FerroPem. 131 licenciements programmés à l’usine des Clavaux

Par Luc Renaud

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En Savoie comme en Isère, les salariés dénoncent la passivité de l’État face au démantèlement d’une industrie stratégique.

Filiale du groupe américano-espagnol Ferroglobe — issu de Péchiney électrométallurgie -, la société FerroPem a décidé de fermer deux usines de fabrication de silicium. 352 emplois sont concernés dont 131 dans la vallée de la Romanche, aux Clavaux.

Une assem­blée géné­rale était réunie ce jeu­di 1er avril, à l’u­sine des Cla­vaux, en val­lée de la Romanche. « Les sala­riés sont sous le choc », témoigne Patrick Cham­pin, délé­gué syn­di­cal CGT.

Ce 29 mars, la direc­tion a ren­due publique sa volon­té de fer­mer l’u­sine. Ou plus exac­te­ment de la « mettre sous cloche », ce qui empêche toute reprise et évite d’en­ga­ger d’é­ven­tuels frais de dépol­lu­tion du site. Pour les sala­riés, cela revient au même, le licen­cie­ment. Au total, 352 sala­riés sont concer­nés, 221 à la Léchère en Taren­taise et 131 aux Cla­vaux — com­mune de Livet-et-Gavet- en Oisans. Depuis quelques mois, les syn­di­cats avaient aler­té élus et pou­voirs publics sur la ten­ta­tion du groupe de pri­vi­lé­gier le pro­fit sur l’a­ve­nir d’une indus­trie stra­té­gique.

Une pro­duc­tion indis­pen­sable à la tran­si­tion éner­gé­tique

Ces usines pro­duisent du sili­cium, une matière pre­mière à la tran­si­tion éner­gé­tique. Elle est notam­ment uti­li­sée pour la fabri­ca­tion d’é­qui­pe­ments pho­to­vol­taïques, de bat­te­ries de nou­velle géné­ra­tion, de maté­riels médi­caux, de maté­riaux iso­lants… sans oublier l’amélioration des qua­li­tés du béton. Dans un docu­ment publié à l’au­tomne de l’an­née der­nière, l’UD CGT de Savoie sou­li­gnait la néces­si­té très actuelle du déve­lop­pe­ment de cette indus­trie.

« La direc­tion s’est conten­tée d’une étude de ren­ta­bi­li­té et a ciblé les deux sites les moins pro­fi­tables », indique Patrick Cham­pin, met­tant en avant les concur­rences chi­noise et bré­si­lienne. Régu­liè­re­ment sol­li­ci­té, le gou­ver­ne­ment s’est limi­té à une inter­ven­tion devant l’As­sem­blée natio­nale d’A­gnès Pan­nier-Runa­cher, la secré­taire d’État à l’Économie, qui, en décembre, avait appe­lé Fer­ro­globe à « ses res­pon­sa­bi­li­tés » et à « sou­te­nir sa filiale » fran­çaise.

Dans un com­mu­ni­qué dif­fu­sé le 30 mars, la fédé­ra­tion de Savoie du PCF a déplo­ré que le groupe « sacri­fie ses usines dans le mono­po­ly capi­ta­liste ». Des ren­contres sont pré­vues la semaine pro­chaine avec la dépu­tée de la cir­cons­crip­tion, Marie-Noëlle Bat­tis­tel, et le séna­teur Guillaume Gon­tard. L’u­sine des Cla­vaux est la der­nière uni­té métal­lur­gique d’une val­lée alpine indus­tria­li­sée depuis le début du XXe siècle.

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