Sans la Mut, Grenoble ne serait plus Grenoble

Par Edouard Schoene

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Jeudi 30 janvier, devant la clinique mutualiste, rue d’Alembert à Grenoble, il y avait une grande foule.

Émo­tion, déter­mi­na­tion, colère étaient por­tés par tous les mani­fes­tants qui avaient répon­du à l’appel « du « col­lec­tif des usa­ger-e‑s des cli­niques mutua­listes de Gre­noble ».
L’appel au ras­sem­ble­ment aler­tait sur le pro­jet de vente immi­nente par la mutuelle ADREA de la cli­nique mutua­liste.
« Aujourd’hui le Grou­pe­ment hos­pi­ta­lier mutua­liste (GHM) a un sta­tut d’établissement de san­té pri­vé d’intérêt col­lec­tif (ESPIC) à but non lucra­tif, doté de mis­sions de ser­vice public. Cela assure un accès uni­ver­sel et gra­tuit aux soins ».

Le syn­di­cat FO, majo­ri­taire à 80% à la cli­nique mutua­liste, appe­lait le per­son­nel à la grève. Selon Thier­ry Caron, secré­taire du CSE (FO) le mou­ve­ment a été sui­vi par 30% du per­son­nel. Le syn­di­ca­liste se féli­cite de la pré­sence de très nom­breux agents hos­pi­ta­liers. Il sou­ligne défendre la pers­pec­tive d’une SCIC (Socié­té coopé­ra­tive d’intérêt col­lec­tif) et se réjouit qu’une cin­quan­taine de sala­riés se soit mobi­li­sé pour construire une offre de rachat en coopé­ra­tive.

Par­mi les mani­fes­tants, Hen­ri Rive, qui a été hos­pi­ta­li­sé à la « Mut » il y a quelques semaines, conva­les­cent tient à défendre la cli­nique mutua­liste. Il sou­ligne la qua­li­té des équipes de la cli­nique et veut « défendre le ser­vice public, une cli­nique à but non lucra­tif, sans dépas­se­ment d’honoraires, avec la qua­li­té de soins ».

Pas­cal Dupas

De nom­breux inter­ve­nants se sont suc­cé­dé au micro pour s’adresser aux mani­fes­tants.
Jean-Phi­lippe Mou­tarde est inter­ve­nu au nom des orga­ni­sa­teurs du ras­sem­ble­ment pour dres­ser le tableau de la situa­tion.
Pas­cal Dupas coor­di­na­teur san­té pour la CGT (Région Auvergne Rhône Alpes) a énon­cé les actions mises en œuvre par la CGT depuis plu­sieurs mois pour défendre « la Mut » « Il faut, soit que la mutuelle renonce à vendre, soit une solu­tion SCIC, soit que l’activité soit reprise par un éta­blis­se­ment public ».
Il rap­pelle que des membres du CA de la cli­nique, mutua­listes, se sont oppo­sés à la vente et ont été mis sur la touche.

L’un d’entre eux, Jérôme Alexandre, nous explique qu’il était vice-pré­sident de la Mutua­li­té de l’Isère et que le Pré­sident lui a reti­ré son man­dat, pour le faire taire. Jérôme Alexandre a lan­cé une péti­tion numé­rique qui a atteint 8488 signa­tures le 31 jan­vier http://chng.it/v78YFjYC5Y

Jérôme Alexandre.

Plu­sieurs pro­fes­sion­nels de san­té, dont David Voi­ron, res­pon­sable du pôle chi­rur­gie sont inter­ve­nus avec des argu­ments très convain­cants pour démon­trer que la cli­nique mutua­liste doit res­ter un éta­blis­se­ment sans but lucra­tif garan­tis­sant des soins de qua­li­té. Le GHM est le deuxième éta­blis­se­ment cli­nique sans but lucra­tif en France par sa taille. 30000 urgences /an, 20 000 patients en onco­lo­gie, 35% d’activité en chi­rur­gie.

Le comi­té de quar­tier Chor­rier Ber­riat, le col­lec­tif des usa­ger-e‑s des cli­niques orga­nisent la mobi­li­sa­tion .
Ils donnent ren­dez vous le 14 février à 18h30 à la salle de la Mai­son des Asso­cia­tions de Gre­noble, rue Berthe de Bois­sieux.

Plus d’informations : http://altervie.fr/mutualiste/

Plu­sieurs infir­mières, sages femmes expli­citent leur mobi­li­sa­tion.
L’une d’elle insiste : « Nous aimons notre cli­nique, nous aimons nos patients, nous sommes là pour soi­gner ».

Les per­son­nels de la cli­nique très atta­chés aux spé­ci­fi­ci­tés du grou­pe­ment hos­pi­ta­lier mutua­liste.
Thier­ry Caron.
Hen­ri Rive

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