Grenoble. Rassemblement en hommage aux victimes kurdes d’un acte criminel à Paris

Par Edouard Schoene

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La communauté kurde une nouvelle fois endeuillée.

Vive émotion rue Félix Poulat à Grenoble samedi 24 décembre à Grenoble !

La veille, ven­dre­di 23 décembre, au siège du CDKF, lieu mili­tant de la com­mu­nau­té kurde et dans deux bou­tiques tenues par des Kurdes, trois per­sonnes ont été tuées, plu­sieurs autres bles­sées. Les trois vic­times décé­dées sont une femme et deux hommes. Selon Agit Polat, le porte-parole du CDKF, la vic­time est Emine Kara, res­pon­sable du mou­ve­ment de femmes kurdes en France. Beri­van Firat, une porte-parole du CDKF, pré­sente à Gre­noble il y a quelques jours, nous a indi­qué qu’Emine Kara avait pris part au com­bat contre l’organisation Etat isla­mique (EI), les armes à la main. Elle avait depuis deman­dé l’asile poli­tique en France et s’était vu refu­ser le sta­tut de réfu­giée par l’Ofpra, déci­sion dont elle avait fait appel. Les deux hommes sont un chan­teur kurde, réfu­gié poli­tique en France, et un vieil habi­tué du centre cultu­rel Ahmet-Kaya.
Grenoble-rassemblement-solidarite-Kurdes/

Ras­sem­ble­ment le 24 décembre à Gre­noble.

Une minute de silence a été obser­vée, rue Félix Pou­lat, vers 14h30 en hom­mage aux vic­times, tan­dis que plu­sieurs cen­taines de per­sonnes étaient venues à l’appel de l’association AIAK, entre 14h et 15h. L’émotion était grande. La com­mu­nau­té kurde a répon­du en quelques heures à l’appel au ras­sem­ble­ment. Les Kurdes ont peur. Ils sont atta­qués par les bandes fas­cistes des « loups gris », mena­cés depuis la Tur­quie, tra­qués par­fois par la police fran­çaise. Les mili­tants, ce jour veille de Noël, n’étaient pas à la fête, tan­dis que des mil­liers de per­sonnes finis­saient leurs emplettes au centre ville. Ils étaient graves com­men­tant cet atten­tat qui met en évi­dence beau­coup d’interrogations, avec cet assas­sin qui a pu, huit jours après sa sor­tie de pri­son, orga­ni­ser son action de mort. Dire que cet indi­vi­du n’a pas été pré­ve­nu du report de der­nière minute d’une réunion impor­tante de hauts res­pon­sables kurdes sur le lieu de la fusillade. Quel aurait été le bilan de l’at­taque ? Mary­vonne co pré­si­dente d’AIAK a don­né lec­ture d’un com­mu­nique de la CNSK (Coor­di­na­tion natio­nale de soli­da­ri­té Kur­dis­tan) :
La CNSK condamne cette odieuse agres­sion qui a eu lieu à 15 jours du 10em l’anniversaire de l’assassinat à Paris, dans la nuit du 9 au 10 jan­vier 2013, de trois mili­tantes kurdes. Elle apporte son sou­tien aux familles des vic­times et à l’ensemble de la com­mu­nau­té kurde de France. Après les bom­bar­de­ments de l’armée turque sur des objec­tifs civils au Kur­dis­tan de Syrie, l’aggravation de la répres­sion en Tur­quie et en Iran, il n’est pas accep­table, ni tolé­rable que dans notre pays la sécu­ri­té de femmes et hommes réfugié.e.s poli­tiques du fait de la répres­sion dont ils sont vic­times dans leur pays ne soit pas assu­rée. Ce drame est à rap­pro­cher des mul­tiples agres­sions dont se sont ren­du res­pon­sables, sur le sol natio­nal, les fas­cistes turcs des Loups gris sans que les réponses judi­ciaires et poli­tiques appro­priée n’aient été appor­tée. Toute la lumière doit être faite, par l’instruction en cours, pour déter­mi­ner les condi­tions qui ont per­mis à l’auteur des faits d’agir libre­ment alors qu’il est sous le coup de pour­suites judi­ciaires.
Puis une repré­sen­tante de la LDH (Ligue des Droits de l’Homme ) est inter­ve­nue :
Même si la per­son­na­li­té du sus­pect n’est pas encore éta­blie avec cer­ti­tude, la LDH constate l’accroissement sans pré­cé­dent des vio­lences poli­tiques xéno­phobes sur l’ensemble du ter­ri­toire. Des per­sonnes sont visées en rai­son de leur ori­gine, de leur confes­sion ou de leur appar­te­nance poli­tique.  Il ne fait pas de doute que les idéo­lo­gies racistes, anti­sé­mites, xéno­phobes, anti-immi­grés et réac­tion­naires, lar­ge­ment por­tées par l’extrême droite, sont désor­mais dif­fu­sées sans entraves tant par les médias que par nombre de per­son­na­li­tés poli­tiques, y com­pris au sein de l’hémicycle de l’Assemblée natio­nale.
 
Grenoble-solidarite-Kurdes/

Inter­ven­tion de Fran­çoise Bref­fort aux côtés de Mary­vonne Mathéoud, co-pré­si­dente d’AIAK.

Fran­çoise Bref­fort, pour le PCF est inter­ve­nue :
… Depuis plu­sieurs années, les auto­ri­tés fran­çaises qui se suc­cèdent col­la­borent avec Anka­ra pour per­sé­cu­ter la com­mu­nau­té kurde de France. En voi­ci les résul­tats ! Les Kurdes, qui agissent depuis tou­jours de manière paci­fique dans notre pays, doivent être pro­té­gés. Ce sont des hommes et des femmes qui luttent pour la liber­té, l’égalité et le pro­grès humain. Ils sont en pre­mière ligne dans la lutte contre l’obscurantisme dji­ha­diste. Ils sont nos amis et nous sommes indé­fec­ti­ble­ment à leurs côtés.
Michel Szem­pruch a appor­té le sou­tien du NPA et une mili­tante celui du syn­di­cat Soli­daires. Le ras­sem­ble­ment s’est pour­sui­vi avec celui des mili­tantes et mili­tants ira­niens et de leurs sou­tiens contre les tue­ries dont sont vic­times les Ira­niens en lutte contre leurs gou­ver­nants.
Grenoble-solidarite-Kurdes-Iran/

Pro­tes­ta­tion contre la répres­sion actuel­le­ment à l’oeuvre en Iran.

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