A l’initiative de la Ligue des droits de l’homme et de l’Union syndicale solidaires, une conférence de presse était organisée le 29 mai place de Verdun, en face de la préfecture, lieu hautement symbolique, « pour traiter et alerter à nouveau sur la dérive juridique anti-démocratique que prend l’État français. »

Denis Fabre

Un appel avait été signé par seize premières associations en Isère * pour dire « Non, la démocratie ne sera pas mise en quarantaine. Nous exigeons le rétablissement de nos libertés fondamentales. » Il revenait à Denis Fabre, président de la LDH , de rappeler les termes de la protestation : « Avec la loi du 23 mars, l’exécutif est autorisé à gouverner par ordonnances. 42 textes ont été ainsi adoptés entre le 25 mars et le 15 avril 2020. L’État se mue sous une forme de plus en plus autoritaire. Nous craignons, à l’instar des mesures de l’état d’urgence pour terrorisme, que ces mesures « exceptionnelles » s’intègrent dans le droit commun d’un État autoritaire sans contrôle ni contre-pouvoir, et ce dans un très grand nombre de domaines de la vie sociale, économique, politique et juridique. Tout d’abord si des mesures sanitaires sont évidemment nécessaires, l’application des mesures en « cas de catastrophe sanitaire » du code de la santé publique auraient été amplement suffisante. Ce gouvernement a donc décidé sciemment d’attaquer nos libertés et nous fait craindre le pire après des années de violences policières dans les quartiers, des violences policières en forte augmentation contre les mouvements sociaux également, allant jusqu’à des mutilations durant le mouvement des gilets jaunes. »

Pascal Costalrella.

Pascal Costarella, président de la fédération de l’Isère de la Libre pensée dénonçait : « sous le couvert de la lutte contre la pandémie, on assiste à une forte remise en cause du socle républicain, les libertés régressent et la démocratie diminue. La Libre pensée exige qu’il soit mis fin à l’état d’urgence dit « sanitaire » et mis un terme aussi à toute forme d’interdiction arbitraire subie par la population ».

Benjamin Moisset (Solidaires) dénonce un argument sanitaire qui sert à museler la démocratie et demande le rétablissement du droit fondamental à manifester, à revendiquer, compte tenu notamment des remises en cause du droit du travail.

Mariano Bona (Ensemble !): « La gestion de la pandémie est autoritaire et verticale alors que les organisations, syndicats, partis devraient être associées pour définir les plans. Les travailleurs sans papiers sont mis en danger et la mobilisation est nécessaire pour eux. »

* Premières organisations signataires : Car38, Collectif Anti-Répression 38 , CNT 38, Ensemble ! Isère, FSU, Génération·s Grenoble Métropole,Libre Pensée 38, LDH, NPA 38, PCF 38,POID 38, Réseau de Lutte contre le Fascisme Isère, Syndicat des Avocats de France Grenoble, Solidaires 38, UCL Grenoble, UD CGT 38, UNL 38

Benjamin Moisset
Mariano Bona
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