio­lence braque une fois encore les pro­jec­teurs sur Gre­noble. Il sur­vient en effet moins d’une semaine après l’attaque à la gre­nade ayant visé le bar asso­cia­tif L’Ak­se­hir, rue Claude-Kogan, au Vil­lage olym­pique. Avec un bilan de quinze bles­sés dont six graves — même s’il n’y a plus de pro­nos­tic vital enga­gé à ce jour. « Le niveau de vio­lence a récem­ment fran­chi un nou­veau palier », constate d’ailleurs la fédé­ra­tion de l’I­sère du PCF dans un com­mu­ni­qué dif­fu­sé ven­dre­di 21 février.

« Plus que jamais, les nar­co­tra­fi­quants montrent ce qu’ils sont : l’excroissance débri­dée d’un capi­ta­lisme sau­vage, qui entend faire régner la loi de la vio­lence contre la cohé­sion de la socié­té », affirme Jéré­mie Gio­no, secré­taire dépar­te­men­tal du PCF Isère, qui iro­nise sur la visite en grande pompe du ministre de l’In­té­rieur Bru­no Retailleau, le 14 février, à Gre­noble : « Mal­gré la mul­ti­pli­ca­tion des annonces média­tiques, l’engagement de l’État n’est pas au ren­dez-vous. »

Le PCF va « présenter un plan d’action global contre ce fléau »

Le res­pon­sable com­mu­niste rap­pelle ain­si « qu’il manque tou­jours une cen­taine de postes sur la zone police natio­nale de l’agglomération pour reve­nir aux effec­tifs en place avant les coupes bud­gé­taires opé­rées sous la pré­si­dence de Nico­las
Sar­ko­zy »
. Et ce, alors que « les bud­gets des col­lec­ti­vi­tés locales et des ser­vices publics ne cessent d’être dimi­nués, limi­tant la capa­ci­té d’in­ter­ven­tion en proxi­mi­té ».

Le PCF Isère fus­tige « la mul­ti­pli­ca­tion des annonces média­tiques », en réfé­rence notam­ment à la venue du ministre de l’In­té­rieur Bru­no Retailleau, qui s’est ren­du sur les lieux de l’at­taque à la gre­nade le 14 février.

« La coa­li­tion des droites qui gou­vernent ce pays s’acharne à pour­suivre sa poli­tique de recul de la Répu­blique, tout en sur­fant avec déma­go­gie sur les consé­quences concrètes subies par les popu­la­tions », accuse Jéré­mie Gio­no. « Ça suf­fit ! » Dans les pro­chaines semaines, annonce-t-il, « le PCF lan­ce­ra une grande cam­pagne auprès des popu­la­tions vic­times du tra­fic, en pre­mier lieu les classes labo­rieuses, pour pré­sen­ter un plan d’action glo­bal contre ce fléau. La mobi­li­sa­tion popu­laire sera déter­mi­nante pour faire enfin bou­ger les pou­voirs publics ! »

Attaque à la gre­nade : le sus­pect de 17 ans mis en exa­men et écroué

Un mineur de 17 ans, soup­çon­né d’être l’au­teur de l’at­taque à la gre­nade, le 12 février, au Vil­lage olym­pique, a été inter­pel­lé le 19 février à Renage, puis pla­cé en garde à vue. Il a d’a­bord recon­nu son impli­ca­tion, avant de se rétrac­ter. Mais les enquê­teurs ont fina­le­ment pu le confondre, dis­po­sant de preuves maté­rielles l’in­cri­mi­nant. Pré­sen­té à un juge d’ins­truc­tion lyon­nais, l’a­do­les­cent a donc été mis en exa­men, same­di 22 février, notam­ment pour « ten­ta­tive de meurtre en bande orga­ni­sée » et déten­tion d’arme. Il a éga­le­ment été pla­cé en déten­tion pro­vi­soire.

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