Les salariés de Sintertech étaient rassemblés jeudi 10 octobre avec leurs soutiens, devant le palais de justice de Grernoble. Le tribunal se réunissait à huis clos pour examiner d’éventuelles offres de rachat de l’entreprise en redressement judiciaire depuis mars 2019. La liquidation de l’entreprise est attendue pour ce mardi 15 octobre.

Les responsables syndicaux à la sortie de l’audience. Photo Biolchini.

Dans un appel à une grève le 10 octobre, dans les trois usines, la CGT écrivait : « La métallurgie des poudres est une technologie porteuse d’innovations et répondant à certains enjeux de la transition écologique, disposant d’avantages compétitifs forts, un champ d’application qui se développe et qui s’ouvre, et donc, un marché en croissance. Sintertech, 280 emplois sur trois sites complémentaires avec un positionnement géographique intéressant en région Auvergne Rhône Alpes et Nouvelle Aquitaine est unique, un atout important pour l’industrie nationale. Au travers de Sintertech, c’est maintenir une expertise française dans la métallurgie des poudres dont il s’agit. Depuis six mois Sintertech est en redressement judiciaire et, malgré les incertitudes et les craintes, les salarié.es sont restés mobilisé.es pour satisfaire les clients, rassurer les fournisseurs, aussi pour valoriser l’entreprise, sa technologie et ses savoirs faire, démontrant ainsi tout leur professionnalisme.  »

Le climat était lourd, devant le palais de justice durant les deux heures d’audience. Tout le monde savait qu’après de longs atermoiements la société Le Bronze Alloy avait retiré son offre de reprise la semaine dernière. L’argument premier est que PSA, principal donneur d’ordre se désengage du carnet de commande.

Des rumeurs d’intervention du ministère pour sauver le groupe circulaient avec beaucoup de scepticisme, les syndicalistes connaissant la réalité de l’absence d’une politique gouvernementale industrielle.

A la sortie, Jean-Bernard Etchemendy , délégué syndical CGT du groupe SINTERTECH, grave, a mis quelques instants avant de s’exprimer devant ses collègues et les militants présents.

Simone Torres était venue apporté le soutien des élus communistes de Pont-de-Claix. Phot Biolchini.

Le tribunal n’a reçu aucune offre de reprise. Il se prononcera sans doute mardi prochain, le 15 octobre, pour la liquidation de Sintertech.
Le groupe américain Federal modul a mal dirigé le groupe, fait de grossières erreurs, sous investi,…
Les salariés en paient aujourd’hui le prix fort.
L’éventuel repreneur, LBA attendait des salariés un aval sur un plan dont il n’a accepté de révéler quasiment que le volet social : perte d’emploi et aggravation des conditions de travail.
« Malgré les incertitudes et les craintes, nous sommes restés mobilisé.es pour satisfaire les clients, rassurer les fournisseurs, pour valoriser l’entreprise, sa technologie et ses savoirs faire, démontrant ainsi tout notre professionnalisme », soulignait le responsable syndical.

Il ajoutait : « On va vers la liquidation. Ce sera très dur pour chacun d’entre nous, pour les familles. Il va falloir rester solidaires, travailler sur le territoire , collectivement pour retrouver des solutions.
Notre vie continue. On n’a pas obtenu ce pour quoi nous nous sommes battus. Gardons la tête haute, nous salariés et retraités de Sintertech, de Métafram ! »

La sono de la CGT lance la chanson de Bernard Lavilliers, les Mains d’or.

« …J’voudrais travailler encore, travailler encore
Forger l’acier rouge avec mes mains d’or
Travailler encore, travailler encore
Acier rouge et mains d’or

J’ai passé ma vie là, dans ce laminoir
Mes poumons, mon sang et mes colères noires
Horizons barrés là, les soleils très rares
Comme une tranchée rouge saignée sur l’espoir

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