Sintertech, le travail a repris le 21 octobre

Par Edouard Schoene

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Alors que le tribunal de commerce de Grenoble a prononcé la liquidation judiciaire de l’entreprise le 15 octobre, la production — à l’arrêt depuis le 10 octobre — a repris sur les trois sites de l’entreprise, à Pont-de-Claix, Veurey et Oloron-Sainte-Marie. Les clients de Sintertech ne peuvent se passer de ce fournisseur. La CGT a négocié trois mois d’activité, avec un salaire mensuel de 5000 euros brut. En attendant une vraie solution industrielle.

La rumeur cou­rait depuis quelques jours. « La CGT a obte­nu un sur­sis de trois mois, avec 5000 € bruts pour chaque sala­rié. On reprend lun­di »

Le 10 octobre, les sala­riés s’é­taient retrou­vés devant le palais de jus­tice de Gre­noble. (Pho­to Claude Biol­chi­ni)

Jean-Ber­nard Etche­men­dy, délé­gué cen­tral CGT de Sin­ter­tech, nous l’a confir­mé : « Oui, les trois sites reprennent le tra­vail ce lun­di.
C’est nous syn­di­cat, nous sala­riés qui avons les clés de la pro­duc­tion.
Nous avons négo­cié avec Renault et d’autre clients de Sin­ter­tech qui ont un besoin urgent que nous livrions des com­mandes impor­tantes. Nos condi­tions ont été accep­tées : 5000 € bruts par mois pour chaque sala­rié pen­dant trois mois de pro­duc­tion. Nous avons consul­té les sala­riés qui ont don­né leur accord. »
La pro­duc­tion était à l’ar­rêt depuis le 10 octobre, date de l’au­dience devant le tri­bu­nal de com­merce de Gre­noble qui avait consta­té l’ab­sence de repre­neur et ren­du son juge­ment de liqui­da­tion le 15 octobre.
Le syn­di­ca­liste rap­pelle la fin du com­mu­ni­qué de la fédé­ra­tion CGT de la métal­lur­gie, après la mise en liqui­da­tion judi­ciaire de Sin­ter­tech : « Les clients dému­nis s’affolent, les finan­ciers, qui n’ont rien fait pour cette entre­prise unique, com­mencent à mesu­rer les consé­quences de l’arrêt des pro­duc­tions. Sin­ter­tech est four­nis­seur unique sur plu­sieurs réfé­rences. Ce manque d’anticipation va leur cou­ter très cher. Cer­tai­ne­ment les clients for­mu­le­ront des demandes pour une pour­suite d’activité, afin d’obtenir leurs pro­duits et pour pou­voir se retour­ner. A cette heure, les don­nées sont celles-là.

La démarche de la CGT, après être allée au bout d’un pro­ces­sus de négo­cia­tion avec les clients de l’en­tre­prise, est de lais­ser la déci­sion aux sala­riés et de res­pec­ter leur choix. Il revient aux acteurs per­ma­nents de l’entreprise, aux­quels nous avons essayé d’apporter toutes les infor­ma­tions dis­po­nibles pour un choix plei­ne­ment éclai­ré, d’être les déci­deurs finaux ! »

Le 10 octobre, palais de jus­tice de Gre­noble. Une entre­prise dont la liqui­da­tion judi­ciaire a été pro­non­cée avec des clients qui paient pour qu’elle pro­duise. (Pho­to Claude Biol­chi­ni)

Jean-Ber­nard Etche­men­dy pré­cise qu’il reste à fina­li­ser le contrat et ses aspects juri­diques avec l’administrateur judi­ciaire, l’As­so­cia­tion pour la garan­tie des salaires AGS — qui inter­vient en cas de redres­se­ment et de liqui­da­tion judi­ciaire. Le tri­bu­nal se réunit mer­cre­di pour sta­tuer sur cette situa­tion inédite, celle d’une entre­prise liqui­dée dans laquelle tournent les chaînes de pro­duc­tion.

L’espoir est à nou­veau du côté des sala­riés. Sin­ter­tech est un maillon indis­pen­sable et aujourd’­hui irrem­pla­çable de la pro­duc­tion auto­mo­bile en France. C’est pour évi­ter l’ar­rêt des chaînes de mon­tage que les clients de Sin­ter­tech ont négo­cié avec la CGT. Il appar­tient sans doute aujourd’­hui à Renault et aux autres clients de Sin­ter­tech de pro­po­ser une solu­tion pérenne de pour­suite de l’ac­ti­vi­té de Sin­ter­tech. Les pou­voirs publics joue­raient leur rôle en pre­nant leurs res­pon­sa­bi­li­tés pour assu­rer l’a­ve­nir de la filière auto­mo­bile et de ses emplois en France.

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